Les verbes supports (light verbs) en anglais

par Camille Ternisien

Projet de thèse en Doctorat Lettres Linguistiques

Sous la direction de Fabienne Toupin.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Tours) depuis le 20-11-2014 .


  • Résumé

    Cette thèse se propose d’analyser les combinaisons V + NP du type have a rest, take a walk, make a request, give a shout, etc… Celles-ci sont formées à partir d’un verbe support (ou light verb), c’est-à-dire un verbe ayant une charge sémantique faible (tels que do, have, give, take, make), combiné à un nom pour former un prédicat. Le nom apporte ainsi sa valeur sémantique au groupe verbal. Une des particularités des constructions à verbe support est qu’il est possible de trouver une formulation équivalente où le verbe support n’apparait pas (Butt and Lahiri 2002) : Have a look ! – Look ! Ce type de construction, identifié pour la première fois par Jespersen (1965, Volume VI:117) soulève de nombreux questionnements : - Quels sont les critères formels permettant d’identifier les constructions avec verbe support ? Cette construction est en effet difficile à caractériser, puisque d’un point de vue syntaxique, cette construction peut être mise en parallèle avec les constructions à verbes sériels, les constructions résultatives, et les verbes à particules. - Quel est le fonctionnement syntaxique de la construction ? Il est généralement admis (Alsina, Bresnan and Sells 1997, Alsina 1996, Mohanan 1994) que le groupe verbal fonctionne comme un prédicat complexe, c’est-à-dire comme une construction où au moins deux éléments contribuent à la formation d’une prédication jointe. Ainsi, le fonctionnement des constructions à verbes supports diffère de celui des verbes lexicaux et des auxiliaires (Butt and Geuder 2001) : constituent-ils donc une classe syntaxique à part entière ? - Quelle est la contribution sémantique de la construction à verbe support par rapport au verbe lexical seul ? Il est délicat de définir avec précision l’apport sémantique de la construction avec verbe support. Celui-ci n’est en effet pas totalement dépourvu de sens : selon Butt et Geuder 2001, il apporte des spécifications liées à l’aspect (télicité, ponctualité) ainsi qu’autres types d’informations d’ordre sémantique. Traugott (1999) mentionne l’exemple de give an answer par opposition à answer, où la construction avec verbe support signale que l’action a un caractère délibéré. - Une étude diachronique de ces verbes permettrait-elle de rendre compte d’une évolution singulière ? D’un point de vue diachronique, on pourrait s’attendre à ce que la forme support du verbe (light form) se soit développée à partir du verbe lexical, et qu’elle ait subi une désémantisation au fil de son évolution. Cependant, il n’y a à l’heure actuelle aucune preuve de ce développement (Bowern 2008). Par ailleurs, l’hypothèse de la grammaticalisation de Hopper and Traugott (1993:108) suggère que les verbes supports (appelés ici vector verbs) seraient une étape intermédiaire de la transformation d’un verbe lexical en auxiliaire : full verb > (vector verb) > auxiliary > clitic > affix Cette hypothèse est sujette à débats : elle est réfutée par Butt et Lahiri (2003), qui, à partir de données sur l’Urdu, suggèrent qu’à la différence des auxiliaires, la forme des verbes supports serait stable, puisque toujours identique au verbe lexical associé. Cela impliquerait l’existence d’une unité lexicale sous-jacente, qui pourrait se réaliser sous forme de verbe lexical ou de verbe support selon l’environnement syntaxique (Butt and Lahiri 2003). Il serait donc nécessaire de vérifier ces hypothèses en les appliquant aux verbes supports de l’anglais, puisque peu de données sur l’évolution diachronique de ces constructions sont disponibles à l’heure actuelle.


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