L’Exercice de la passion Enquête pluridisciplinaire sur le monde du « cinéma de genre » français

par Quentin Mazel

Thèse de doctorat en Etudes cinématographiques et audiovisuelles

Sous la direction de Laurent Jullier et de Nathalie Heinich.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Arts et médias (Paris) , en partenariat avec Institut de recherche sur le cinéma et l'audiovisuel (Paris) (laboratoire) depuis le 17-11-2014 .


  • Résumé

    Alors que le secteur cinématographique français avait désinvesti certains genres, comme le fantastique, l’horreur et la science-fiction (aussi désignés par l’expression « cinéma de genre »), au profit du drame et de la comédie, le tournant des années 2000 donne à voir un certain nombre de films relevant de ces esthétiques. Leur apparition tient à la formation d’un monde, composé pour partie de cinéphiles ayant fait de leur passion une profession. Le processus conjugue la montée d’une population de spectateurs, de créateurs et d’intermédiaires capables de coopérer et de nouer des accords, à l’introduction de nouvelles ressources, au développement de perspectives économiques et symboliques au sein de la filière. La conjoncture et l’action coordonnée de ces agents ont permis l’élaboration et la prescription de cadres d’interprétation et d’une production nationale. La stabilisation de cet univers s’est accompagnée d’une répartition des œuvres « anciennes » et « contemporaines » entre des chaînes de coopération spécifiques et d’une polarisation des procédés de fabrication entre des tendances industrielle et artistique. Ce travail de recherche interroge les conditions économiques et sociales nécessaires à l’épanouissement de films génériquement marqués. Il s’appuie sur une enquête de terrain, par entretiens (59) et observations, une étude de la presse spécialisée, des modèles de fabrication et de valorisation des œuvres.

  • Titre traduit

    The exercise of passion. A multidisciplinary investigation of the world of French ‘cinéma de genre’


  • Résumé

    While the French film industry had withdrawn from certain genres such as fantasy, science fiction and horror (also categorized by the French expression ‘cinéma de genre’) to the benefit of drama or comedy films, the 2000s saw a resurgence of films that fall under those aesthetics. The outbreak of such movies seems to result from the emergence of an art world partly composed of cinephiles who turned their passion into a profession. The process combines the rise of a population ofspectators, filmmakers and intermediaries who are capable of cooperating together and forming partnership agreements alongside with the introduction of new resources and the development of economic and symbolic perspectives within the industry. The conjuncture and the coordinated action of these agents enabled the development and the prescription of frames of interpretation and a national production. The stabilization of this universe was accompanied by a shared distribution of ‘old’ and ‘contemporary’ films between specific chains of cooperation, and the polarization of production processes between industrial and artistic inclinations. This thesis questions the necessary economic and social conditions for the flourishing of films pertaining to specific genres. The research is based on a fieldwork, through interviews (59) and direct observation, a study of specialized press and models of production and valorization of cinematographic works.