Mémoires de dictatures la répression de genre en Espagne et au Chili. Visions d’écrivains le passage entre réalité et fiction.

par Samya Dahech

Projet de thèse en Doctorat Lettres et Arts

Sous la direction de Mónica Zapata.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Tours) depuis le 06-10-2014 .


  • Résumé

    La problématique autour de laquelle s'articule cette thèse est celle des enjeux institutionnels d'une réécriture romanesque des événements historiques, en s'intéressant particulièrement aux traitements infligés aux femmes sous la dictature. Le corpus se compose de quatre romans, deux chiliens et deux espagnols, tous publiés dans les années 2000 : pour le Chili, Carne de perra de Fátima Sime (2009), La vida doble d'Arturo Fontaine (2010) ; côté espagnol, Trece rosas rojas de Carlos Fonseca (2004), Martina, la rosa número trece d'Ángeles López (2006). Cette étude comparée se fonde sur des événements et aspects historiques particuliers : en Espagne, l'assassinat d'un groupe de treize femmes appartenant à la Jeunesse Socialiste Unifiée, passées à la postérité sous le nom des « treize roses » (« las trece rosas »). Quant au Chili, les violences de genre à l'encontre des militantes de gauche, ont donné lieu à une forme particulière de collaboration. Ce travail s'articule autour de deux axes principaux : d'une part, le contexte social d'écriture postérieur aux événements historiques ; d'autre part, la violence de genre exercée sur les femmes durant la dictature militaire, telle que mise en scène dans les textes étudiés. En s'appropriant les faits, l'auteur, qui n'est pas contemporain de cet épisode de l'histoire de son pays, peut atteindre un vaste lectorat par le recours à la fiction et à la narration, et mettre en place un ensemble de techniques qui s'avouent plus ou moins réalistes, et orientent l'analyse vers le positionnement de l'auteur à l'égard de son objet. Cette question de récupération de la mémoire est en effet nécessairement empreinte de subjectivité, du fait de la distance temporelle, des effets formels employés, qui donnent à l'auteur toute l'autorité pour réinterpréter les faits historiques : il s'agit d'une représentation de la dictature faisant écho à la littérature mémorielle post-dictatoriale. Cette thèse s’inscrit dans le programme général de recherche du laboratoire Interactions Culturelles et Discursives (EA6297) de l'Université François-Rabelais de Tours, au sein du premier axe, qui concerne les études sur le genre et les constructions identitaires, ainsi que du troisième axe, qui relève de l'étude des phénomènes discursifs. En effet, la question de l’autorité, thème de recherche principal du laboratoire, est ici centrale puisqu’elle concerne aussi bien la répression de genre durant la dictature que la voix de l’auteur qui fait autorité à travers sa production littéraire.


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