L’insécurité linguistique : étude de cas à l’ile Maurice

par Priscille Ahtoy

Projet de thèse en Doctorat Lettres Linguistiques

Sous la direction de Didier de Robillard.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Tours) depuis le 02-12-2014 .


  • Résumé

    L’ile Maurice est un pays plurilingue où les deux langues principales, l’anglais et le français foisonnent avec la langue nationale (le créole mauricien) dans une dynamique de contact, à tel point que les locuteurs eux-mêmes en viennent à entretenir un rapport ambivalent et parfois même conflictuel avec les langues. Alors que le français fait figure de langue maternelle pour certains : c’est en effet la première langue parlée à la maison- car associée à la langue du prestige, de l’avenir- (le créole est souvent proscrit, car c’est une langue minorée, « qui ne servira pas »), il est évident que c’est souvent un « français mauricien » qui est usité, assez loin des normes du français standard, ce qui peut être source d’insécurité, parfois même d’incompréhension, lors de contacts avec d’autres communautés linguistiques francophones. Bien que les manuels scolaires soient tous rédigés en anglais, l’enseignement à Maurice est assuré tantôt en anglais, tantôt en français ou même en créole. A la fin de leur scolarité, les Mauriciens se revendiquent donc plus ou moins « bilingues », voire trilingues. Cette situation diglossique assez conflictuelle renforce donc ce sentiment d’insécurité linguistique (Van den Avenne.) L’insécurité linguistique provient essentiellement de la forte conscience de la norme, de la langue standard qui tend à prévaloir, au détriment de la « langue locale ou régionale », ce qui peut engendrer un sentiment d’infériorité ou de dévalorisation linguistique chez le locuteur. Ainsi, cette notion d’insécurité linguistique est essentiellement liée à la norme et à la communauté linguistique. Dans cette petite ile majoritairement francophone, comment est-ce que les locuteurs du français perçoivent-ils la langue française? Maurice est l’un des seuls pays au monde, où le français est toujours aussi vivant et en progression constante. Comme le souligne Le Monde diplomatique dans son dernier numéro de septembre 2014, qui cite la « francophonie paradoxale »- titre de l’ouvrage de Didier de Robillard et de Daniel Baggioni, le français demeure « l’un des idiomes les mieux compris et parlés par la majorité des citoyens — même si beaucoup le maîtrisent mal. Ce projet de thèse s’inscrit donc dans une volonté de mieux comprendre la place qu’occupe la langue française à Maurice et l’insécurité linguistique provoquée chez ses locuteurs. Il s’agira d’établir dans un premier temps la définition de l’insécurité linguistique par rapport à la situation particulière du français à Maurice. Nous ferons dans une deuxième partie une étude diachronique de la construction des identités francophones et des rapports à la langue française de professeurs de français mauriciens et de professeurs de français venant de France. Enfin, cette réflexion critique se propose d’aboutir à la mise en place d’une proposition pour l’amélioration de la formation des enseignants de français, car ils représentent les acteurs principaux de la présence du français à Maurice.


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