Retour à la terre des pères: sentiment d'appartenance et quete des origines (Giuseppe Ungaretti et Alberto Savinio)

par Giulia Ferri

Projet de thèse en Etudes italiennes

Sous la direction de Enzo Neppi.

Thèses en préparation à l'Université Grenoble Alpes (ComUE) en cotutelle avec l'Université de Rome , dans le cadre de Langues, Littératures et Sciences Humaines , en partenariat avec Laboratoire Universitaire Histoire Culture(s) Italie Europe (laboratoire) depuis le 10-12-2012 .


  • Résumé

    1 - PROBLÉMATIQUE GÉNÉRALE Une des thématiques les plus actuelles dans la panorama littéraire contemporain concerne l'émigration et ses implications au niveau de la construction identitaire de l'individu. Cette dernière est en effet très conditionée par des aspects comme la distance du lieu natal et le besoin d'affirmer l'appartenance à un pays. Le problème de l'identité devient encore plus compliqué pour ceux dont la vie est une véritable pérégrination d'un lieu à un autre, même s'il s'agit de choix volontaires. Le contact avec des peuples et des cultures différentes est aussi bien enrichissant que déstabilisant, et il ne peut que déterminer le recherche d'une certaine stabilité. Cette quête est liée indubitablement au besoin de définir ses propres origines. Essayer de comprendre d'où on vient conduit à s'interroger sur sa propre famille et, par conséquent, sur sa patrie, au sens étymologique du terme, 'terre des pères, des ancêtres'. La biographie de plusieurs écrivains est caractérisée par cette sorte de vagabondage et souvent leur art doit faire face au sentiment d'être apatrides. Cela leur donne une liberté de création intéressante, en leur permettant de rester plus ou moins indépendants par rapport aux tendances culturelles dominantes dans les pays qu'ils traversent. En même temps, le besoin de trouver une identité à travers le souvenir – ou la recherche – d'une maison se manifeste inévitablement. L'écriture devient alors un moyen pour se construire la stabilité dont on parlait avant: si la réalité est changeante et transitoire, au contraire l'art est statique, concentrée sur le passé, dont les images sont stables, fixées pour toujours. Dans ces cas, écrire réprésente une façon d'apprehender à des contextes différents et une tentative de mener une recherche personnelle qui ne peut qu'être associée à un questionnement sur ses propres origines. Les façons à travers lesquelles la littérature - peu importe de quel genre il s'agit - incarne cette quête sont nombreuses, et on va en nommer seulement quelques unes, même s'il serait très intéressant d'en découvrir d'autres. Chez des auteurs dont l'existence est marquée par des déplacements fréquents, le choix de la langue avec laquelle s'exprimer est très significative, surtout si cette décision n'est pas définitive, et si elle est liée à des moments particuliers. Le thème de la famille, et donc celui du rapport père-fils est aussi très important. Celui du voyage acquiert évidemment une importance capitale. Il porte en soi l'idée d'arriver quelque part, de découvrir quelque chose, et donc il manifeste très bien la nécessité de sonder les racines de l'individu. Dans cette perspective, la récurrence textuelle de références à des paysages, à des cultures, à des lieux précis a un poids particulier. Il y a souvent une véritable symbologie qui se constitue à partir de ces éléments et qui revient au fil des œuvres de ces écrivains. Ce discours s'applique aussi bien aux textes plus strictement littéraires qu'à ceux dont la nature est plutôt journalistique. En effet il faut remarquer que parfois, chez les auteurs dont il est question ici, la quête identitaire et l'expression du sentiment d'appartenance se conjuguent avec un intérêt documentaire. Les reportages, les notes de journal, les comptes rendus qui ont comme objet les expériences et les découvertes de lieux liés aussi à la biographie de ces écrivains sont nombreuses. Ils constituent ce qu'on appelle littérature de voyage, laquelle a été longuement considérée comme une littérature mineure par rapport aux autres genres mais qui joue un rôle très important si on l'inclut dans notre discours. Comme le dit Monica Farnetti, si l'on prolonge le concept de voyage le plus possible, on pourrait le définir comme 'vision de lieux'. C'est en effet une expression qui se réfère à la dimension centrale et essentielle de cette expérience, et qui montre avec plus d'évidence qu'elle peut se révéler aussi dans des conditions qui ne sont pas nécessairement liées au voyage. Cette 'vision' est aussi le fait de percevoir un lien fort avec des lieux et, par conséquent, le questionnement à propos des déroulements et des raisons de cette dépendance. Il est naturel de se demander quel type de rapport naît entre les textes plus proprement dits 'de voyage' et le reste des œuvres où la quête identitaire et la thématique du sentiment d'appartenance sont particulièrement présents. C'est le cas, par exemple, de l'œuvre de deux auteurs italiens du XXe siècle, Giuseppe Ungaretti (1888-1970) et Alberto Savinio (1891-1952), qui sont nés et qui ont grandi tous les deux à l'étranger. Ils ont ensuite vécu dans beaucoup de pays, en choisissant l'Italie comme demeure principale. Ils considèrent cette dernière comme leur patrie, en tant que lieu d'origine de leurs pères et point de gravitation vers lequel ils sont inévitablement attirés, mais chex eux le problème de l'identité et du sentiment d'appartenance est loin d'être aussi simple. Ils s'interrogent pendant toute leur vie, à propos de ces aspects, l'un à travers la poésie, l'autre surtout à travers la prose de manière plus ou moins explicite, et ils se consacrent souvent à l'écriture d'articles ou de récits de voyage. Il est vrai que la tendance à ce type de journalisme est plutôt répandue pendant la période du fascisme, en tant que promotion du pays et, par conséquent, d'une image positive du regime. Cependant, cet interêt s'inscrit parfaitement dans les poétiques d'ensemble des deux auteurs. Cela est évident à partir des éléments lyriques qu'y sont présents et des éléments fortement symboliques qui reviennent aussi bien dans leurs œuvres principales que dans ces textes. Il est donc très intéressant d'essayer d'analyser les modalités avec lesquelles la thématique identitaire se déploie à travers les différents textes de Ungaretti et de Savinio. Il s'agit d'abord d'étudier la totalité de leur œuvre, en cherchant à interroger la relation qu'ils instaurent les lieux et les cultures de leur vies, sans oublier l'importance en ce sens de thèmes comme ceux de l'infance et de la famille. Il ne faudra pas non plus négliger l'aspect linguistique: les deux auteurs s'expriment au moins dans deux langues, c'est-à-dire en italien et en français, et même s'ils utilisent surtout la première, c'est vrai que l'autre est choisie souvent pour exprimer des moments de crise ou de recherche. On se demandera donc si le choix d'une langue autre que l'italien peut être lié à la témathique de la quête identitaire. On restera très attentif à individuer d'autres aspects de leur écriture qui peuvent se révéler utiles à une compréhension approfondie de ce sujet. 2 - JUSTIFICATION DU CORPUS Savinio et Ungaretti sont des artistes très différents l'un de l'autre, à partir des genres qu'ils pratiquent. Leurs biographies sont très similaires, mais ce qui est plus important est le fait que chez eux 'l'italianité', et plus en général le sentiment d'appartenance à une patrie, est d'abord une condition à conquérir, qui n'est pas donnée automatiquement. Vivre toute son enfance et toute son adolescence dans un pays autre que celui des ses pères, et connaître ce dernier en premier lieu à partir de leurs contes détermine un rapport particulier avec celui-ci. Dans l'œuvre de ces deux auteurs, cette témathique est très présente, et les mettre en parallèle peut se réveler très stimulant, et sans doute révélateur de la manière avec laquelle prose et poésie arrivent à décliner respectivement de telles problématiques. Comme le dit Maria Antonietta Terzoli, “il serait utile […] de vérifier s'il est possible d'indiquer chez tous ces auteurs «interculturels», une typologie commune de comportements, ou pour le moins de reconnaître – tout en tenant compte de la diversité de chacun – des analogies structurelles liées à leur appartenance non automatique à la culture d'adoption”1, et il nous semble intéressant de commencer par Ungaretti et Savinio. En outre, en comparant la 'littérature de voyage' de deux écrivains qui appartiennent à une même periode historique, on pourra montrer l'importance qu'il y a à reévaluer ce type de textes dans l'interpretation de la poétique d'un auteur et recomposer un tableau très intéressant de l'Italie de ces années là. À ce propos, il est important d'approfondir les rapports d'Ungaretti et de Savinio avec le fascisme, et en les comparant il nous semble possible de supposer un lien entre leur initial rapprochement aux idées de Mussolini et le sentiment d'appartenance à un pays. L'étude des œuvres de ces deux auteurs, ainsi mené, constituira la base pour une réflexion plus générale sur le rôle que le sentiment d'appartenance peut jouer dans la rélation entre l'artiste et le régime. 2.1 L'œuvre d'Ungaretti est imprégnée de son attachement aux lieux qu'il traverse pendant sa vie, et la recherche des origines caracterise tout son itinéraire poétique. Le légendaire 'port enseveli' est le symbole d'une source d'inspiration primitive; le désert et la mer constituent sa première vision de la réalité. La '[…] dimension de mémoires ancestrales, la nostalgie d'une patrie perdue, […] naît et prend corp justement pendant l'enfance alexandrine'2, à travers les récits de sa mère, et elle revient grâce à la parenthèse brésilienne, plusieurs années après. Il y a ensuite la période parisienne, qui est importante au point que le français devient sa langue préférée dans les moments de crise et de recherche. C'est donc un poète qui est entre les langues surtout quand son écriture hésite. Son identité italienne s'affirme seulement après, tout d'abord avec la découverte du Latium et des montagnes connues pendant la guerre. Rome donne à sa poésie un tournant fondamental, par le biais d'éléments comme la violence de ses étés et le sentiment du vide perçu à travers l'architecture baroque. Cependant, ce n'est pas un abordage définitif, et le fait que dans la dernière période de sa vie son écriture revient dans les lieux de son enfance est très significatif. Pour ce qui concerne Alberto Savinio, il faut remarquer que le besoin de trouver une patrie, de consolider ses origines est évident déjà à partir de l'écriture fortement autobiographique de la première période, dont les accents sont parfois nationalistes, ce qui est un symptôme d'un grand besoin d'affirmation identitaire. La personnalité de Savinio est quand même très proche de celle d'un pèlerin passionné - comme il été surnommé – car chez lui 'le voyage devient un fil conducteur souterrain et un élément propulseur de son écriture […]: leit-motiv thématique, habitus mental et chiffre stylistique [...]'3. Sa formulation d'une 'poétique de la mémoire', selon laquelle l'art doit privilégier le passé plutôt que la réalité contemporaine, détérmine le retour au temps de l'enfance et de l'adolescence. Les références autobiographiques sont innombrables, la naissance en Grèce prêtant très bien à cette opération artistique: ce pays représente aussi bien le passé très solide de l'humanité, grâce à l'invention de la mythologie, que le passé individuel. À travers ses contes et ses romans Savinio cherche à concilier le lien qui l'unit aussi à la Grèce qu'à son 'italianité'. Il arrive à atteindre le tant désiré sentiment d'intégration en Italie, ce qui se manifeste aussi par une meilleure maîtrise de la langue – il s'exprime souvent en français – mais il ne réussit pas à se débarasser de son inquiétude de passant. 2.2 Le choix de rapprocher Giuseppe Ungaretti et Alberto Savinio est aussi lié à un aspect très important de leur vie et de leur art, c'est à dire l'attention qu'il donnent à des problématiques socio-politiques. Tous les deux participent aux débats qui animent l'Italie dans la première partie du XXe siècle, surtout à travers l'écriture journalistique, mais aussi grâce à des expériences plus directes. Une des raisons qui peuvent expliquer la participation d'Ungaretti à la Ière guerre mondiale est l'affirmation progressive, dans ces années-là, de l'idée que la guerre pouvait être une occasion d'union du pays, une façon de mettre à l'épreuve l'esprit national italien, comme il l'explique dans certains de ses essais. Savinio aussi, dans un premier moment, pense que la guerre est une expression de l'amour pour son propre pays, et il s'engage dans l'armée italienne parce que, comme il le dit, il se sent débiteur envers l'Italie. Ces idées trouvent un terrain fertile dans le fascisme naissant, et elles se traduisent dans la collaboration des deux auteurs aux rédactions de revues ( par exemple Il nuovo paese et Il corriere italiano) qui appuient, plus ou moins directement, les projets de Mussolini. Ungaretti et Savinio se détachent du fascisme quand il commence à dégénérer en une dictature totalitaire qui contredit souvent son idéologie originaire. Ungaretti se rend compre de son erreur, et la ferveur pariotique de ses intérventions disparaît en faveur d'une descente poétique dans le drame de la mort, comme le recueil Il dolore (1947) le montre. Savinio, de son côté, devient un partisan d'une conception très moderne de la societé, c'est à dire l' “européisme”, qui se base sur l'importance de ne pas se renfermer à l'intérieur de barrières politiques et de dépasser les idéologies nationalistes (Sorte dell'Europa, recueil d'essais publié en 1945, en constitue le temoignage). L'analyse parallèle des écrits journalistiques et des essais socio-politiques d'Ungaretti et de Savinio, si d'un côté nous permet d'approfondir la connaissance de la politique culturelle du fascisme à ses débuts et des rapports que les intellectuels avaient avec ce mouvement, de l'autre nous fait réflechir sur le lien qui existe entre leur sentiment d'appartenance à une nation et l'engagement dans la vie socio-politique. 3 - ÉTAT DE LA RECHERCHE Il existe déjà un débat autour de la question identitaire et du sentiment d'appartenance à propos des deux auteurs dont il est question ici. Cependant, ils n'ont pas été mis en parallèle à propos de cette témathique, mais il y a déjà des études pour chacun d'entre eux. Pour ce qui concerne Ungaretti, il y a plusieurs études qui insistent sur l'importance de certains éléments récurrents dans son œuvre, qui forment une véritable symbologie. Le désert et la mer – ou l'eau en général – sont les images les plus analysées (par exemple dans Deserto emblema d'A. Zingone ou dans Giuseppe Ungaretti de C. Ossola), indiquant la quête des origines qui anime le poéte tout au long de sa vie. Il y a aussi quelques essais concernant les reportages de voyage d'Ungaretti, mais il faut remarquer que, d'un côté, il n'y a pas une étude couvrant de manière détaillée l'ensemble de ces textes et, de l'autre, ils n'ont pas été mis en parallèle avec le reste de ses ouvrages comme il serait intéressant de le faire afin de comprendre l'évolution du sentiment d'appartenance du poète. Savinio a été étudié beaucoup moins qu'Ungaretti de ce point de vue. Il est vrai que la thématique du voyage a été explorée, en soulignant le fait que l'expérience même de l'écriture est, chez lui, un déplacement continu, mené afin de comprendre son propre destin. On a observé le rôle du paysage urbain dans ses ouvrages et on s'est rendu compte des références fréquentes à certains lieux de la Grèce. On a aussi reconnu l'importance que l'auteur attribue au thème de l'enfance et du rapport entre parents et fils, et à la mythologie aussi ( v. Gli dei e gli eroi di Savinio de Bramanti). Cependant, nous croyons qu'il y a la nécessité de mieux focaliser tous ces aspects en direction du thème de la quête des origines et du rapport qui s'instaure entre l'Italie et la Grèce. Pour ce qui concerne l'aspect plus proprement historique de notre projet, il faut remarquer que la raison du rapprochement d'Ungaretti et de Savinio au fascisme a été peu approfondie et leurs interventions sur les revues qui étaient proches de ce mouvement n'ont pas été suffisament analysées, même s'il permettraient “[...] d'ajouter un élément au chapitre, qui n'a été presque pas écrit, de la politique culturelle du fascisme avant les loix sur la presse”.4 Nous tenterons alors de faire dialoguer l'ensemble des oeuvres des deux artistes, convaincue que certains instruments d'analyse utilisés pour l'un sont aussi éfficaces pour comprendre le parcours de recherche identitaire de l'autre. Ce qui permettra de donner un panorama plus précis de ce que pouvait signifier se mettre en relation avec l'Italie en étant à la fois italiens et étrangers, dans la première moitié du XXe siècle. BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE TEXTES A. Savinio, Sorte dell'Europa, Adelphi, Milano, 1977. A. Savinio, Opere. 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  • Titre traduit

    Coming back to fathers' land: sense of belonging and search for the origins (Giuseppe Ungaretti and Alberto Savinio)


  • Résumé

    In the first half of XX century, nationalism considered as a way of affirming people's identity to a country and italian cultural power spread out between italian intellectuals. In some cases, artists supported fascism in order to satisfy these needs. Giuseppe Ungaretti and Alberto Savinio shared the need to affirm their belonging to Italy, also because they were born outside and they knew Italy only as adults. In their works we can often find that they are divided into two countries, and that their need to construct a national identity is strong. They passed through interventionism and fascism, but they never forgot their african and greek origins. At the same time, they developped an open-minded way of thinking, and they constructed one of the first ideas of supernational identity and of Europe.