Art press, une archive du contemporain. : histoire et sémiotique d’un périodique dans le champ élargi de l’art.

par Flore Di Sciullo

Thèse de doctorat en Sciences de l'information et de la communication

Sous la direction de Frédéric Lambert.


  • Résumé

    Née en 1972, la revue art press s’est développée dans le contexte du développement de l’art dit « contemporain ». Prenant le parti d’une approche monographique du périodique, cette recherche choisit d’articuler l’interdisciplinarité des sciences de l’information et de la communication et l’histoire de l’art pour mieux rendre compte des enjeux attachés à cette expérience éditoriale singulière. Elle s’appuie sur des choix de corpus opérés à partir de l’ensemble des numéros parus, des archives de la revue et d’entretiens avec ses principaux contributeurs. Le parcours chronologique établi entre 1972 et 2018 éclaire les façons dont art press vise, pour se distinguer des autres périodiques artistiques, à performer le contemporain, et comment cette construction discursive passe par une ambition de « faire archive ». Une analyse sémiotique des couvertures et de la maquette graphique révèle la fabrique visuelle de l’engagement critique qui caractérise la revue. Cet engagement, confronté aux contraintes économiques inhérentes à la presse artistique, doit être envisagé dans le champ élargi où il se situe. Une analyse des éditoriaux et des courriers de lecteurs laisse enfin apparaître les différentes manières dont art press tisse son autorité dans les arènes médiatiques pour faire de l’art contemporain un problème public, se saisissant à cette fin de la scène conflictuelle que constitue la censure. Nous souhaitons ainsi mettre en lumière ce qui permet à la revue de faire sens au sein de notre société, et de construire l’art contemporain comme espace d’interrogation du politique.

  • Titre traduit

    Art press, an archive of the contemporary. : history and semiotics of an art magazine in the expanded field.


  • Résumé

    Created in 1972, the art press magazine grew in the developing context of what is now labelled as “contemporary” art. Through a monographic approach, our research articulates the interdisciplinarity of media studies and art history to underline what issues are at stake in this singular editorial experience. We based our research on a corpus made from all the magazine’s issues, archives and interviews with its main contributors. Laid out chronologically, our overview of the magazine’s history sheds light on how art press “performs” the contemporary as a means of distinguishing itself from other periodicals, and how this discursive construction has the ambition of being considered as an archive, and of being respected as such. A semiotic analysis of the magazine’s covers and graphic design reveals the visual strategy, and intention to materialize the political engagement, which are art press’ characteristic mark. This engagement, while facing the artistic periodicals’ inherent economical strains, must be considered within the broader field to which art press belongs. Finally, the analysis of editorials and reader’s letters enables us to underline how art press aims at weaving its authority in the public sphere, in order to make contemporary art a public issue. To this end, art press mobilizes censorship as a major theme of dispute. We therefore want to highlight what makes art press meaningful in our society and how it builds contemporary art as a space for questioning the political.