Le choc du cinéma. De l'apparition des masses métropolitaines à la Seconde Guerre mondiale

par Stanislas DE COURVILLE

Projet de thèse en Philosophie


Sous la direction de Mauro Carbone.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de École doctorale de philosophie (Lyon) depuis le 01-10-2014 .


  • Résumé

    Reprenant le concept de « choc » que Benjamin élabore sous influence freudienne, nous observons de quelle façon il affleure dans la littérature du XIXe siècle qui rend compte par lui de l’apparition des masses dans la grande ville moderne (Baudelaire, Nerval, Gogol, Zola, Huysmans, etc.). Au cours de ces réflexions nous le considérons toujours en lien avec son pendant qu’est l’aura, et observons la dialectique qui sans cesse se rejoue au cours du siècle entre ces deux pôles. C’est par ce biais que nous abordons le cinéma comme art du choc, observant les lignes généalogiques qui le rattachent à cette figure esthétique de la modernité, véritable « beauté moderne » (Baudelaire, Benjamin) ou « nouvelle inclinaison de l’aura » (Didi-Huberman). Dans ce contexte nous analysons en détail l’influence de La Baraque de foire d’Alexandre Blok, œuvre selon nous emblématique de la dialectique du choc et de l’aura, ainsi que celle des débats qui l’ont accompagnée – impliquant en premier lieu le cinématographe (Biély) –, sur la génération des pionniers soviétiques du cinéma, et plus particulièrement sur Eisenstein et sa construction du célèbre concept d’« attraction ». Enfin nous observons chez Gilles Deleuze la façon dont le « choc », conçu en partie à la suite d’Eisenstein et de son « attraction », qui devait favoriser la naissance d’un nouvel art et d’une nouvelle pensée, a été dévoyé dans la guerre. Nous nous nourrissons alors de l’apparente hésitation du philosophe entre taxinomie et histoire dans son diptyque sur le cinéma pour nous interroger sur le devenir de la figure du choc à l’épreuve de la Seconde Guerre mondiale, comme sur ce qui subsiste des espoirs quant au cinéma en tant qu’art des masses et nouvelle pensée après cet événement traumatique mondial.

  • Titre traduit

    The shock of cinema. From the appearance of metropolitan masses to the Second World War


  • Résumé

    Using the concept of “shock” that Benjamin develops under a Freudian influence, we observe how it emerges in nineteenth century’s literature which demonstrates the appearance of masses in the large modern city (Baudelaire, Nerval, Gogol, Zola, Huysmans, etc.). During this reflexion we always consider it in relation with its counterpart that is the aura, and we observe the dialectic which constantly re-enacts itself during the century between these two poles. It is through this channel that we approach the cinema as the art of shock, observing the genealogical lines which relate it to this aesthetic figure of modernity, true “modern beauty” (Baudelaire, Benjamin) or “new aura inclination” (Didi-Huberman). In this context, we analyse in detail the influence of The Fairground Booth of Alexander Blok, which is according to us, an emblematic work of the dialectic of shock and aura, as well as the influence of the debates which accompanied it – firstly involving the cinematograph (Bely) –, on the generation of Soviet pioneers in cinema, and more specifically on Eisenstein and his construction of the famous concept of “attraction”. Finally, we observe in Gilles Deleuze’s work the way the “shock”, partly conceived following Eisenstein and his “attraction”, which was meant to promote the birth of a new art and a new Thought, has been led astray by the war. We then use the philosopher’s apparent hesitation between taxonomy and history in his diptych on cinema to question the future of the figure of shock put to the test by the Second World War and we also question what remains of the hopes set on cinema as an art of the masses and a new Thought after this worldwide traumatic event.