Politique(s) du vivant. La fabrique territoriale des politiques de biodiversité dans le Nord-Pas-de-Calais (1992 –2020)

par Clémence Guimont

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Anne-Cécile Douillet et de Anne-Cécile Douillet.

Thèses en préparation à Lille , dans le cadre de École doctorale des Sciences Juridiques, Politiques et de Gestion (Lille) depuis le 01-10-2014 .


  • Résumé

    604Politique(s) du vivant. La fabrique territoriale des politiques de biodiversité dans le Nord-Pas-de-Calais (1992 –2020).Depuis les années 1990, la crise de biodiversité, en tant que disparition accélérée d’espèces et d’écosystèmes en raison des activités anthropiques, devient un problème public et plusieurs politiques se développent sur le territoire du Nord-Pas-de-Calais. Elles prennent la forme de politiques de connaissance scientifique, d’aménagement du territoire ou encore de gestion savante (introduction d’espèces, gestion d’espaces naturels). À partir d’entretiens et de l’étude d’archives institutionnelles, cette thèse étudie les processus politiques et administratifs de mise en politique de la biodiversité sur un territoire d’échelle régionale. L’analyse se situe à la croisée de la sociologie de l’action publique et de la sociologie politique environnementale, dans le souci d’intégrer les caractéristiques biologiques et comportementales du vivant à l’étude de la fabrique des politiques de biodiversité.La thèse met en exergue le rôle structurant de l’expertise scientifique et du cadrage naturaliste dans les politiques de biodiversité, les dispositifs de gestion écologique étant co-produits par les acteurs politiques, administratifs et associatifs du territoire. Elle montre également un processus de chosification du vivant qui s’explique par l’hétéronomie des politiques du vivant: les contraintes politiques et administratives non liées à la préservation du vivant pèsent en effet fortement sur l’élaboration de ces politiques. Pour autant, l’étude des interactions entre la mise en œuvre des politiques de biodiversité et le vivant met au jour des réactions de certaines espèces, qui rappellent que le vivant n’est pas réductible à sa chosification. Enfin, l’étude de l’organisation politique et administrative des politiques de biodiversité donne à voir la sectorialisation différenciée du problème intersectoriel de la crise de biodiversité et met en avant les difficultés politiques des acteurs territoriaux à représenter le vivant et à en défendre les intérêts sur la scène politique. Cette recherche est non seulement une contribution à l’analyse de la fabrique politico-administrative des politiques territoriales, elle participe aussi d’une réflexion sur l’épistémologie de la sociologie politique pour étudier les politiques environnementales.

  • Titre traduit

    Living-being policies. Territorial making of biodiversity policies in Nord-Pas-de-Calais (1992 –2020).


  • Résumé

    Since 1990’s, biodiversity crisis, which is defined by an accelerated loss of species and ecosystems due to anthropic activities, has becomeand several policies are implementedon Nord-Pas-de-Calais. It takes the form of scientific knowledge policies, land use planning policies and scientific management policies (introduction of species, management of natural areas). From interviews and institutional archives, this thesis aims at studying political and administrative processes of biodiversity’s politic implementation on a regional scale. Thisanalysis is situated in betweenpublic action sociology and environmental political sociology in order to integrate biological and ethological characteristics of biodiversity to study biodiversity policies.This thesis highlights the structuring role of scientific expertise and naturalist framing in biodiversity policies. Devices of ecological engineering are coproduced by political, administrative and associative actors. It also emphasizes the wayliving-being are objectified due to theheteronomy of biodiversity policies: political and administrative constraints, which do not have any links with biodiversity preservation, play a role in their making. Nevertheless, the study of interactionsbetween the implementation ofbiodiversity policies and living-being highlights reactions of species, which emphasise that living-being cannot be reduced to their objectification. Finally, the study of political and administrative biodiversity policies highlights a differentiated sectorialisation of an intersectoral problem of biodiversity crisis. It puts the spotlight onpolitical difficulties of territorial actors to represent living-being and to defend it withinpolitical arenas. This thesis is acontribution to public action sociology and to epistemology reflexion regarding political sociology, in order to study environmental policies