La liberté négative et la liberté positive : la postérité d'Isaiah Berlin

par Johan Said

Projet de thèse en Philosophie du droit

Sous la direction de Philippe Raynaud.

Thèses en préparation à Paris 2 , dans le cadre de École doctorale histoire du droit, philosophie du droit et sociologie du droit (Paris) depuis le 01-10-2014 .


  • Résumé

    La distinction d'Isaiah Berlin entre la liberté négative et la liberté positive a marqué de son empreinte la philosophie politique. A.Swift et Q.Skinner considèrent à ce titre l'essai «Two concepts of liberty» comme étant le plus important de la philosophie politique anglo-saxonne. Pourtant, la forme duale de la liberté politique, telle que décrite par le penseur russe, a suscité de nombreux débats. Tout d'abord, on a reproché à la liberté négative de ne pas être une liberté politique dans la mesure où elle entraîne inévitablement, selon H.Arendt, un désenchantement politique. Au surplus, la zone de non ingérence est délicate à délimiter. La liberté positive ne serait pas pour C.B.Macpherson une véritable liberté politique car elle a eu des répercussions dramatiques dans l'histoire. Des difficultés résultent aussi à la dichotomie entre les contenus négatif et positif de la liberté. G.MacCallum insiste sur l'idée suivant laquelle il ressortirait un contenu négatif dans la liberté positive et un contenu positif dans la liberté négative. Ainsi, F.Hudon soutient que dans la pensée éminemment négative de J.Locke se trouve un germe positif. A contrario, E.Nelson remarque que les philosophes hégéliens empruntent le paradigme de la liberté positive tout en revendiquant la nécessité dite négative d'absence d'entraves. Enfin, la pensée de Berlin pourrait être fragilisée par l'émergence progressive d'une troisième forme de liberté. Il s'agirait d'une liberté médiane, au-delà du négatif et du positif. Assistons-nous à un tournant dans la façon de concevoir la liberté politique ?


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