Sade et "l'infracassable noyau de nuit" : une poétique du secret

par David Yvon

Projet de thèse en Litteratures francaise, francophones et comparee

Sous la direction de Catherine Ramond.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Textes, Littératures : Ecritures et modèles (equipe de recherche) depuis le 26-11-2014 .


  • Résumé

    Cette étude n’a pas la prétention de saisir la pensée de l’auteur ou de dévoiler les motifs dérobés de son écriture. Il ne s’agira pas davantage de se demander, avec Pauvert : « quand est-il lui ? ». Son objet, à proprement parler, n’est pas « le secret de Sade », mais « l’effet de secret » tel qu’il se manifeste au sein de l’oeuvre. Le récit, loin de s’effacer derrière une vérité essentielle qui lui donnerait sens (et quelle vérité ? philosophique ? biographique ?), ne cesse au contraire de se nourrir du secret, de se penser à partir de lui et de mettre en scène sa propre « illisibilité ». Aux fausses clartés de la dissertation sadienne (qui prétend toujours, avec une application suspecte, démontrer l’indémontrable) répondent des phénomènes de cryptage et de dissimulation d’une grande diversité. L’examen de ces procédés conduit à envisager l’oeuvre moins comme le support (opaque) d’une pensée sur le monde, que comme une forme littéraire à part entière, faisant de la fiction le lieu d’une expérimentation des possibles du discours, des limites du dicible.

  • Titre traduit

    Sade, a poetic of secrecy


  • Résumé

    This study does not claim to grasp the mind of the author, or to unveil the hidden patterns of his writing. It is not either to ask, with Pauvert : « quand est-il lui? ». The purpose here, truly, is not “the secret of Sade” but “the secrecy effect” as it appears within the work of Sade. The story, far from disappearing behind an essential truth which would transcend it (and which truth? Philosophic? Historic? ), never stops to feed from the secret, to think itself as from secrecy and to stage its own “illegibility”. Despite the false clarity of Sade's dissertation (which always pretends, with a suspicious diligence, to demonstrate the indemonstrable), there is a great diversity of methods of encryption and concealment. The investigation of these methods leads to consider Sade’s work less as an (opaque) frame for an outlook over the world but more as a whole literary form, which makes fiction a place to experiment on the possibilities of discourse and its limits.