Evolutions du motif de l'île déserte dans la littérature britannique d'aventure : mutation du genre

par Julie Gay

Projet de thèse en Etudes anglophones

Sous la direction de Nathalie Jaeck.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Cultures et Littératures des Mondes Anglophones (equipe de recherche) depuis le 27-10-2014 .


  • Résumé

    Le motif de l’île déserte constitue un motif privilégié du roman d’aventure, de Robinson Crusoé à Sa majesté des mouches en passant par L’île au trésor, une des marques de fabrique du genre en réalité, et il s’agit de comprendre l’intérêt littéraire qu’il revêt, en déterminant la spécificité de ce lieu ainsi que des œuvres qui s’y rattachent, afin de définir leurs codes et leurs motifs spécifiques ainsi que l’évolution de ces derniers dans l’histoire littéraire. L’ambition de cette thèse est ainsi de montrer que l’île est en réalité bien plus qu’un décor : elle pourrait constituer une métaphore de l’écriture, un lieu où l’on a écrit différemment à différentes périodes de l’histoire, et où s’élabore l’écriture utopique, encore à venir. En effet, bien que l’île déserte soit un espace littéraire surcodé et surdéterminé, à la fois mythe, métaphore et utopie, il est également le lieu où tout semble possible tant en terme d’aventure que d’écriture : une sorte de brèche, hors de l’espace-temps, propice à la construction d’une autre réalité. Entre stabilité et flottement, utopie et réalité, l’île est ainsi à la fois un lieu d’ancrage, établi scientifiquement, dont les limites sont clairement définies et cartographiées, mais également un lieu qui semble parfois flottant, indéterminé, qui apparaît et disparaît de la carte: un lieu de tension entre le réel et l’imaginaire, le moi et l’autre, le centre et la périphérie. Les distinctions et certitudes classiques sont alors déstabilisées, dans ce lieu de liminalité et d’entre-deux qui se définit par son étrangeté et son éloignement. La distanciation semble permettre cette hybridité, cette perméabilité entre les espèces, les formes, les genres (roman politique, roman d’aventure, littérature de jeunesse…), et les domaines (science et littérature) ainsi que cette instabilité du signe qui devient flottant, tant cet espace est peu défini. L’île devient alors une sorte de laboratoire littéraire, propice à l’hésitation fantastique ainsi qu’à l’expérimentation générique et narratologique, avec des narrateurs souvent instables et fluctuants. Il s’agit ainsi de comprendre ce qui dans le motif de l’île favorise cette contestation et cette mobilité.

  • Titre traduit

    Evolutions of the desert island motif in the British adventure novel: : generic mutation.


  • Résumé

    The desert island motif is one of the central motifs of the adventure novel, from Robinson Crusoe to Lord of the Flies, including of course Treasure Island, and the aim of this doctoral thesis is to understand why it is so crucial to the definition of this genre, by determining the specificity of this place and of the works that resort to it, in order to define their particular codes and motifs, as well as their evolution throughout literary history. We would like to show that in reality the island is much more than a simple setting: it could actually constitute a metaphor for writing, a place where new forms of writing have been experimented on at various times throughout history, and where utopic writing has been developed. Indeed, even though the desert island is an extremely coded and overdetermined literary space, at the same time a myth, a metaphor and a utopia, it is also paradoxically a place where everything seems to be possible in terms of adventure as well as of writing: some sort of breach, out of space-time, conducive to the creation of a new reality. In-between stability and wavering, utopia and reality, the island is simultaNeously an anchorage point that has been scientifically established and the limits of which are clearly defined and mapped, but it is also a place that sometimes seems to be wavering, undetermined, a place that appears and disappears from the map: a point of tension between the real and the imaginary, the self and the other, the centre and the periphery. All the classical distinctions and certainties are thus destabilised in that liminal, in-between space that is defined by its very strangeness and remoteness. Detachment seems to permit a certain of hybridity, and a permeability between different species, forms and genres (political novel, adventure novel, children’s literature…) and between different fields (science and literature), and it also seems to favour the instability of the sign that starts to waver, as a result of the lack of definition of this particular space. The island thus becomes a kind of literary laboratory, conducive to generic and narratological experimentations, and where authors often resort to the fantastic hesitation and to unreliable and fluctuating narrators. Our aim is thus to understand what precisely in the island motif favours these experimentations and this mobility.