Continuités et divergences dans la presse clandestine de résistants allemands et autrichiens en France pendant la Seconde Guerre mondiale : KPD, KPÖ, Revolutionäre Kommunisten et trotskystes

par Cecile Denis

Thèse de doctorat en Etudes germaniques

Sous la direction de Hélène Camarade.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de École doctorale Montaigne-Humanités (Pessac, Gironde) , en partenariat avec Cultures Littératures Arts Représentations Esthétiques (Pessac, Gironde) (equipe de recherche) depuis le 10-12-2012 .


  • Résumé

    Cette étude portant sur 17 journaux et 236 tracts conçus par des résistants allemands et autrichiens actifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale a permis d’en révéler les enjeux théoriques et de mieux connaître leurs auteurs, en réévaluant notamment le rôle des ressortissants autrichiens et des groupes de gauche non alignés sur la politique de la IIIe Internationale. Les messages transmis se classent en trois catégories chacune liée à l’objectif poursuivi, à savoir le recrutement, la visibilité et la définition du positionnement du groupe. On constate que quatre principaux types de lecteurs sont visés : en premier lieu les sympathisants potentiels parmi les soldats de la Wehrmacht, mais également les services de répression, les autres groupes de résistants et, enfin, les Alliés, à la fin du conflit. Une première partie analyse les productions de groupes initiés par les partis communistes. De 1941 à 1943, le Travail Allemand (TA) vise à restructurer les réseaux démantelés en 1939. À partir de 1943, les militants sont regroupés en fonction de leur nationalité dans de nouvelles organisations, le CALPO et l’ÖFF, dont les objectifs consistent non pas à réaliser des projets nationaux mais plutôt à étendre l’influence soviétique dans les nouveaux États après la guerre. La deuxième partie est dédiée aux Revolutionäre Kommunisten (RK) qui sont des communistes conseillistes autrichiens dénonçant toutes les autres forces en présence pour construire une société radicalement différente. Ce travail dresse un portrait précis et inédit de ce groupe et de ses évolutions théoriques de 1935 à 1944. Une troisième partie est consacrée à l’étude de groupes trotskystes qui souhaitent concurrencer les organisations des communistes mais qui manquent de moyens logistiques et matériels pour y parvenir. Ce groupe est actif de 1943 à 1944 et sa production s’arrête brutalement suite à une vague d’arrestations. Notre étude démontre que deux philosophies politiques coexistent et sont concurrentes. Les communistes cherchent à renverser le régime nazi pour rétablir les structures étatiques traditionnelles et accroître l’influence soviétique. Les RK et les trotskystes étendent les enjeux à la lutte contre le « capitalisme », et, ce faisant, dépassent par leurs actions ce que l’on entend habituellement par « résistance ».

  • Titre traduit

    Continuities and divergences in the clandestine press of German and Austrian resistance fighters in France during the Second World War: KPD, KPÖ, Revolutionäre Kommunisten and Trotskyists


  • Résumé

    This study of 17 newspapers and 236 flyers conceived by German and Austrian resistance fighters in France during World War II have revealed the theoretical issues and to provide better knowledge of the authors, by re-evaluating the role of Austrians and Left groups which were not aligned with the politics of the Third Communist International. The messages are classified in three groups each linked to the objective pursued; recruitment, visibility and the definition of the group’s position. We can see that there are four main types of readers targeted: the first group are the potential sympathizers among the Wehrmacht soldiers, but also the repression services, the other resistance groups and finally the Allies, at the end of the conflict. The first part analyses the production of organisations initiated by the German and Austrian communist parties. From 1941 to 1943, the Travail Allemand (TA) aimed to restructure the networks which had been dismantled in 1939. From 1943, the militants were regrouped into new organizations like the CALPO and ÖFF depending on their nationality. Their objectives did not consist of carrying out national projects but rather to extend Soviet influence in the new states after war. The second part is dedicated to the Revolutionäre Kommunisten (RK) who were Austrian revolutionary communists denouncing all the other forces involved to build a radically different society. This piece of work draws an original and precise portrait of this group and its theoretical evolutions from 1935 to 1944. The third part is devoted to the study of Trotskyist groups which would like to have competed with communist organizations but who lacked the logistic and material means necessary. This group was active from 1943 to 1944 and its production brutally stopped with a wave of arrests. Our study shows that two political philosophies coexist and compete. The communists want to overthrow the National Socialist government to reestablish the traditional administrative and political structures and increase Soviet influence. The RKs and Trotskyists widen the stakes to fight against capitalism and by doing so, exceed the actions that we usually call “resistance”.