La politique publique de securité face a la politique publique de citoyenne

par Natalia Guerrero Ramirez

Projet de thèse en Administration publique 

Sous la direction de Jean-Charles Froment.

Thèses en préparation à l'Université Grenoble Alpes (ComUE) , dans le cadre de École doctorale sciences juridiques (Grenoble) , en partenariat avec Centre d'Etudes et de Recherche sur la Diplomatie, l'Administration Publique et le Politique (laboratoire) depuis le 01-11-2012 .


  • Résumé

    L'Amérique latine est considérée comme l'une des régions les plus violentes du monde. Le taux de morts violentes et le taux d'homicides commis par arme à feu, bien qu'ils aient baissé ces dernières années, continuent d'être parmi les plus hauts du monde. Une des raisons majeures qui expliquent l'augmentation de la violence en l'Amérique latine est en relation avec le phénomène du trafic de stupéfiants, puisque les pays du continent sud américain restent parmi les grands producteurs de marijuana, de cocaïne et d'opiacés. La problématique de la sécurité, et particulièrement de la sécurité citoyenne, joue un rôle très important dans l'agenda politique des villes d'Amérique latine en général, et d'autant plus en Colombie où cette problématique a retrouvé un espace et une identité dans le contexte des politiques publiques. Pour cette raison, il est important de regarder, à partir de l'action des gouvernants, des institutions et de la société civile, et la réponse politique proposée à cette même problématique. La sécurité et le fait de vivre ensemble sont des facteurs très importants pour l'habitat urbain et dans la perception des citoyens. Dans la problématique de la sécurité, il n'y a pas une source unique. Par conséquent, étant donné la complexité de l'insécurité pour y faire face il faut plus d'une réponse de part de la police ou encore de la justice, mais il est nécessaire que le gouvernement développe également des stratégies et des interventions complètes. La nécessaire intervention en matière de sécurité a besoin de nouveaux développements et d'une meilleure capacité d'analyse orientée vers une nouvelle vision de la sécurité citoyenne et du « vivre-ensemble » dans le long terme. Dans le contexte latino-américain, il est indéniable que des phénomènes comme le trafic de drogue, les conflits armés, le crime organisé, l'intolérance, la crise économique ou les conditions sociales, pour ne nommer que quelques uns d'entre eux, sont des facteurs de causalité qui affectent la sécurité et que l'on retrouve concentrés dans les villes. Toutefois, pour répondre à ces problèmes, les gouvernements ont la capacité de fixer des objectifs, et de mettre en place des moyens et des actions qui leur permettent d'assurer la protection exigée par leurs habitants ; en d'autres termes, ils peuvent mettre en œuvre des politiques de sécurité. Mais, lorsque les mesures adoptées par les autorités gouvernementales ne répondent pas de manière satisfaisante aux exigences de la population, il est nécessaire de vérifier si les recommandations politiques qui ont soutenu leurs actions étaient appropriées. C'est-à-dire, que les problématiques connexes de la violence et de la sécurité se convertissent en des axes centraux pour pouvoir comprendre les dynamiques sociales propres de l'Amérique latine. À partir des années 90 avec la révolution constitutionnelle dans la région, l'adoption des traités internationaux et leur incorporation dans le bloc de constitutionnalité et processus de décentralisation fonctionnelle et territoriale, plusieurs politiques publiques de sécurité citoyenne ont essayé de faire baisser les hauts niveaux d'insécurité qui ont été identifiés dans les pays latino-américains, mais en général, la plus grande partie des ces pays n'a pas obtenu de résultats remarquables dans la lutte contre le fléau de la violence car la réalisation de ces objectifs de lutte s'est heurté à la durée et cette politique n'a pas pu s'inscrire dans la continuité pour se mettre durablement et obtenir des résultats qui ne peuvent s'obtenir qu'avec le temps. Dans ce contexte, la problématique de violence, de sécurité et du « vivre-ensemble » s'est constituée comme l'un des axes principaux des campagnes électorales, et l'une principales préoccupations des citoyens et des centres de recherche sur ce sujet. D'accord à l'institut pour la gouvernance, à travers des politiques de sécurité, les États ont essayé de baisser les niveaux de violence et d'insécurité. Parmi ces politiques, on peut distinguer les politiques de "sécurité d'État" et les politiques de "sécurité citoyenne". Pour notre étude, il est important de mettre en évidence que nous avançons dans l'actuelle jointure sur le développement d'un concept de sécurité citoyenne, qui intègre le concept de sécurité humaine conformément à la définition proposée par l'Organisation de Nations Unies à travers son Rapport de Développement Humain 1994. Dans ce rapport ou l'ONU oriente ce concept pour "garantir l'existence d'une population libre de crainte, mais aussi libre des manques; avec le droit de vivre sans peur, sans des nécessités et avec une égalité des chances pour développer au maximum son potentiel humain". Donc, cette premier année de recheche on constate que la sécurité s'est convertie en affaire du secteur privé, qui a la capacité de se spécialiser plus rapidement que l'État et de faire attention aux demandes de la société qui réclament des mesures pour protéger sa vie, son intégrité et sa tranquillité. C'est pourquoi la violence se convertit pour l'État dans des coûts plus élevés en termes sociaux, politiques et économiques. Pour cette raison, les résultats obtenus par les politiques de sécurité en termes de réduction de l'insécurité et du taux d'homicides par arme à feu; ont accru la faiblesse de la confiance institutionnelle et de la promotion de la culture citoyenne, parce que la population fait davantage confiance à la sécurité privée. Dans le cas spécifique de la capitale colombienne, on peut dire que c'est à partir des années 1990, que la politique de sécurité citoyenne a tenu une place importante dans l'agenda politique à Bogotá. Comme on l'a dit, il faut remarquer le travail particulier des administrations des Maires Antanas Mockus (1995-1997; 2001-2003) et Enrique Peñalosa (1998-2000). Ils ont mis en œuvre des politiques publiques de sécurité et de « vivre-ensemble » avec pour objectif de prévenir, de contrôler et de réduire la criminalité à travers l'éducation civique, l'autorégulation sociale et la rénovation – et donc la réappropriation - de l'espace public. Ces politiques ont également défini un cadre institutionnel qui permettrait de consolider ce que certains analystes ont appelé « el modelo Bogota », un exemple d'intervention en matière de sécurité et de « vivre- ensemble » La mise en œuvre des politiques publiques de sécurité et de « vivre-ensemble » a permis la diminution des taux d'homicides, de certains crimes de grand impact et la réduction du sentiment d'insécurité dans la ville. Toutefois, Bogotá a connu une augmentation progressive de ces indices à partir des administrations du parti politique « Polo Democrático », notamment pendant les mandats des maires Luis Eduardo Garzón (2004-2007) et Samuel Moreno (2008-2011) qui ont basé leur politique sur la sécurité humaine et non plus sur la sécurité citoyenne comme leurs prédécesseurs. Donc, à Bogotá on va considérer dans le présent rapport de recherche que bien qu'elle ait été considérée comme un exemple en matière de sécurité durant les années 1995-1994, la politique de sécurité citoyenne n'a pas été constante, et on peut observer que les forts taux de sentiment d'insécurité relevés, peuvent être des signes d'un dysfonctionnement de la politique de sécurité nationale.

  • Titre traduit

    The civil security policy


  • Résumé

    Public policy on citizen security in Colombia, a process of consolidation