Des « honnêtes gens ». Mobilisations pour la sécurité et luttes de classement à Marseille et Naples.

par Kevin Vacher

Projet de thèse en Sociologie, Science politique

Sous la direction de Sylvie Tissot.

Thèses en préparation à Paris 8 , dans le cadre de ED Sciences sociales , en partenariat avec Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris -CSU (equipe de recherche) depuis le 24-11-2014 .


  • Résumé

    Après un Master recherche à Aix-Marseille Université portant sur les « Continuités et réajustements des politiques de sécurité à Marseille », Kevin Vacher poursuit un travail doctoral faisant dialoguer les études de sécurité avec une sociologie des problèmes publics et des mobilisations sociales. Sa recherche doctorale porte sur les mobilisations pour la sécurité de collectifs « d’habitants », au sein de territoires populaires. Cette recherche, menée en comparaison Marseille-Naples, s’organise autour d’un portrait de ce phénomène à l’échelle de la dernière décennie et d’études de cas d’actions collectives où les acteurs réclament des mesures de mise en sécurité de leurs territoires et questionne la régulation de leurs espaces publics. Prenant à contre-pied les études en sciences politiques mobilisant les catégories de l’action publique du "sentiment d’insécurité" ou des "demandes de sécurité", tendanciellement centrées sur le point de vue des pouvoirs publics confrontées à des acteurs présentés sans propriétés et dépourvus de capacité d’action, il met en lumière ce qui se révèle être une demande sociale plurielle, située et contextualisée. Ce travail permet de voir au travers de ces mobilisations collectives comment la contingence de facteurs sociaux, économiques et urbains et de prescriptions politiques, d’intéressements militants et d’histoires sociales participe à incarner la catégorie des « riverains » dans le champ médiatique et politique. Cette catégorie faisant elle-même écho à la figure morale de « l’honnête citoyen », elle nous permet de comprendre en contraste la construction des figures déviantes contemporaines. Finalement, ce sont à des luttes de classement locales et infra-locales auxquelles nous avons à faire, qui entrent par la publicisation de problèmes locaux en résonance avec les coordonnées du débat public sur la sécurité. Ces mobilisations se trouvent enfin en concurrence au sein d’un espace local de la cause, constitué de leurs alliances et oppositions et structuré par le débat public. C’est au sein de celui-ci que se jouent la réussite de ces actions collectives et où est re-défini par les acteurs le problème de sécurité.


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