Le cinéma de Philippe Garrel 1970-1979. Silence et récit de La cicatrice intérieur (1970) à L'enfant secret (1979).

par Valerie-marie Jottreau

Projet de thèse en Etudes Cinématographies et Audiovisuelles

Sous la direction de Dominique Fournier-willoughby.

Thèses en préparation à Paris 8 , dans le cadre de ED Esthetique, sciences et technologie des Arts , en partenariat avec Esthétique, sciences et technologies du cinéma et de l'audiovisuel ESTCA [EA2302] (laboratoire) depuis le 25-11-2014 .


  • Résumé

    Figure du "jeune cinéma" post-Nouvelle Vague, Philippe Garrel participe dès 1964 à une mise en crise du dispositif audiovisuel, traversée, entre autres, par une contestation et une « déconstruction » du langage. Dès 1970 et jusqu’en 1978, il radicalise sa recherche formelle et compose avec sa compagne Nico, égérie de l'underground new-yorkais, sept films, variations d’une “attraction passionnée” desquels, en 1979, il puisera le récit de L’enfant secret. Renouant avec le film "silencieux" expérimenté une première fois dans Le révélateur en 1968, trois films sont réalisés sans bande son : Athanor (1972), Les hautes solitudes (1974), Le bleu des origines (1978). Quand les films ne sont pas totalement silencieux, ils privilégient la réduction, la raréfaction ou la condensation des éléments langagiers ou musicaux : La cicatrice intérieure (1970-1972), Le berceau de cristal (1975), Un ange passe (1974), Voyage au jardin des morts (1976). Ces films, guidés par un même refus du prosaïsme, font du silence un élément structurel essentiel auquel répondra le travail sur l'espace, l’immobilisme, la dilatation ou encore la fulgurance de l'image. Mais si Philippe Garrel place la sensation au centre de sa quête d’un cinéma pur et planant, il n’en cherche pas moins de nouvelles configurations narratives et interroge les limites du récit en développant une profonde co-implication de matériaux visuels et sonores. L’enfant secret cristallisera de façon magistrale cette recherche. Or la réception de ce film qui apparut à la critique comme un évident retour à l’autobiographie a peut-être occulté le processus complexe d’invention du récit garrélien qui engageait une question majeure pour le cinéaste : comment dire poétiquement ? Notre étude propose que nous revenions sur ce cheminement tout entier hanté par l’infantia, définie par Jean-François Lyotard comme « ce qui ne se parle pas ». L’exploration de la réception critique et l’analyse esthétique des films nous amèneront à une mise en perspective historique d’une pensée du silence et des formes minimales du récit qui ont traversé les avant-gardes cinématographiques du vingtième siècle et ont contribué à redéfinir un pacte avec le temps.

  • Titre traduit

    The early cinema of Philippe Garrel (1970-1979). Silence and Narrative.


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