Les temps des incertitudes: la dimension philosophique de la “crise de l'histoire” en France

par Yuri MourãO FalcãO

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Patrick Garcia et de Etienne Anheim.

Thèses en préparation à CY Cergy Paris Université , dans le cadre de Arts, Humanité, Sciences Sociales , en partenariat avec AGORA - Laboratoire de recherche civilisation, identités culturelles, textes et francophonies (laboratoire) depuis le 15-10-2014 .


  • Résumé

    La thèse développée à l'Université de Cergy-Pontoise en codirection avec l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, et en association avec l'Institut d'Histoire du Temps Présent a pour objet d'étude la dimension philosophique de la «crise de l'histoire», qui a émergé dans les années 1970 à partir de la remise en cause des modèles de compréhension et des principes d'intelligibilité de la pratique historiographique. L'étude de cette période est cruciale pour comprendre les transformations profondes de la connaissance historique, ainsi que pour comprendre les relations que les historiens ont cultivées avec la philosophie. Cette périodisation a été choisie car ces décennies englobent l'introduction des notions de « récit » et « écriture » aux débats historiographiques pendant les années 1970, autour desquelles se développent d'autres questions qui composeront le répertoire de problématiques dont les historiens vont faire face ; les débats relevant du linguistic turn surtout à partir des années 1980 ; et, finalement, les réflexions portant sur une « sortie de la crise » qui aboutiront dans un « consensus épistémologique » autour de l'idée de la pratique historique inséré dans un « mi-chemin » entre l'objectivisme et le relativisme. Bien que le corpus textuel produit dans les débats de ces décennies soit vaste, on peut, néanmoins, indiquer cinq ouvrages représentatifs des moments cruciaux de cette période de « crise de l'histoire » : Comment on écrit l'histoire[1] (1971) de Paul Veyne, L'écriture de l'histoire[2] (1975) de Michel de Certeau, Metahistory[3] de Hayden White (1973), Temps et récit[4] (1983-85) de Paul Ricœur et Au bord de la falaise[5] (1998) de Roger Chartier. Les ouvrages de Veyne et Certeau représentent un premier moment avec l'introduction des notions de « récit », « écriture » et « lieu » dans les débats historiographiques ; l'ouvrage de Hayden White représente un deuxième moment, dont les doutes s'accroissent devant les positions, généralement organisées autour de l'idée de linguistic turn, qui contestent les possibilités d'une connaissance historique véridique ; les œuvres de Paul Ricœur et Roger Chartier représentent un troisième moment, lorsque réponses seront proposées à ces positions relativistiques afin de repenser une connaissance historique qui, en acceptant son caractère narratif, maintienne une visée de vérité. La thèse centrale de cette recherche est qu'une dimension philosophique importante accompagne l'introduction des thèmes langagiers dans les débats historiographiques français, qui sape les prétentions scientifiques de l'histoire et qui jette les historiens dans un temps d'incertitudes. Ces thèmes, rassemblés autour de la notion de « récit », n'acquièrent légitimé en tant que « dispositifs » épistémologique qu'à partir d'une mobilisation des concepts et des problématiques philosophiques. Il sera démontré aussi que cette dimension philosophique dans les débats historiographiques de cette période de « crise » ne se limite pas aux seuls enjeux proprement épistémologiques, car, étant donné les implications radicales que l'introduction d'une notion comme celle de « récit » a dans une manière dominante de « faire de l'histoire » fondée sur une notion forte de référentialité, des questions d'ordre ontologiques émergent. Cette dimension, dont les éléments restent obscurs, mérite une étude sur l'ample corpus publié autour des débats de cette période de « crise » (des travaux qui sont à l'origine des problématiques, comme notamment ceux de Paul Veyne, Michel de Certeau, Hayden White et Paul Ricœur, ceux qui, n'étant pas à l'origine des problématiques, contribuent énormément aux débats de la période, comme Roger Chartier, Gérard Noiriel, Jacques Revel, Pierre Nora, mais aussi sur l'énorme corpus développé à partir d'eux), dans lesquelles la référence (voire l'appartenance, comme Ricœur) à la philosophie, comme Aristote, Nietzsche, Heidegger, Foucault, Derrida et Richard Rorty fait que la «crise de l'histoire » se déplace par des terrains traditionnellement philosophiques. C'est à partir d'une double problématique que cette dimension philosophique de la « crise de l'histoire » en France sera démontrée : il s'agira, dans un premier moment, d'analyser la place accordée à la philosophie dans les réflexions sur cette période de « crise de l'histoire » et, dans un deuxième moment, analyser le rôle de la philosophie dans la constitutions des problématiques et leurs solutions.

  • Titre traduit

    The times of doubt: the philosophical dimension of the "crisis of history" in France


  • Résumé

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