À la rencontre du temps institutionnel de l'enseignement supérieur algérien. Entre autonomie et dépendance, une histoire de l'« entre-deux » Entre le tout et le rien, peut-on habiter « le milieu » ?

par Zohra Ahmed bacha

Thèse de doctorat en Sciences de l'éducation

Sous la direction de Marcel Pariat.

Thèses en préparation à Paris Est en cotutelle avec l'UNIVERSITE ORAN 2- Mohamed Ben Ahmed , dans le cadre de Ecole doctorale Cultures et Sociétés (Créteil ; 2015-....) , en partenariat avec Laboratoire interdisciplinaire de recherche sur les transformations des pratiques éducatives et des pratiques sociales (Créteil) (laboratoire) .


  • Résumé

    En dehors des sentiers battus, sous la perspective singulière de l'« entre-deux », la présente thèse cherche précisément à comprendre le développement de la politique éducative et de l'enseignement supérieur algérien, entre autonomie et dépendance (entre-deux) relatives aux injonctions extérieures. Il est question de discuter de la manière dont l'enseignement supérieur s'est fabriqué au travers de son histoire, de discuter le poids du passé sur le présent en identifiant les influences provenant des régimes, événements et composantes venus de pays du Moyen-Orient, de la France et de la Russie, ayant, in fine, marqué la politique éducative algérienne. Une politique qui n'a pas réussi à trouver son point d'ancrage et qui est de ce fait toujours à la recherche de repères au détriment de la qualité globale de la formation en Algérie. Alors que la période coloniale est derrière nous, il existe toujours dans la société algérienne un sentiment de dépendance à l'égard de la métropole et de ses nombreuses pratiques, réminiscence d'un passé difficile à oublier. La pratique du français sur le territoire et dans le milieu enseignant (en particulier) joue en partie un rôle clé dans cet état des faits. Le passé est donc fortement ancré dans les esprits, bien qu'il existe une volonté émancipatrice forte des individus qui sont à la recherche de leurs racines et d'une modernité algérienne. Et, on constate aussi que la société algérienne est plurielle à bien des égards. Les références au passé dans le milieu de l'éducation possèdent une grande influence sur les actions menées, parfois au détriment des vérités du terrain très complexes dans le cas algérien. Cet enseignement supérieur, dans une Algérie plurielle, souffre ainsi d'un « entredeux » à la fois à l'échelle politique, institutionnelle et individuelle (ceux qui font les lois, ceux qui les mettent en place et ceux qui doivent les vivre au quotidien). Autrement dit, ces trois niveaux semblent figés entre une volonté et un besoin important d'autonomie et une dépendance qui peut être perçue comme légitime. Il y a pourtant des évolutions qui s'opèrent sur le terrain. Positives, elles marquent un tournant attendu dans le paysage éducatif algérien.Les enseignants sont effectivement en attente de formations pour à la fois améliorer la qualité globale des pratiques et garantir sur le long terme un plus grand professionnalisme. In Fine, c'est l'ensemble de la société qui bénéficierait d'un système éducatif moderne et propre aux besoins et attentes des Algériens. Sous le prisme de la formation continue et de la validation des acquis de l'expérience (VAE), deux objets de débats actuels dans la société algérienne, j'aborderai les difficultés rencontrées dans le déploiement, la gestion et l'organisation de dispositifs de formation dans le pays. Toutefois, il ne s'agit pas de traiter simplement de la formation continue des enseignants, à partir de leur témoignage (recueillis au fil de ma recherche), mais de s'en servir tels des agents sociaux et marqueurs d'une histoire exprimant le rapport entre le politique, l'institutionnel et l'individuel. Il est également question de mettre en évidence la façon dont les influences venues d'ailleurs sont mises en œuvre par ces trois niveaux.Pour ce faire, une enquête qualitative réalisée sur la base d'entretiens semi-directifs approfondis, une approche originale utilisant le courant biographique, m'a permis de récolter des témoignages essentiels à notre compréhension du phénomène traité dans la thèse. Sans oublier l'approche quantitative, utile à la préparation de ma recherche en amont, cette enquête a été menée auprès de plus de 63 personnes issues d'horizons différents et apportant ainsi à notre étude la profondeur nécessaire. « Entre-deux », Enseignement supérieur, politique éducative, Algérie, France, Formation continue, VAE, Temporalité.

  • Titre traduit

    Institutional time of algerian higher education. Between autonomy and dependence, a history of between Between everything and nothing, can we live 'the middle'?


  • Résumé

    Off the beaten track, under the singular perspective of the "in-between", the present thesis seeks precisely to understand the development of Algerian educational policy and higher education, between autonomy and dependence (in-between) relative to external injunctions. It discusses how higher education has been built through its history, discussing the weight of the past over the present by identifying influences from regimes, events and components from Middle Eastern countries, France and Russia, having, ultimately, marked the Algerian educational policy that has failed to find its anchor and is therefore always looking for benchmarks to the detriment of the overall quality of education in Algeria.While the colonial period is behind us, there is still in Algerian society a feeling of dependence on the metropolis and its many practices, reminiscent of a past difficult to forget. The practice of French on the territory and in the teaching environment (in particular) plays a key role in this state of affairs. The past is therefore firmly rooted in people's minds, although there is a strong emancipatory will of individuals who are searching for their roots and an Algerian modernity. And, we should also note that the Algerian society is plural in many ways. At the social, cultural, but also political levels, it is characterized by multiple influences, the most prominent of which are Maghrebi, Oriental and French. This plurality has made it difficult for successive regimes to position themselves singularly in many sectors of activity, often promoting inadequate projects.References to the past in the field of education have a great influence on the actions taken, sometimes to the detriment of very complex truths of the Algerian case. This higher education, in a plural Algeria, thus also suffers from an "in-between" at the political, institutional and individual levels (those who make the laws, those who put them in place and those who work with them on a daily basis). In other words, these three levels seem to be frozen between a will and an important need for autonomy and a dependence that can be perceived as legitimate.Under the prism of the continuous training and the validation of acquired experience (VAE), two objects of current debates in the Algerian society, I will tackle the difficulties met in the deployment, the management and the organization of training devices in the country. However, it is not a matter of simply dealing with the continuous training of teachers, based on their testimony (collected during my research), but using it as social agents and markers of a history expressing relationship between the political, the institutional and the individual. It is also a question of highlighting how the influences coming from elsewhere are implemented by these three levels.To do this, a qualitative survey conducted on the basis of in-depth semi-structured interviews, an original approach using the biographical current, allowed me to collect testimonies essential to our understanding of the phenomenon treated in my thesis. Not to mention the quantitative approach, useful for the preparation of my research upstream, this survey was conducted with 63 people from different backgrounds and thus bringing to our study the necessary depth. "In-Between", Higher Education, Educational Policy, Algeria, France, Continuing Education, VAE, Temporality.