Les antiquités incorporées. La corporéité archéologique dans la danse 1786-1826

par Bruno Ligore

Projet de thèse en Arts: danse

Sous la direction de Marina Nordera.

Thèses en préparation à l'Université Côte d'Azur , dans le cadre de École doctorale Lettres, sciences humaines et sociales (Nice ; 1992-2016) , en partenariat avec Université de Nice (établissement de préparation) depuis le 28-11-2014 .


  • Résumé

    La thèse porte sur la documentation et l’analyse des articulations qui se vérifient en Europe entre les pratiques dansées et l’archéologie, à cheval entre le XVIIIe et le XIXe siècle. Cette dernière discipline n’est pas explorée comme une simple « science de l’Homme », mais plutôt en tant qu’expérience sensible des individus, où les vestiges, ainsi que le ruines, ne s’affirment pas comme objets du passé, mais plutôt comme éléments constitutifs d’un présent dynamique. Au-delà de la spéculation académique, les antiquités « font sens » aussi pour les danseurs, qui développent une conscience du passé toute particulière, nourrie d’éléments visuels, imaginaires, spatiaux, tangibles et « praticables ». Comment s’organise la corporéité dansante à l’égard des antiquités ? Quels paramètres physiques – placements du corps, temporalités, tonicités musculaires, niveaux de l’espace – sont sollicités pour rendre visible cette pulsion à incorporer les vestiges ? Comment l’interprète réélabore-t-il ces informations et dans quelles formes tendent-elles à aboutir ? Comment l’environnement antique façonne-t-il le geste ? En somme, qu’est-ce que cela signifie que de « danser une antiquité » à cette époque ? L’étude des réseaux et des certains artistes, ainsi que des échanges dus à la circulation des œuvres, des supports iconographiques, des dessins préparatoires et des discours, montre comment des nouvelles façons d’organiser la corporéité caractérisent la scène – tant publique que privée – et se détachent des expériences précédentes. Ce sont en fait la divulgation des découvertes des sites d’Herculanum et Pompéi, puis les bouleversements politiques et géographiques de l’entre-deux siècles qui marquent les esprits et les tendances, et contribuent à l’affirmation d’un nouveau régime scopique. Cette étude vise ainsi à enquêter les sources qui témoignent d’une recherche posturo-tonique novatrice, mise en avant par des théoriciens, des chorégraphes, des danseurs et des amateurs. La « corporéité archéologique » serait alors une nouvelle catégorie pour définir des techniques corporelles particulières, une définition permettant de mieux saisir l’activité de recherche qui a distingué certains artistes, nous invitant à problématiser l’historiographie des arts de l’époque en question.


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