Essays on the formation of social and economic networks

par Liza Charroin

Projet de thèse en Sciences Economiques


11:00 Lieu envisagé : GATE LSE, site d'Eculy

Sous la direction de Marie-Claire Villeval et de Christophe Bravard.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de École doctorale Sciences économiques et gestion (Lyon) , en partenariat avec École normale supérieure de Lyon (établissement opérateur d'inscription) et de Université Pierre Mendès France (Grenoble) (Etablissement Codirection) depuis le 01-10-2014 .


  • Résumé

    1- INTRODUCTION Le succès de Facebook ou de LinkedIn démontre l’importance des réseaux dans notre société. Un réseau est une institution endogène, créée par les individus eux-mêmes. En retour, ce réseau va impacter sur les comportements et les performances des agents. L’étude théorique, expérimentale et empirique des réseaux permet de mieux comprendre comment et pourquoi ils se forment. Ma thèse a pour but de mettre en lumière les facteurs de la formation des réseaux. Plus précisément, nous chercherons à montrer qu’en plus des facteurs économiques traditionnels (type coût et valeur d’un lien), de nombreux déterminants sociologiques, psychologiques et culturels impactent sur la formation des réseaux. 2- RESEAU ET DIFFUSION DE L’INFORMATION : EMERGENCE D’UN RESEAU ASYMETRIQUE EN LABORATOIRE : Empiriquement, de nombreux réseaux sont asymétriques. En effet, certains agents sont actifs et centraux alors que d’autres sont plus passifs et à la périphérie du réseau. Théoriquement, le modèle de connexions de Bala et Goyal [1] (l’information circule entre deux agents connectés directement ou indirectement et seul l’initiateur du lien supporte son coût) conforte la réalité. Effectivement, il montre que le réseau d’équilibre (de Nash) est "l’étoile" où un joueur (le joueur central) crée un lien avec chaque autre joueur (joueurs périphériques). Cependant, expérimentalement les réseaux asymétriques émergent peu en laboratoire à cause de la position désavantageuse de l’agent central (il paye tous les liens) et des motivations sociales des individus (aversion aux inégalités). Notre objectif est donc d’ajouter certaines propriétés au modèle de Bala et Goyal pour atténuer les motivations sociales et permettre l’émergence d’un réseau asymétrique théoriquement et en laboratoire. Nous ajoutons trois propriétés : la séquentialité du processus de formation du réseau pour que les joueurs aient une meilleure capacité d’analyse stratégique, l’hétérogénéité des caractéristiques (valeur et coût du lien) pour traduire les différences de facilité des agents à créer des contacts et l’endogénéité des caractéristiques pour renforcer le sentiment de légitimité. Théoriquement et expérimentalement, le réseau en étoile devrait émerger plus facilement avec ces conditions. 3- RESEAU ET COLLABORATIONS : EFFET DE L’HETEROGENEITE DES COMPETENCES SUR LA FORMATION DU RESEAU Contrairement à la première partie, nous nous focalisons ici non plus sur la diffusion d’information mais sur les collaborations créées. Les agents ont des niveaux de compétence hétérogènes. Ils peuvent collaborer avec d’autres agents [2] et doivent fournir un certain niveau d’effort pour créer et maintenir cette collaboration. Ce niveau d’effort peut être assimilé à un coût et est négocié entre les deux parties. Notre objectif pour cette partie est d’analyser l’importance de la négociation pour la formation des liens ainsi que l’influence de l’hétérogénéité sur la structure du réseau. Chaque individu possède donc un certain pouvoir de marchandage qui dépend de sa propre valeur et de la valeur du partenaire (plus le partenaire a une forte valeur, plus le pouvoir de marchandage est faible et l’effort à fournir est fort). De plus, la règle de partage des coûts n’est pas forcément proportionnelle à la différence de compétences. Le modèle et l’expérience nous permettront de voir laquelle de ces deux situations va émerger : les agents vont se lier à des individus différents (plus compétents, ou moins compétents mais moins coûteux en termes d’effort) ou à des individus similaires (pouvoir de marchandage plus équitables et négociation plus intéressante). 4- RESEAU CONTRAINT ET HOMOPHILIE Finalement, la dernière partie de ma thèse sera consacrée à l’homophilie. Cela décrit la tendance des individus à créer des liens avec des personnes qui leur ressemblent. Les applications et les domaines sont divers (enquête de McPherson, Smith-Lovin et Cook [3]). Plus particulièrement, nous centrerons l’analyse sur le genre. En effet, dans de nombreuses situations, les hommes et les femmes sont connectés à des pe


  • Résumé

    Rsonnes de même sexe. Nous ajoutons un deuxième constat sociologique : il existe des disparités quant à la nature des liens créés chez les hommes et les femmes. Les femmes ont tendance à développer des liens moins nombreux mais ces liens sont plus forts (appelés "strong ties"), alors que les hommes créent beaucoup de liens, mais de plus faible intensité, appelés "weak ties" [4]. Mon but est de comprendre les différences de résultats économiques entre hommes et femmes en analysant l’influence de l’homophilie de genre sur l’architecture du réseau et les gains individuels. Des travaux théoriques existent sur l’étude de l’homophilie. Notre objectif sera de l’axer sur l’homophilie de genre et de le tester en laboratoire. Empiriquement, nous analyserons dans une entreprise les conséquences des relations homophiles au travail sur le salaire et les opportunités de carrières. Le résultat le plus probable est que l’homophilie a un impact négatif sur les résultats économiques, en particulier chez les femmes. RÉFÉRENCES [1] Venkatesh Bala and Sanjeev Goyal. A noncooperative model of network formation. Econometrica, 68(5) :1181–1229, 2000. [2] Marcel Fafchamps, Marco J van der Leij, and Sanjeev Goyal. Scientific networks and coauthorship. Department of Economics, University of Oxford, 2006. [3] Miller McPherson, Lynn Smith-Lovin, and James M Cook. Birds of a feather : Homophily in social networks. Annual review of sociology, pages 415–444, 2001. [4] Paul Seabright. The war of the sexes : how conflict and cooperation have shaped men and women from prehistory to the present. Princeton University Press, 2012.