Au-delà de la rédemption : la crise de la souveraineté et le retour de la mélancolie

par Marjan Mohammadi

Thèse de doctorat en Littératures générales et comparées

Sous la direction de Isabelle Alfandary et de Samuel Weber.

Thèses en préparation à Paris 3 en cotutelle avec Northwestern university , dans le cadre de École doctorale Mondes Anglophone, Germanophone, Iranien, Indien et Etudes Européennes (Paris) , en partenariat avec Langues, Textes, Arts et Cultures du Monde Anglophone (laboratoire) depuis le 24-11-2014 .


  • Résumé

    Cette thèse porte sur l'étude de la relation entre la mélancolie et le développement des discours littéraires Iraniens et Américains en réaction à la crise de la souveraineté de l'après-guerre. Elle se situe dans le contexte complexe des relations entre les États-Unis et l'Iran depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle rend lisible l'impact continu de la religion sur la formation de la souveraineté politique et sur les représentations du moi dans les romans de Thomas Pynchon, Simin Daneshvar et Houshang Golshiri. Le premier chapitre se concentre sur L'arc-en-ciel de la gravité pour montrer la mélancolie de ceux qui sont exclus de l'idéologie libérale de la souveraineté américaine. Le deuxième chapitre montre comment le cri de deuil causée par la perte de la souveraineté iranienne dans Savūshūn de Daneshvar est transformé en un cri d'action révolutionnaire. Le troisième chapitre révèle comment Mason & Dixon de Pynchon souligne un sens de responsabilité politique et un sentiment de culpabilité causée par l’exclusion du récit de la souveraineté par son utilisation d’une temporalité mélancolique et disjointe. Le quatrième chapitre examine comment la pulsion mélancolique des roman de Golshiri transforme son écriture en une forme de continuité déplaceé, qui mine non seulement la foi en la figure du sauveur-souverain, mais aussi la clôture totale du sens. Le chapitre cinq étudie la "paranoïa" dans le récit de Pynchon, non seulement en tant que technique de narration, mais aussi comme technique pour dépasser les inquiétudes de la finitude et pour renforcer la fiction du moi souverain. “Au-delà de la rédemption” conçoit la mélancolie comme un concept analytique pour révéler les mécanismes d'exclusion, à l’intérieur et en dehors du récit de souveraineté, afin de mettre en lumière le fait que la préoccupation de ces auteurs avec la mélancolie n'est pas un retrait passif du monde, mais plutôt un véritable fondement d'action politique.

  • Titre traduit

    Beyond Redemption : the Crisis of Sovereignty and The Return of Melancholy


  • Résumé

    This dissertation investigates the relationship between melancholy and the development of American and Iranian literary discourses as responses to the crisis of postwar sovereignty. While situating itself against the complicated backdrop of US/Iran relations since the Second World War, it explores the impact of religion on the formation of political sovereignty and on representations of the self in the novels of Thomas Pynchon, Simin Daneshvar, and Houshang Golshiri. Chapter 1, which focuses on Pynchon’s Gravity’s Rainbow, explores the melancholy of those who are excluded from the liberal narrative of sovereignty. Chapter 2 shows how in Daneshvar’s Savūshūn the cry of mourning for the loss of Iranian sovereignty is harnessed into a cry for revolutionary action. Chapter 3 reveals how Pynchon’s Mason & Dixon underlines a sense of political responsibility and guilt for the exclusions from the American narrative of sovereignty through the use of disjointed melancholic time. Chapter 4 analyzes how the melancholic drive of Golshiri’s novels turns his writing into a form of jolted continuity, which undercuts not only the faith in the figure of sovereign-savior but also the total closure of meaning. Chapter 5 argues that in Pynchon’s novels paranoia functions not as a narrative technique but as a technique to overtake the anxieties of finitude and to reinforce the fiction of sovereign self. “Beyond Redemption” uses melancholy as an analytic tool to reveal the mechanisms of exclusion within and without the narrative of sovereignty so as to illuminate these writers’ engagement with melancholy is not a desperate or passive withdrawal from the world but rather the very basis of political action.