Le style dans l'œuvre en traduction : autorité et auctorialité.

par Stephan Lambadaris

Thèse de doctorat en Langues, littératures et civilisations anglophones

Sous la direction de Michaël Oustinoff.

Thèses en préparation à Côte d'Azur , dans le cadre de École doctorale Sociétés, humanités, arts et lettres (Nice ; 2016-....) , en partenariat avec Université de Nice (établissement de préparation) depuis le 19-11-2014 .


  • Résumé

    Cette thèse examine le rapport stylistique et esthétique entre l'original et la traduction : l'écrivain et le traducteur écrivent chacun leur version de l'œuvre, l'une auctoriale, l'autre allographe. Le terme « auctorial » peut donc aussi s'appliquer au traducteur, auteur de la traduction et juridiquement reconnu comme tel. En partant du principe qu'à la lecture, un auteur peut s'identifier à son style d'écriture, il s'agit de montrer en quoi le traducteur a un style propre se démarquant de celui de l'auteur de l'original, en termes de créativité et de faits de style. Cela posé, il restera à déterminer dans quelle mesure l'un ou l'autre de ces deux auteurs, par son style, s'approprie l'œuvre, autrement dit, à qui revient l'autorité en ce qui concerne l'œuvre, en prenant en compte l'action des autres parties prenantes dans l'écriture, comme l'éditeur et même le lecteur : on verra ainsi que l'autorité est une variable. On peut dire que l'écrivain et le traducteur entreprennent une coopération, au sens étymologique, pour l'écriture de l'œuvre. Pour identifier le style d'un traducteur, on s'intéressera au style qu'un même écrivain développe dans différentes productions, et à celui qu'un même traducteur utilise dans différentes traductions. On essaiera d'en déduire quelle évolution stylistique a lieu d'une production à une autre, et d'une traduction à une autre. À la suite de ces analyses, on cherchera à en tirer des enseignements sur l'apprentissage du style en traduction, dans le cadre de la co-écriture de l'œuvre. Cela nous mènera à une réflexion sur la perception subjective de « fautes » de style dans la traduction et sur l'impossibilité d'une version « définitive » de l'œuvre.


  • Résumé

    This thesis is about style in translation and its implications for both authoriality and authority. It examines the stylistic and esthetic relationship between the original text and its translation: the writer and the translator write different versions of the literary work; one is authorial, the other is allographic, in the etymological sense of the term. The term "authorial" may actually also refer to the translator as the author of the translation, recognized as such by French copyright law. On the assumption that the reader will identify an author by their writing style, the goal is to show in what way the translator's own style sets off from the original author's in terms of creativity and stylistic features. Then we will aim to determine to what extent either of these two authors can stylistically claim the literary work; in other words, which of these two authors has the authority related to the literary work, taking into account those involved in the writing process, such as the editor or even the reader: we will see that the authority is a variable. The writer and the translator can be said to undertake cooperation for the writing of the literary work. In order to identify the style of the translator, the focus will be placed on the style a writer develops in various productions and on the style a translator uses in various translations. We will also try to infer what stylistic evolution takes place from one production to another and from one translation to another. Following those analyses we will seek ways to develop one's writing style in translation in the context of the co-writing of the literary work. This will lead us to reflect on the subjective perception of stylistic "flaws" in the translation and on the impossibility of a "definitive" version of the literary work.