La pensée sonore du corps. Pour une approche écologique à la médiation technologique, au mouvement et à l'interaction sonore.

par Andrea Giomi

Thèse de doctorat en Arts vivants dominante musique

Sous la direction de Jean-François Trubert et de Enrico Pitozzi.

Thèses en préparation à Côte d'Azur en cotutelle avec l'Università degli studi (Bologne, Italie) , dans le cadre de École doctorale Sociétés, Humanités, Arts et Lettres (Nice) , en partenariat avec Université de Nice (établissement de préparation) depuis le 14-11-2014 .


  • Résumé

    Au cours des dernières années, l’avènement des technologies de captation du mouvement a radicalement transformé l’univers de la pratique artistique tout en ouvrant des perspectives inédites pour la recherche scientifique. La musique est actuellement l’un des domaines les plus impliqués dans ce renouvellement expressif et épistémologique. Dans ce cadre, les processus d’interaction entre médiation technologique, mouvement et son, semblent se décliner selon deux modalités majeures : d’une part, les technologies d’analyse du mouvement permettent d’étudier expérimentalement la connexion mutuelle entre phénomène acoustique et système sensori-moteur; de l’autre, la compréhension de la nature incarnée de l’expérience musicale oriente la conception et le développement de technologies interactives pour la performance vers un modèle plus holistique. En partant de ces prémisses, cette thèse porte sur la manière dont la transformation des aspects imperceptibles du mouvement en données perceptibles – sous forme de son – permet de prendre conscience des processus physiologiques et figuratifs qui sont à la base du geste. Dans ce contexte, la relation entre mouvement et feedback sonore est analysée selon une perspective écologique visant à mettre en lumière comment la médiation technologique induit un processus d’extension et d’intensification autopoïétique de l’anatomie corporelle. Notamment dans le cas de la pratique performative, l’interaction sonore offre alors au performeur la possibilité de redéfinir sa propre organisation perceptive sur la base d’un un nouveau répertoire des données sensorielles, lui permettant ainsi de repenser la composition expressive du mouvement.


  • Résumé

    During the last years, motion sensing technologies have radically transformed the universe of the artistic practice. This dramatic change has recently inspired new perspectives in scientific research. Music is actually among the most affected domaines by this expressive and epistemological renewal. The interactive relation between mediation technology, movement and sound, seems to be declined into two main modalities : on one hand, movement analysis’ technologies allow to study mutual connections between acoustic phenomenon and sensorimotor system, on the other hand, embodied understanding of musical experience can help to devise an holistic approach to interactive systems conception and development. Given this background scenario, this thesis focuses on how movement’s qualities transformation into sound allows the performer to become aware of physiological and imaginative processes in gesture composition. In this framework, sound feedback-movement relation is analyzed from an ecological point of view. According to this approach, mediation technology seems to elicit an autopoietic process of extension and intensification of corporeality. Especially in the artistic performance, sound interaction offers to performer a new sensorial geography that allows him/her to renew his/her perceptive organization and thereby rethink expressive composition of movement.