Les rapports entre pouvoir séculier et pouvoir religieux dans la pensée d’Ali Abd al-Razeq

par Mohamed Boudiaf

Projet de thèse en Linguistique, Littérature et civilisation Arabes

Sous la direction de Floreal Sanagustin.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de 3La - Lettres lingusitique langues et arts depuis le 11-12-2013 .


  • Résumé

    Cette étude est basée sur l’ouvrage : d’Ali Abd al-Razeq L’islam et les fondements du pouvoir une nouvelle traduction et introduction de Abdou Filali-Ansary, éd La Découverte, janvier 1994. Le débat islam / politique prend une grande place de nos jours. Ainsi, on peut constater deux sphères de réflexions : - La première, dans les pays dit du nord (occident). - La seconde, les pays musulmans. Souvent les réflexions divergent, voire sont complètement opposées. Dans les pays islamiques, la publication de l'ouvrage d’Ali Abd al-Razeq en 1925 avait constitué un événement majeur. Depuis cette date, les remous auxquels l'ouvrage a donné lieu ne peuvent plus être ignorés, et le problème ne peut plus être abordé comme auparavant. L'approche adoptée par cet auteur a en effet relancé le débat sur des bases entièrement nouvelles. Elle représente un moment décisif qui a fortement influencé les développements historiques et les analyses théoriques au cours des décennies qui ont suivi. En revanche, en Occident, le débat se déroule comme si Abd al-Razeq et toute l'évolution qui s'est enclenchée à partir de son ouvrage, toute la pensée arabe contemporaine, n'avaient jamais existé. D’où l’intérêt de notre recherche qui remet en lumière un auteur qui a influencé la pensée politique arabe bien avant d’autres auteurs de la période des réformes. Ali Abd al-Razeq (1888-1966), théologien égyptien, était docteur de l'Université d'Al-Azhar et juge au tribunal islamique de Mansourah. Proche de Mohamed Abduh , il porte avec acuité une exigence de clarté et de rationalité au sein même des croyances enracinées dans la conscience islamique, avance des thèses qu'il analyse et argumente, prenant soin de réfuter la contre-argumentation dans le plus pur modèle de la réflexion d'école, en s'appuyant sur ses prédécesseurs et ses adversaires, ainsi que sur les références adéquates du Coran et de la Sunna. Le tout dans un style qu'Abdou Filali-Ansary a su débarrasser des lourdeurs de l'expression dans sa traduction, tout en en respectant l'esprit. L’objectif de ce travail est d’étudier les rapports entre pouvoir séculier et pouvoir religieux. Notre recherche part de l’hypothèse qui est celle d’Ali Abd al-Razeq, c’est-à-dire le califat ou l’imamat ne trouvent aucun fondement religieux, notamment dans le Coran. Nous allons tenter tout au long de ce travail, de répondre aussi aux questions suivantes : - Quelle influence a eu le contexte historique des années 20 sur la réflexion de notre auteur ? - L’islam répond-il vraiment à la question de la légitimité d’un pouvoir terrestre ? - Comment le pouvoir politique a évolué du prophète passant par les califats à l’époque de notre auteur ? - Comment approcher les conclusions avancées par Ali Abd al-Razeq ? Pour démontrer l’hypothèse avancée, nous allons, dans un premier temps, analyser le contexte historique dans lequel notre auteur a écrit et l’influence de ce dernier sur sa réflexion. Dans un second temps, nous donnerons un aperçu des différents systèmes politiques conçus en Islam depuis la mort du Prophète jusqu’à la période à laquelle écrit notre auteur. Dans un troisième temps, nous analyserons les conclusions avancée par notre auteur à la fin de son livre et voir dans quelle mesure elles sont en accord avec son idée de départ. Enfin, une approche à la lumière des thèses avancées par notre auteur, nous tenterons de répondre à la question : quelle laïcité pour le monde arabo-musulman ? En nous appuyant sur son ouvrage.


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