L'exil et le féminin dans leur rapport à l'étranger. Approche psychanalytique et anthropo-philosophique.

par Audrey Picquet

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Rajaa Stitou.

Thèses en préparation à Aix-Marseille , dans le cadre de Cognition, langage, éducation (356) .


  • Résumé

    Le thème de l’exil, très présent dans l’actualité, constitue le substrat de cette réflexion. Orientée par la psychanalyse, dans ce qu’elle interroge l’articulation du psychisme à la Culture (soit du singulier au collectif), nous avons été amenée à faire un premier détour par la théorie afin de comprendre la part d’énigme du féminin, avant que d’entrevoir avec l’apport de l’anthropologie, la façon dont cette énigme est traitée dans la Culture, et ainsi de repérer les incidences de l’exil géographique sur l’exil et le féminin. En effet, si l’exil (celui-ci étant à entendre comme psychique), renvoie à l’étranger en soi, le féminin apparaît pour les femmes, comme un redoublement d’énigmes, exil et féminin les concernant en leur rapport à l’inconnu. En outre, émerge depuis ces différents témoignages, la question suivante : « qu’en est-il du féminin pour elles, en contexte d’exil géographique ? ». La fragilisation des constructions symboliques culturelles soutenant ces sujets dans leur rapport à un « sentiment d’identité » et dans leur lien à l’Autre, vient précariser leurs repères, modifiant ce qui les unit dans leurs représentations à leur être femme, notamment à l’adolescence, temps de rencontre du féminin. S’ouvre alors une alternative pour ces femmes exilées subissant cette dégradation des processus métaphoriques culturels : la créativité ou le ravage. Lorsque l’étranger n'est pas vécu comme un danger, mais comme un insu porteur d’ouverture, elle est le lieu d’où surgit l’invention. A l’inverse, s’il est perçu comme une menace venant de l’extérieur, c’est le risque pour elles d’une désertion subjective où le désir vient à être gangréné dans un lien de contagion.

  • Titre traduit

    Exile and femineity in their relationship with unknown, psychoanalytic, anthropological and philosophical approach


  • Résumé

    Exile, a very topical question, makes the substratum of this thought. A growing number of works deal with this question, that we have developed here, according to the reading of exiled women books, under a stalling angle of femineity for women. Directed by the psycho-analysis in its questioning the link between psychism and culture, we have been led to take a by-way with the theory in order to understand the enigmatical part of femineity, before having a hint about the way this question is treated by Culture with the help of Anthropology, and feel the consequences of geographic exile on exile and femineity . As a matter of fact, if exile (psychical one) sends someone to one’s unknown part, femineity appears for women as a redoubling of enigmas, as they are dealing with exile and femineity in their intercourse with the extraneous. Besides, the following question comes into view from the different witnesses: “what about femineity for hers, in geographic exile context? “ The instability of cultural systems of symbols, upholding those individuals with regard to an “identity feeling “and their bond to the “Other”, makes their landmarks precarious, altering what unites them in their representation of “being a woman “, especially during teenage, experiencing time with femineity . An option then starts for these exiled women, who undergo damaged cultural metaphorical processes: creativity or “ravage”. When the unknown is not considered as a danger but as an opening, it is a place for contriving. On the opposite, if it is considered as a threat coming from outside, they run the risk of a subjective desertion where their desire is cankered in a bond of contagiousness.