Ethnobotanique et herboristerie paysanne en France - Anthropologie de la relation des hommes au végétal médicinal

par Carole Brousse

Projet de thèse en Ethnologie

Sous la direction de Valerie Feschet.

Thèses en préparation à Aix-Marseille , dans le cadre de Espaces, cultures, sociétés (355) depuis le 11-12-2013 .


  • Résumé

    L’herboristerie, activité consacrée à la préparation et à la vente de plantes médicinales, se renouvelle depuis les années 1970 autour d’une multitude d’acteurs aux objectifs et modèles économiques très différents. A la même période, l’ethnobotanique, discipline vouée à l’étude des relations flore-société, est investie par des acteurs non-institutionnels, qui entament au début des années 1980 le recueil des savoirs naturalistes populaires. Ce travail porte sur les producteurs-cueilleurs de plantes médicinales (paysans-herboristes) et sur les savoirs et savoir-faire qu’ils mobilisent dans leur travail. Il s’agit de s’intéresser à la relation que ces professionnels tissent avec le végétal et à la façon dont ils utilisent l’ethnobotanique pour asseoir la légitimité de leurs pratiques. L’approche choisie repose sur l’articulation des terrains suivants : ethnographie du séminaire d’ethnobotanique du musée de Salagon, analyse des collections d’artefacts à caractère végétal conservées au musée du quai Branly et au Muséum national d’Histoire naturelle, ethnographie multi-située des arènes de l’herboristerie française, monographie du métier de paysan-herboriste. En échangeant des savoirs sur les propriétés médicinales du végétal, il apparaît que ces différents acteurs, institutions de la recherche et du patrimoine d’une part, paysans-herboristes d’autre part, participent à un processus de production collective de connaissances sur les plantes orienté vers le développement de l’autonomie thérapeutique.


  • Résumé

    Herbalism, or the activity of preparing and selling medicinal plants, has been going through a phase of renewal since the 1970’s, thanks to the actions of various participants whose goals and economic structures markedly differ from one another. During the same period, the field of ethnobotany, which focuses on the relationships between plants and societies, has seen the emergence of new players who, independantly from institutions, started in the early 1980’s to collect popular naturalistic knowledge. Their work is concerned with the producer-pickers of medicinal plants (farmer-herbalists) and with the knowledge and know-how that their activity requires. The focus is on these professionals’ relationship to the plant world and on their use of ethnobotany as an argument to legitimise their practices. The approach chosen in this research work relies on the combination of the following field studies : an ethnographical account of the seminar in ethnobotanics hosted by the museum of Salagon ; an analysis of the plant artefacts kept in the musée du quai Branly and in the Muséum national d’Histoire naturelle ; a geographically diversified ethnographical study of the various arenas of French herbalism ; a monography on the profession of farmer-herbalist. It appears that, through an exchange of knowledge about the medicinal properties of plants, each of these many participants – institutions of research and conservation on the one hand, farmer-herbalists on the other hand – contributes to the constitution of a collective body of knowledge on plants which promotes therapeutic autonomy.