Ethnobotanique et herboristerie paysanne en France - Anthropologie de la relation des hommes au végétal médicinal (deuxième moitié du XXe siècle - première moitié du XXIe siècle)

par Carole Brousse

Projet de thèse en Archeologie, ethnologie, prehistoire

Sous la direction de Valerie Feschet.

Thèses en préparation à Aix-Marseille , dans le cadre de Espaces, cultures, sociétés (355) , en partenariat avec Institut d'Ethnologie Méditerranéenne, Européenne et Comparative (equipe de recherche) depuis le 11-12-2013 .


  • Résumé

    L’herboristerie, activité consacrée à la préparation et à la vente de plantes médicinales, se renouvelle depuis les années 1970 autour d’acteurs aux pratiques techniques et approches scientifiques divergentes. Parmi eux, des paysans-herboristes cultivent, cueillent puis transforment eux-mêmes les espèces végétales qu’ils commercialisent tout en mobilisant les usages de la médecine végétale populaire transmis par l’ethnobotanique pour qualifier leurs qualités thérapeutiques. L’ethnobotanique est une discipline vouée à l’étude des relations flore-société investie notamment par des acteurs non-académiques qui travaillent sur le recueil des savoirs naturalistes populaires. La thèse met en lumière les ressorts de la relation que les paysans-herboristes tissent avec le végétal et la façon dont ils utilisent l’ethnobotanique pour asseoir la légitimité de leurs pratiques. En échangeant des savoirs sur les propriétés médicinales du végétal, il apparaît que les institutions de la recherche et du patrimoine d’une part, les paysans-herboristes et les ethnobotanistes d’autre part, participent à un processus de production collective de connaissances sur les plantes orienté vers le développement de l’autonomie thérapeutique. La thèse met également en évidence l’attention particulière des paysans-producteurs aux vulnérabilités humaines et végétales et la prise en compte de l’intentionnalité des plantes qui caractérise leur pratique de l’herboristerie. Les données de terrain ont été recueillies dans différents contextes entrelacés : les institutions patrimoniales et scientifiques (séminaires de l’ethnopôle de Salagon, collections ethnobotaniques du musée du quai Branly et du Muséum national d’Histoire naturelle), les arènes de l’herboristerie française et les fermes des paysans-herboristes.

  • Titre traduit

    Ethnobotany and Herbalism in France - An Anthropology of the Relations between Humans and Medicinal Plants (second half of the 20th Century - first half of the 21st Century)


  • Résumé

    Herbalism, or the activity of preparing and selling medicinal plants, has been going through a phase of renewal since the 1970’s, thanks to the actions of various participants whose technical practices and scientific approaches markedly differ. Among them, are the farmer-herbalists, who grow and pick medicinal plants, which they transform and commercialise, mobilising the traditions of popular plant medicine relayed by ethnobotany in order to describe their therapeutic properties. Ethnobotany, a field of study which focuses on the relationships between plants and societies, is being invested by new players who, independently from academic institutions, work to collect popular naturalistic knowledge. This doctoral thesis proposes to shed light on the dynamics underlying the relationship that farmer-herbalists establish with the plant world, and on their use of ethnobotany as an argument to legitimise their practices. It appears that, through an exchange of knowledge about the medicinal properties of plants, institutions of research and conservation on the one hand, farmer-herbalists and ethnobotanists on the other hand, both contribute to the constitution of a collective body of knowledge on plants which promotes therapeutic autonomy. The thesis also emphasizes that the farmer-producers are particularly attentive to the vulnerabilities of both humans and plants, and that they take the plants’ intentionality into consideration – a defining characteristic of their herbalistic practices. The field data was collected in an array of varied, though intermingled, contexts: conservation and scientific institutions (the seminar of the centre for ethnology of Salagon, the ethnobotanical collections of the musée du quai Branly and the Muséum national d’Histoire naturelle), the various arenas of French herbalism, and the farms of the farmer-herbalists.