Esthétique de la disparition et intermédialité sur la scène de l'extrême-contemporain

par Filip Dukanic

Thèse de doctorat en Théâtre

Sous la direction de Joseph Danan et de Jean-Marc Larrue.

Thèses en préparation à Paris 3 en cotutelle avec l'Université de Montréal , dans le cadre de École doctorale Arts et médias (Paris) depuis le 01-09-2015 .


  • Résumé

    Consacrée à la multiplication des spectacles à haute teneur technologique, cette thèse porte sur la question de la disparition du comédien de la scène, selon une approche intermédiale. Le postulat de base est que le théâtre est un média, incorporant divers autres médias, approche actuellement très débattue à l’intérieur du champ théâtral. Ainsi, la recherche est orientée vers les pratiques européennes et nord-américaines d’aujourd’hui, à savoir les spectacles mis en scène depuis l’an 2000 jusqu’à nos jours (Castellucci, Vorn, Goebbels). Pour désigner les spécificités scéniques de cette période, le terme « extrême-contemporain » est mobilisé. Il accrédite les techniques et les technologies les plus récentes dans la fabrique du théâtre dont les artistes conceptualisent des scénarios possibles de l’avenir. Aiguillonné par un tel réflexe techno-scientifique, ce travail de recherche explore également plusieurs concepts déferlant actuellement sur la scène intellectuelle savante, tels que l’excommunication (Galloway), les Nouveaux matérialismes (Barad) et le posthumanisme (Besnier). Afin de mieux rendre compte de la portée scientifique de ces courants de pensée, la thèse s’appuie sur la notion d’entropie, issue de la physique. L’hypothèse qui sous-tend la démarche est que ces théories opèrent une entropie, induisent de cette façon une épistémologie unitaire nouvelle. L’auteur de ce texte explore les liens entre ces théories et le spectacle vivant extrême-contemporain, en défendant la thèse que l’analogie entre eux permet une meilleure compréhension à la fois de ce qui se passe dans le paysage scénique actuel et dans l’horizon intellectuel encore à venir.

  • Titre traduit

    Aesthetics of disappearance and intermediality of extreme-contemporary scene


  • Résumé

    Focused on the increase of theatre shows with a high degree of technological involvement, this thesis deals with the question of the disappearance of the living actor on the stage, with an intermedial approach. The basic postulate is that the theatre is a media, incorporating diverse media, an approach currently very much debated inside the theatrical academic community. Thus, this research is oriented towards today’s European and North American practices, namely the performances staged since the year 2000 until today (Castellucci, Vorn, Goebbels). In order to designate the scenic specificities of this period, the term "extreme-contemporary" is introduced. It accredits the most recent techniques and technologies in the theatre productions whose artists conceptualize possible scenarios of the future. Guided by such a techno-scientific reflex, this research work also explores several concepts currently sweeping the scholarly intellectual scene, such as excommunication (Galloway), New-materialisms (Barad) and posthumanism (Besnier). In order to better account for the scientific significance of these currents of thought, the thesis relies on the notion of entropy, derived from physics. The hypothesis underlying the approach is that these theories operate an entropy, thus inducing a new unitary epistemology. The author of this thesis explores the links between these theories and the extreme-contemporary live performance, defending the idea that the analogy between them allows both a better understanding of what is happening on the current scenic landscape and on the intellectual horizon yet to come.