Changement climatique et gouvernance des risques environnementaux : quels modèles de gouvernance ? Cas de l'estuaire du fleuve Sénégal.

par Cheikh Ba

Projet de thèse en Sciences du territoire

Sous la direction de Jean Lapeze et de Felwine Sarr.

Thèses en préparation à Grenoble Alpes en cotutelle avec l'Université Gaston Berger de Saint-Louis , dans le cadre de Sciences de l'homme, du Politique et du Territoire , en partenariat avec Pacte, Laboratoire des sciences sociales (laboratoire) et de Territoires (equipe de recherche) depuis le 01-10-2014 .


  • Résumé

    Le verbe adapter, provient du latin apere qui traduit lier ou attacher, son participe passé aptus (apte) ajouté à la locution ad, a donné le verbe adaptare. Emprunté au latin dès le XVIII ° siècle pour traduire concrètement appliquer, puis au figuré mettre en accord avec quelque chose. L'adaptation dérive du latin médiéval adaptatio, attesté au XIII ° siècle, mais généralisé en français puis en anglais au XVI ° siècle pour désigner l'action d'adapter au sens d'ajuster. En outre, faisant l'objet des études du vivant. L'utilisation de la notion reste essentielle en biologie. Car elle comporte diverses terminaisons biologiques. Par exemple : adaptation biologique, physiologique ou évolutionniste (Bock, 1980). Cependant, il existe une dualité sémantique du terme qui rend difficile sa définition et sa compréhension. Néanmoins, il reste un concept assez glissant et non consensuel (Huneman, 2005). Encore, l'adaptation biologique désigne un processus qui peut se traduire au niveau individuel (résultant d'une organisation génétique), au niveau cellulaire (le système immunitaire est capable de perception et d'apprentissage). On parle dans ce cas d'acclimations ou d'entrainement en physiologie (Prochiautz, 1997). Puis, en psychologie elle est centrale dans la modélisation psychologique. L'adaptation est même définie comme le processus qui entoure l'incessante interaction entre l'homme et le monde en mouvement dans lequel il évolue. De plus, dans la psychologie clinique on parle d'une conception de l'adaptation, grâce à la découverte de l'inconscient via la psychanalyse et ses implications dans l'évolution identitaire. Et, en anthropologie le terme adaptation est relativement absent des dictionnaires et des glossaires d'ouvrages d'anthropologie française, alors qu'en anglais on retrouve des termes comme adaptation ou ajustement (Boute et Izard, 2007). Un concept phare dans les écoles américaines d'anthropologie. Dans la mesure où, elle est abordée par Robson qui fait partie des premiers utilisateurs du terme dans les écoles américaines d'anthropologie. L'auteur traite le concept dans son ouvrage qui traite l'utilisation du concept d'adaptation en anthropologie . Dans ses travaux, il définit le concept d'adaptation comme suit : « le processus par lequel les organismes ou populations d'organismes effectuent des ajustements biologiques ou comportements qui facilitent ou assurent leur succès reproducteur, et donc leur survie, dans leur environnement. Le succès ou l'échec des réponses adaptatives peuvent uniquement se mesurer sur le long terme et les conséquences évolutives des comportements observés ne sont pas prédictibles » (Bates, 2005). Toutefois, c'est dans l'histoire anthropologique américaine, que le concept prendra sa place jusqu'à la fin des années 1950. De plus, aujourd'hui dans l'anthropologie sociale le concept d'adaptation culturelle, englobe tous les comportements et les réponses acquises (socialement ou par l'apprentissage) affectant la survie humaine (reproduction, approvisionnement et habitat). Mais encore, en sociologie le mot adaptation est utilisé rarement. Les mots qui sont utilisés sont : acculturation, socialisation ou déviance (Etienne et al, 2005). Néanmoins, le concept existe en sociologie via l'adaptation sociale, qui s'attarde sur les changements, chez l'individu, à l'origine du développement des aptitudes à s'intégrer et à acquérir un sentiment d'appartenance à un groupe (Boudon, 2002). En effet, l'adaptation sociale et culturelle se retrouvent à travers des points communs comme l'inadaptation et l'adaptation psychologique et s'inscrivent dans des concepts d'intégration sociale et de socialisation, ce dernier requérant qu'un individu ait intériorisé et intégré les modèles, les valeurs et les symboles du milieu à la structure de sa personnalité pour y communiquer et évoluer avec facilité. Cependant, l'adaptation sociale ne traduit pas « conformité », puisque l'adaptation à un milieu peut introduire la notion d'innovation ou de modification (Rocher, 1992). Suite aux travaux du sociologue Rocher en 1992, Edouard Morin se rapproche de l'épistémologie que de la sociologie, articulant anthropologie sociale avec les sciences de la nature à partir des concepts d'organisation et de système. L'adaptation est alors comme le processus au cœur du changement, par lequel un système complexe accroît sa complexité en diminuant ses contraintes. L'auteur explique que le concept d'adaptation lui même est entrelacé dans une boucle conceptuelle qui mélange auto-organisation, éco-organisation et évolution. Par conséquence la notion varie et se transforme. Assez pour que, la fonction de l'adaptation est considérée comme un principe d'organisation qui permet de comprendre les relations entre les parties du système et le système lui même (Simonet, 2009). En effet, l'adaptation est un processus endogène qui permet à un système soit d'assimiler la nouveauté, soit de modifier sa structure interne pour assimiler cette nouveauté. Et, dans la sociologie des organisations, le terme est abordé de manière différente. Dans cette sous-discipline des sciences humaines et sociales on précise que face au changement de nature sociale, économique et technologique. Il existe des organisations résistantes. Non seulement, pour éviter de disparaître, elles doivent se transformer en acceptant un changement graduel et permanant, plutôt que subi et brutal. Dans une autre discipline comme la géographie. Le concept est assimilé à la notion du milieu naturel. Cette conception de milieu naturel implique une intégration physique ou sociale, et du naturel au culturel. En géographie, le mot se développe en suivant un sens déterministe dans sa relation avec les êtres vivants, avant d'intégrer une vision complexe interdisciplinaire et systémique (Blanc – Pamard, 2007). C'est à dire, les réflexions sur la répartition des humains et l'influence du milieu sur ces populations. L'argument explicatif y va du dessein divin, lequel a « toujours bien accueilli les théories environnementales, parce que ces deux systèmes reposent sur le concept d'adaptation » du vivant à son environnement (Glacken, 2007). Tout bien considéré, comme dans la plupart des disciplines en sciences humaines et sociales, la place du mot adaptation a été débattue à travers des approches épistémologiques qui tournent autour de cette question : quelle place à donner aux humains dans la nature ? Si bien que, la géographie s'intéresse aux êtres humains. Cette géographie humaniste, prendra progressivement la place qui prévalait à la géographie physique (Reghezza, 2007). C'est ainsi que, l'épistémè des experts climatiques Post-GIEC tourne autour d'une réflexion des hommes et de leurs milieux naturels. Désormais, on pose les prémices réflexives qui vont permettre aux Hommes de s'adapter aux différents contextes (environnementaux, sociaux) menaçant les intérêts économiques, environnementaux et sociaux de nos sociétés. C'est à dire savoir s'adapter avec des stratégies scientifiques et politiques.

  • Titre traduit

    Climate change and governance of the environmental risks: what models of governance? Case of the estuary of the Senegal River.


  • Résumé

    The verb adapt, comes from the Latin that translates APERe bind or tie, his past participle aptus (adapted) added to the ad phrase, gave adaptare verb. Latin borrowed from the eighteenth century to translate the practical implementation and figuratively to agree with something. The adaptation derives from the medieval Latin adaptatio attested in the thirteenth century, but widespread in French and then in English in the sixteenth century to describe the action to adapt to the direction to adjust. Furthermore, subject of life studies. The use of the concept remains central to biology. Because it has various biological endpoints. For example: biological adaptation, physiological or evolutionary (Bock, 1980). However, there is a semantic duality of the term makes it difficult its definition and understanding. Nevertheless, it remains a rather slippery and non-consensual concept (Huneman, 2005). Still, biological adaptation is a process which can lead at the individual level (resulting from genetic organization) at the cellular level (the immune system is capable of perception and learning). One speaks in this case of acclimations or training in physiology (Prochiautz 1997). Then in psychology is central to the psychological modeling. Adaptation is even defined as the process surrounding the constant interaction between man and the world in motion in which it operates. In addition, in clinical psychology we speak of design adaptation, thanks to the discovery of the unconscious through psychoanalysis and its implications in the development of identity. And, anthropology the term adaptation is relatively absent from dictionaries and glossaries of French anthropology books, whereas in English we find terms like adaptation or adjustment (Boute and Izard, 2007). A lighthouse concept in American anthropology schools. To the extent that it is covered by Robson who was among the first users of the term in American schools of anthropology. The author discusses the concept in his book that addresses the use of the anthropological concept of adaptation. In its work, it defines the concept of adaptation as follows: "the process by which organisms or populations of organisms perform biological adjustments or behaviors that facilitate or ensure their reproductive success, and thus their survival in their environment. The success or failure of adaptive responses can only be measured over the long term and evolutionary consequences of behaviors observed are not predictable "(Bates, 2005). However, it is in the American anthropological history, the concept will take his place until the late 1950s. Also, today in social anthropology the concept of cultural adaptation, encompasses all behaviors and acquired responses (socially or learning) affecting human survival (reproduction, supply and habitat). But still, the adaptation in sociology word is rarely used. The words used are: acculturation, socialization and deviance (Etienne et al, 2005). Nevertheless, the concept exists in sociology via social adjustment, which focuses on changes in the individual, causing the development of skills to integrate and gain a sense of belonging to a group ( Boudon, 2002). Indeed, the social and cultural adaptation can be found through common as inadequate and psychological adjustment and are part of the social integration and socialization concepts, the latter requiring an individual has internalized and integrated models, values ​​and symbols of the medium to the structure of his personality to communicate and evolve it with ease. However, social adjustment does not reflect "compliance", since adaptation to an environment can introduce the concept of innovation or change (Rock, 1992). Following the Rock sociologist's work in 1992, Edouard Morin approaches the epistemology as sociology, social anthropology articulates with the natural sciences from the organizational and system concepts. Adaptation is then as the process at the heart of change, whereby a complex system increases its complexity by reducing constraints. The author explains that the concept of adaptation itself is interlaced in a conceptual loop mixing self-organization, eco-organization and evolution. Consequently the concept varies and changes. Enough so that the function of adaptation is seen as an organizing principle for understanding the relationships between parts of the system and the system itself (Simonet, 2009). Indeed, adaptation is an endogenous process that allows a system to be to assimilate the novelty or alter its internal structure to absorb this novelty. And in the sociology of organizations, the term is approached differently. In this sub-discipline of the social sciences is precisely that face the changing social, economic and technological. There are resistance organizations. Not only to avoid disappearing, they must turn into accepting a gradual and permanant change, rather than sustained and brutal. In another subject such as geography. The concept is equated with the concept of the natural environment. This conception of the natural environment involves physical or social, cultural and natural. In geography, the word grows following a deterministic sense in its relationship with living beings before integrating an interdisciplinary and systemic complex vision (White - Pamard, 2007). Ie, reflections on the allocation of human and environmental influences on these populations. The explanatory argument there is the divine plan, which has "always welcomed the environmental theories, because these two systems are based on the concept of adaptation" of the living environment (Glacken, 2007). All in all, as in most disciplines in the humanities and social sciences, instead of the word adaptation has been discussed through epistemological approaches that revolve around this question: what place to give humans in nature? So that geography is interested in human beings. This humanistic geography, gradually take the place that existed in physical geography (Reghezza, 2007). Thus, the Episteme of climate experts Post-IPCC revolves around a reflection of men and their natural environments. Now we put the reflexive premise that will allow men to adapt to different contexts (environmental, social) threatening the economic, environmental and social interests of our societies. That is able to adapt to scientific and political strategies.