Sabirs et représentations de langues métissées dans la littérature coloniale : le cas de Kaddour Ben Nitram

par Chayma Dellagi

Thèse de doctorat en ETUDES CULTURELLES spécialité Francophonie

Sous la direction de Guy Dugas.

Thèses en préparation à Montpellier 3 , dans le cadre de École doctorale 58, Langues, Littératures, Cultures, Civilisations , en partenariat avec IRIEC - L'institut de recherche intersite études culturelles (laboratoire) depuis le 01-10-2014 .


  • Résumé

    La thèse en cours porte sur l'analyse d'un corpus de textes spécifiques de la littérature coloniale des années 1920-1950 en Tunisie, et sur la place qu'ils font au sabir, langue mêlée dont les représentations diverses révèlent autant les codes d'une littérature assez méconnue, que les rapports langue, littérature et politique à un moment historique d'affrontements forts entre différents nationalismes. Traité tantôt en objet linguistique, tantôt en objet historique, le sabir a longtemps été cantonné au rang de l'anecdotique et n'a jamais été étudié en tant qu'objet littéraire alors même qu' il déploie une composante fictionnelle forte. Éminemment littéraire dans son traitement, il pose avant tout la question des représentations culturelles, et par extension des positions idéologiques qui les sous-tendent à une époque où apparaissent les premiers débats identitaires au Maghreb. Un tel sujet met en valeur d'une part l'intérêt politique d'une certaine littérature, notamment par la place qu'elle accorde à la problématique linguistique, fortement identitaire, et, d'autre part, permet d'interroger une esthétique du genre pour une littérature qui en manie plusieurs tour à tour de propagande, réaliste, populaire, folklorique... Enfin, il permet de prendre une meilleure mesure de l'ampleur du mouvement littéraire tunisien sous la colonisation, resté dans l'ombre d'une histoire littéraire maghrébine majoritairement algérienne, et de développer par l'analyse comparative une vision plus complète et plus complexe du mouvement littéraire global pour cette région.

  • Titre traduit

    Sabirs and language hybridity in colonial literature : the case of Kaddour Ben Nitram


  • Résumé

    The current thesis deals with the analysis of a body of texts specific to the colonial literature from the 1920s to the 1950s in Tunisia, and on the place they give to sabir, a mixed language whose various representations reveal so much about the literature of the time as much as its relation to language at a moment of History crossed by strong clashes. When the sabir was not addressed as merely an anecdotal object, it was studied, passing through, within either linguistics or history. Indeed, it has never been studied as a literary object even though it has a strong fictional component. Eminently literary in its treatment, it raises above all the questions of cultural representations, and, by extension, of the ideological positions which underlie them at a time when the first identity debates appear in the Maghreb. Such a subject revives the interest in the relationship between literature and political context, the place of popular culture among the literary genres, and the question of language and its problematic relationship to identity. Moreover, it allows taking a better measure of the extent of the Tunisian literary movement under colonization that stayed in the shadow of a Maghreb literary history that is mostly Algerian. Therefore, comparative analysis would help to render a more complete and complex view of the global literary movement for this region.