Multiculturalité francophone et corporalité dans la littérature féminine du XXème siècle Amélie Nothomb, Anaïs Nin , Abla Farhoud, Ying Chen, Nelly Arcan

par Madalina camelia Tinteia (Ingram)

Projet de thèse en Langue et Littérature Françaises

Sous la direction de Sylvie Jouanny.

Thèses en préparation à Paris Est en cotutelle avec l'Alexandru Ioan Cuza , dans le cadre de CS - Cultures et Sociétés , en partenariat avec Lettres, Idées, Savoirs (Créteil) (laboratoire) depuis le 01-10-2014 .


  • Résumé

    Multiculturalité francophone et érotisme dans la littérature féminine du XXème siècle Amélie Nothomb, Anaïs Nin , Abla Farhoud, Ying Chen, Nelly Arcan À partir de l'idée que l'écriture féminine est différente de l'écriture masculine, Virginia Woolf a mis en relief dans ses œuvres « la mentalité androgyne, sonore et spongieuse qui transmet l'émotion sans aucune difficulté », plutôt parce que c'est naturellement « pas divisée, incandescente et créatrice » et elle utilisait le syntagme « écriture féminine », en mettant l'accent sur son aspect sensible et mystérieux. Le mystère qui caractérise d'ailleurs l'écriture féminine est exactement ce qui manque dans l'écriture des hommes. « L'enquête des profondeurs » est un argument pour l'authenticité, l'honnêteté, la clarté, pour l'inconvénient d'être femme, d'être réduite seulement à quelques rôles qu'elle doit jouer dans la société. Les femmes écrivent, oui, c'est vrai, mais le fait qu'elles sentent plus que les hommes, à cause de leur personnalité et de leur vie intérieure, est vrai aussi. C'est la manière dont elles écrivent qui nous intéresse plus que les autres aspects, et aussi les vérités qu'on peut découvrir dans leur écriture. J 'ai choisi pour cette analyse cinq écrivaines: des femmes qui viennent des espaces différents, qui proviennent des cultures distinctes, avec un passé et des formations différents, cinq écrivaines qui mettent l'accent, dans le contexte de la multiculturalité qui caractérise le XXème siècle, sur l 'appartenance à un certain type de littérature: la littérature féminine, avec des caractéristiques distinctes, avec des accents qui viennent d' un sentimentalisme exacerbé à la fois calme et sensible voire choquant, dans le cas de l'être féminin de la littérature érotique. Le point qui les lie sur l'axe imaginaire du temps, c'est l'écriture. Le désire de surmonter la condition de la femme, d'épouse ou de mère, ou celle de maîtresse. Les réalités de ces femmes, la plupart du temps des réalités funestes, sont mieux perceptibles que les réalités qui sont relevées par les hommes. Dans leurs écritures se crée « l'empathie » comme caractéristique très importante et définitoire de l'œuvre des écrivaines féminines ce qui fait que le lecteur peut entrer facilement dans la vie intérieure des personnages féminins. La femme a de la voix et elle s'efforce à en avoir plus. On peut trouver partout des caractéristiques: la littérature qui prend la forme d' un journal intime, féminin, est composée par des pensées, des sentiments, des frustrations personnelles : l'analyse psychologique et la manière honnête et abusive à la fois de chercher, par l'intermédiaire de l'introspection, une réalité personnelle, qui gère au final, la vérité universellement valable: en cherchant l'être intérieur, l'écriture féminine est un glossaire d'« architecture de l 'âme avec tous ses méandres », très adaptable, qui peut y avoir plusieurs formes. Dans des sociétés différentes, ayant des modèles différents, cinq écrivaines uniques comme topologie de l'écriture, en effet parlent la même langue: de la vie solitaire, du mariage, de l'adultère, de la souffrance et du bonheur : ce sont de grands thèmes, réunis dans leurs œuvres. Dès les premières tentatives des années '20, '30 du siècle précédent, l'écriture féminine est dans un éternel procès de changement: Liana Cozea dans « Romancières de la littérature roumaine modernes » disait: « l'introspection, l'enquête de la vie souterraine, l'excès d'analyse psychologique deviennent la qualité et le défaut principal de l'épique féminine. De la même manière qui répond éloges déclenchera aussi des reproches, conduisant finalement aux étiquettes définitives, à valeur axiomatique, sans avoir la possibilité de faire des corrections, ou d'une dernière amélioration ». Le XXème siècle, contemporain, suppose une voix plus particulière et bien forte des écrivaines féminines, à l'aide de création de « l'individuel », par rapport à l'altération culturelle, dans l'intégration à une autre culture.

  • Titre traduit

    French multiculturalism and body language in women's literature of the twentieth century Amélie Nothomb, Anaïs Nin, Abla Farhoud, Ying Chen, Nelly Arcan


  • Résumé

    In « the feminine writing » Anaïs Nin is the writer that's shocking. She's shocking only because in her writings doesn't exist the vulgarity of the words but only the experimental exam, a very serious one and also concise, very detailed and also frivolous. It's an honest type of writing but we cannot use here a very important term : « morality ». What's more important is that in Inceste, the terme for « adultery » is not used and the fight between « Good » and « Bad » is not the one that interests the reader, but the fight between the characters' feelings, what they are living, their lives and also their betrayals, between too many different sexual histories and also between their multiple personalities and life stories. At Anaïs Nin and Nelly Arcan we analyse the sexual autonomy and also their body language. There are two type of women : the married woman at Anaïs Nin and the prostitute at Nelly Arcan. We have a large image of the woman's body offered by the many points of view: the married woman, the wife, the woman without any consideration for a man's body ( the client of a prostitute) but also the woman's body seen as a source of great pleasure and accomplished dreams. The feminine writing gives us only personal information and mostly a perception of a woman's body. The text is not related to religion or morality, two concepts that tell us how we are supposed to live our intimate/ sexual life in direct relation with our own sexual experiences, sensuality and erotism but it is subordinated to the freedom of the body, the freedom of sensations and also the freedom given by the lake of limits, rules or canons. The freedom of the body is the freedom we have to explore different types of relationships and also to discover our intense capacity of developping the interhuman relationships. We also have a persepctive on the final term of « shared sexuality » the feeling of lonliness, that women always have in a relationship and also the impossibility to open up their souls and understand their bodies. Anaïs Nin and Nelly Arcan are also showing the complexity of the differences between the woman's body and the man's body, which is more a sensory differenciation. The parental education form childhood until adult age is also very important, as Freud and Lacan mentione in their studies speaking about the image that the little girl has about herself and also the image that the boy has, both perceptions received from their parents. The two writers explain the « abandon » which brings physical death to a woman's soul, the body's death but also the soul's death. Also, the « abandon » is the first source of the suicidal behaviour related to the alienation process and the essential condition for the freedom of the spirit.