Mémoire et espace : archéologie de l'identité collective en Grèce antique.

par Nicolas Genis

Projet de thèse en Histoire / Archéologie

Sous la direction de Michèle Brunet.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de ED 483 - Sciences Sociales depuis le 01-09-2012 .


  • Résumé

    Cette étude sur la mémoire et l’identité collectives des cités grecques se fonde sur les apports de la sociologie et de la géographie sociale pour comprendre les rapports entre mémoire, espace et identité. À partir d’un examen théorique de ces concepts et d’un bilan sur leurs applications dans le domaine de l’histoire ancienne, une nouvelle approche est proposée : étudier comment, par les choix de spatialisation de son passé, une cité construit son identité. Trois ensembles de sources sont prises en compte : les catalogues de magistrats ou d’éponymes inscrits, affichant les archives de la cité ; les représentations honorifiques publiques ; et les choix architecturaux et stylistiques qui expriment une référence à un passé commun ou à un exemple extérieur. Ces sources sont étudiées pour cinq cités choisies comme cas d’étude pour leur originalité et leur richesse documentaire : Thasos, cité coloniale fondée par Paros au VIIe s. av. n. è. ; Milet, cité ionienne au centre des luttes de pouvoir entre Grecs, Perses, Macédoniens et royaumes hellénistiques ; Rhodes, île aux multiples cités qui s’unissent par synœcisme en 408/7 av. n. è. ; Délos, sanctuaire commun aux Ioniens, cité des Cyclades et centre commercial égéen ; et Delphes, sanctuaire pythien panhellénique, aux mains de la cité et de l’amphictionie. L’étude conjointe de ces trois ensembles documentaires et de ces cinq sites offre un éclairage différent sur l’aménagement urbain des cités, leur rapport à la mémoire et la construction de leur identité, à la fois dans le cadre des spécificités de chaque cas d’étude et dans le contexte d’évolutions générales au monde grec.

  • Titre traduit

    Memory and space : archaeology of collective identity in ancient Greece


  • Résumé

    This study about collective memory and identity of Greek cities, based on the works in sociology and social geography, tackles the relationships between memory, space and identity. After analyzing theoretically these concepts and reviewing their applications in Ancient history, a new approach is proposed: to study how, through the choices a city makes to spatialize its past, it constructs its identity. Three categories of evidence have been considered: the inscribed catalogs of magistrates or eponyms, a form of advertising the public archives; the public honorific statues; and the architectural and stylistic choices made to refer to a certain past or to express a link to an external example. This evidence is studied for five cities selected as case-studies for their originality and their rich documentation: Thasos, a colonial city founded by Paros in the 7th century BCE; Miletus, an ionic city in the center of the battles between Greeks, Persians, Macedonians and Hellenistic kingdoms; Rhodes, an island with multiple cities that unite together by synoikism in 408/7 BCE; Delos, a common sanctuary for the Ionians, Cycladic city and Aegean commercial center; and Delphi, the panhellenic pythian sanctuary, in the power of the city and the amphictyony. This evidence and these five sites studied together give the opportunity to clarify the cities’ urban planning, their relationships with memory and the construction of their identities, both in the very specific terms of each case-study and in the larger context of broader evolutions in the Greek world.