Autopsie analytique des perturbations lipidiques de cellules placentaires exposées aux phtalates.

par Julia Petit

Thèse de doctorat en Chimie analytique

Sous la direction de Olivier Laprevote.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Médicament, toxicologie, chimie, imageries .


  • Résumé

    Durant la grossesse, l'exposition à des contaminants chimiques environnementaux peut conduire à des effets néfastes sur le développement du feotus. Ces toxiques peuvent agir directement sur le foetus ou via un tissu essentiel à son développement, le placenta. Les phtalates, plastifiants utilisés par de nombreuses industries et dont le plus abondant est le di(2-éthylhexyl)phtalate (DEHP), ont un effet reprotoxique avéré chez l'animal et fortement suspecté chez l'être humain. La reprotoxicité du mono(2-éthylhexyl)phtalate (MEHP), métabolite endogène du DEHP, tient au fait qu'il s'agit d'un ligand exogène du récepteur nucléaire activé par les proliférateurs de peroxysomes PPARg, dont il provoque l'activation, entraînant alors des modifications de l'expression de certains gènes impliqués dans la lipogenèse et essentiels à la physiologie placentaire. Ces modifications peuvent atteindre différentes classes de lipides tels que les glycérophospholipides, glycérolipides, acides gras, stérols, etc. Afin de caractériser les modifications du lipidome provoquées par le MEHP, des cellules JEG-3, lignées cellulaires issues de placenta humain et modèle de celui-ci, ont été incubées en présence de ce contaminant. Des analyses du lipidome de ces cellules (analyse lipidomique globale, des eicosanoïdes et des oxystérols) ont ensuite été réalisées par UPLC MS afin de rechercher d'éventuelles perturbations dues à l'exposition au MEHP. Les changements du lipidome observés ont ensuite permis d'orienter une analyse transcriptomique vers certains des gènes codant pour les enzymes impliquées dans le métabolisme lipidique placentaire. Enfin, l'obtention de cellules issues de cultures primaires de trophoblastes a permis de réaliser une nouvelle analyse lipidomique et de comparer les résultats obtenus à ceux de la lignée cellulaire.

  • Titre traduit

    Analytical analyses of lipid disruptions of placental cells exposed to phthalates


  • Résumé

    During pregnancy, exposition to environmental contaminants can lead to adverse effects on fetal development. These toxics might directly impact the fetus by crossing the placenta. Among phthalates, a group of industrial chemicals widely used in plastic materials, di(2-ethylhexyl)phthalate (DEHP) is the most abundant and is known to cause proven toxicity on animals reproductive system and suspected one in humans. Reprotoxicity of mono(2-ethylhexyl)phthalate (MEHP), DEHP endogenous main metabolite, comes from its ability to interact with the peroxisome proliferator activated-receptor PPAR¿ and to activate this later, thus leading to expression disruption of genes involved in lipogenesis and placental development. These changes may impact several lipid classes such as glycerophospholipids, glycerolipids, fatty acids, sterols, etc. In order to study lipid disruptions caused by MEHP, JEG-3 cells stem from a human placental cell line, were incubated with the contaminant. Analyses of these cells lipidome (lipidomic, eicosanoids and oxysterols analyses) were realized by UPLC-MS to reveal potential disruptions due to MEHP incubation. The reported lipid changes enabled to target a following transcriptomic analysis on some genes coding for enzymes involved in placental lipid metabolism. Finally, cells stem from trophoblasts primary cultures were obtained to conduct a novel lipidomic analysis and results were compared to those of the cell line