Littérature et droit chez Dante.

par Claudia Di fonzo

Projet de thèse en Langues et litteratures etrangeres

Sous la direction de Jean-louis Fournel.

Thèses en préparation à Paris 8 en cotutelle avec l'UNIVERSITE TOR VERGATA , dans le cadre de ED Pratiques et théories du sens , en partenariat avec Laboratoire d'études romanes (equipe de recherche) depuis le 17-10-2011 .


  • Résumé

    La première partie de la recherche veut examiner le rapport qui s’instaura entre Dante et Cicerone. Il faut éclaircir la nature de la nouveauté que Dante affirme de porter dans son texte. Il me paraît utile, pour cela, d’analyser le rapport entre Dante et Cicéron et de raisonner sur les traités iuridique qui sont issus de la rencontre entre la philosophie et le droit (la pensée philosophique appartenant à la vie contemplative – qui réfléchit sur le vrai et sur ses définitions – et la pensée etico/juridique appartenant à la vie active ou à la praxis politique); plus spécifiquement il me semble de pouvoir trouver un lien entre les affirmations de Cicéron dans De officiis et dans De finibus d’une part, et de Monarchia d’autre part. Il sera profitable de souligner la matrice cicéronienne de l’idée médiévale et dantesque de la loi naturelle, en parlant du rapport qui existe entre les ergasteria de Dante et Cicéron. Pour envisager l’argument de la tyrannie et la littérature produite au cours du Moyen Âge autour de la dégénération du gouvernement du prince, il faudra repartir des textes classiques latins et grecs, avant d’arriver au De regimine principium. La deuxième partie de la recherche se propose d’approfondir le rapport entre Dante et la littérature italienne des origines, en ce qui concerne la pensée juridique qui s’est interrogée au sujet du Corpus Iuris Civilis, dans le cadre de la floraison de l’école de commentaire. Cette deuxième partie suivra deux directions majeures, qui s’entrecroisent: de la littérature juridique vers la production littéraire d’une part (la présence du Corpus iuris, de la glosse d’Accursius, d’Irnerius de Fitting et de Martin de Caramanico à l’intérieur des ergasteria de Dante); de la production littéraire vers la production juridique d’autre part (cf. infra, Dictionarium iuris et Repetitio). Une enquête sur laquelle il faudra revenir, à partir des travaux de D. QUAGLIONI, est celle qui fait référence à la définition de justice en tant que zone franche entre la littérature, la philosophie, la théologie et le droit. Il s’agit de retrouver le discours sur la différence entre lex umana et lex divina, et sur ce qui est juste en politique (la justice naturelle et celle légale de l’Ethica nicomachea), mais aussi le discours sur la justice de la spéculation théologique, qu’il est impossible d’atteindre (Jésus Christ est justice de Dieu). Il nous reste à vérifier combien et si une telle pensée a produit de nouvelles interprétations en ce qui concerne certaines gloses bien précises de la Commedia, comme celles relatives aux apathiques, à l’ordre moral de l’Enfer et du Purgatoire, à la punition de Brutus et Cassius. La littérature italienne depuis ses origines jusqu’à Dante, zone franche pour les juristes et les hommes de lettres. Par cette dénomination je voudrais définir la partie dédiée aux mémoriaux bolonais et à la transmission indirecte du texte littéraire ; au rapport qui existe entre le «contrasto» poétique et le «procès»; et aussi à l’exégèse antique à la Commedia conduite par les juristes et par les notaires, comme à l’utilisation autoritative de la littérature dans les textes juridiques: de Alberico da Rosate (commentaire à la Commedia et Dictionarium iuris) à Bartolo da Sassoferrato (commentaire de Bartolo da Sassoferrato à la chanson sur la noblesse de Dante présente dans la repetitio sur la noblesse, écrite à Pérouse entre 1342 et 1355), qui est un exemple de commentaire juridique à un texte poétique, accompagné d’une vulgarisation par Lapo Castiglionchio (cf. Dante-Forschungen. Altes und Neues, von KARL WITTE, mit Dante’s Bildniss nach Giotto, I, Halle, Verlag von G. Emil Barthel, 1869, pp. 461-72. Vulgarisation de la repetitio par Lapo Castiglionchio: Epistola o sia Ragionamento di messer Lapo da Castiglionchio celebre giureconsulto [...], Bologna, Girolamo Corciolani ed eredi Colli a S. Tommasso d’Aquino, 1753, pp. 10-30).


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