L’œuvre et son envers : lecture de l’œuvre et élucidation de la fonction de la création chez Camille Claudel

par Mireille Rosambert

Thèse de doctorat en Psychanalyse

Sous la direction de Clotilde Leguil et de Christiane Alberti.

Thèses en préparation à Paris 8 , dans le cadre de 31 "Pratiques et théories du sens" depuis le 17-01-2011 .


  • Résumé

    Cette thèse tente de cerner la fonction de la création dans la vie de Camille Claudel à partir de la lecture de son œuvre et de sa correspondance. Le concept de sublimation, instauré par Sigmund Freud, nous permet de souligner le destin pulsionnel de Camille Claudel esthétisé dans sa sculpture, mais demeure impropre à sa lecture. A rebours, Jacques Lacan va au-delà de l’objet et permet d’approcher son envers. L’objet-sculpture élevé à la dignité de la Chose peut dans son découpage être corrélée à la jouissance et au symptôme de l’artiste. Au-delà de la barrière du beau, entre son dire et son œuvre, elle enserre sa fêlure, corrélée à un réel sans loi. La création apparaît comme une solution pour tenter de tenir son corps vacillant, mais elle échoue à maintenir ce traitement. Au-delà de sa condition de femme artiste et de sa trajectoire contrariée, un savoir oriente son engagement absolu. D’emblée, il prend la valeur d’une certitude qui progressivement évoluera jusqu’au délire autour de l’idée de complot. La rencontre amoureuse avec l’autre semblable assortie de sa trahison constituent le point nodal de son basculement subjectif. Progressivement, dans la lecture de l’œuvre et l’élucidation de la fonction de la création chez Camille Claudel se distingue son symptôme et la trace laissée sur son corps traumatisé par la langue. « Toute seule » pour reprendre ses mots, elle se révèle incapable sans l’appui de pairs qui la reconnaissent, de continuer de créer et vacille.

  • Titre traduit

    The work behind the scenes : reading her work and assessing camille claudel’s function of creation


  • Résumé

    This dissertation aims at untangling the function of sculpture in Camille Claudel’s life through the works she created and her correspondence. Sigmund Freud’s concept of sublimation allows to underline the instinctual destiny of the artist that is aesthetized in her sculptures. Conversely, J. Lacan goes beyond the object and makes it possible to read its reverse side. The object sculpture, raised to the dignity of Lacan’s concept, « das Ding », can be linked to Camille Claudel’s symptoms. Indeed, beyond the barrier of Beauty, her logic is inscribed between her work and her writings, where reality in progress is formalised. She consistently aesthetizes the chaos of her being and of its dissolution. Sculpture is her therapy to maintain her unsteady body. Beyond her condition as a woman-artist and her thwarted route, a knowledge gives a direction to her absolute commitment and immediately becomes a certainty that will progressively evolve to the notion of plot. Her alter ego’s betrayal can be considered as the node of her tipping point. By reading her work and untangling Camille Claudel’s function of creation, both her symptoms and the trace left by language on her traumatized body can be perceived. To resume her words, when she is « by herself », namely without being backed by the peers who acknowledge her, she proves to be unable to uphold her absolute commitment and she falters into exile.