Le « fantaterror », ou l’âge d’or du cinéma fantastique et d’horreur espagnol sous le franquisme tardif (1968-1976)

par Valentin Guermond

Thèse de doctorat en Langues et littératures étrangères

Sous la direction de Manuelle Peloille.

Thèses en préparation à Angers , dans le cadre de Sociétés, Cultures, Échanges , en partenariat avec 6 - 3LAM Langues, Littérature, Linguistiques des Universités d'Angers et du Maine (laboratoire) depuis le 15-10-2013 .


  • Résumé

    L’Espagne ne développe une production cinématographique fantastique et horrifique que tardivement, à partir de 1968. La fin de la dictature franquiste, marquée par une ouverture sur le monde et un contrôle toujours aussi répressif, semble façonner les contours de ce cinéma alternatif. Le cinéma fantastique et horrifique, genre très codifié, permet à des artistes de s’exprimer via le recours à des procédés visuels ou narratifs, des figures incontournables ou inédites, et ce malgré la censure franquiste. Avec près de trois cents films d’horreur en moins de dix ans, l’Espagne devient l’un des plus importants viviers de cinéma de genre au cours des années 1970, rapidement identifiable par ses vedettes et ses caractéristiques formelles. S’il n’est pas toujours évident de distinguer un film d’horreur espagnol d’un film d’horreur italien de la même époque, plusieurs traits distinctifs permettent de voir dans cette production un courant singulier. L’âge d’or de ce cinéma d’horreur ibérique, appelé « fantaterror » pour son hybridation du fantastique et de l’horreur, est ainsi une production ambivalente dans son discours comme dans sa forme. Il convient ainsi de mettre en relation ces films avec le contexte socio-politique dans lequel ils sont produits pour mesurer l’ampleur de la transgression que peut représenter ce genre. Les limites imposées par la censure et l’obligation d’aller toujours plus loin dans la violence et l’érotisme pour concurrencer les films étrangers plus libéraux ont façonné le fantaterror, courant éphémère qui a connu un succès populaire mais a en même temps fait l’objet de toutes les condamnations par la critique officielle et les institutions franquistes.


  • Résumé

    Spain developed a fantastic and horrific film production only belatedly, from 1968 onwards. The end of the dictatorship, marked by an openness to the world and an ever- repressive control, seems to shape the outlines of this alternative cinema. The fantastic and horrific cinema, a very codified genre, allows artists to express themselves through the use of visual or narrative methods, unavoidable or new figures, despite the censorship. With almost threehundred horror films in less than ten years, Spain became one of the most important breeding grounds of exploitation films in the 1970s, quickly identifiable by its stars and its formal characteristics. While it is not always easy to distinguish a Spanish horror film from an Italian horror film of the same period, several distinctive features make it possible to see a singular current in this production. The golden age ofthis Spanish horror cinema, called « fantaterror » for its hybridization of fantasy and horror, is thus an ambivalent production in its discourse as in its form. It is thus necessary to relate these films to the socio-political context in which they are produced in order to measure the transgression that this genre can represent. The limits imposed by censorship and the obligation to go ever further in violence and eroticism in order to compete with more liberal foreign films have shaped the fantaterror, an ephemeral popular production which was the subjet of all the condemnations by the official critic and the establishment.