Le sort du désir dans la schizophrénie

par Audrey Sauvetre

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Jean-jacques Rassial.

Thèses en préparation à Aix-Marseille , dans le cadre de Cognition, langage, éducation (356) .


  • Résumé

    Un écart considérable existe entre l’ampleur du diagnostic psychiatrique de schizophrène et la réticente appréhension de cette clinique par la psychanalyse lacanienne. Les deux approches s’accordent néanmoins sur l’absence de désir dans la schizophrénie. Il s’agit de démontrer ici l’existence d’un désir pour ensuite le qualifier et le décrire. La tentative d’institution d’un désir non symbolisé au champ de l’Autre ainsi que la levée de méconnaissance sur le corps en tant que terme du désir – syntagmes lacaniens concernant le désir psychotique - servent de base de travail. En effet, le rapport du schizophrène à l’Autre et à son corps ainsi que la consistance du champ de l’Imaginaire permettent de repérer un autre outil que le délire pour faire face à l’angoisse suscitée par le désir de l’Autre, ainsi la dissociation - marque de l’identification du sujet schizophrène à la discordance de la machine de la langue - est-elle élevée au rang de tentative de guérison. Aussi, un désir dissocié se verra tenté d’être soutenu par l’instabilité d’un fantasme (homosexuel) peinant à se formaliser en pousse-à-la-femme.

  • Titre traduit

    The fate of desire in schizophrenia


  • Résumé

    There is a great gap between the large scope of the psychiatric diagnosis of schizophrenia and the reluctant understanding of this condition by the lacanaian psychoanalysis. Nevertheless, both approaches agree on the absence of desire in schizophrenia. The purpose here is to demonstrate the existence of desire, and then to qualify it and describe it. Both the attempt of institutionalization on the Otherness field and the ignorance of the body as part of the desire – lacanian syntagma about psychotic desire – serve as a basis of work. Indeed, the schizophrenic’s relationship to the Other and its body as well as the consistency of the Imaginary allow to notice a tool other than delirium to face the distress caused by the desire of the Other. In this way, dissociation – the identification mark of the schizophrenic subject to the discordance of the language mechanism – is raised as an attempt to cure. Therefore, there will be an attempt to support a dissociated desire with the instability of a fantasy (homosexual fantasy) struggling to formalize in pousse-à-la-femme.