Ne pas grever l'avenir au bénéfice du présent : une histoire environnemetnale de l'extraction du charbon, de la fin du 18e siècle jusqu'à l'Entre-deux-guerres : un développement non soutenable : l'Exemple du Couchant de Mons et du Valenciennois

par Kevin Troch

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Béatrice Touchelay et de Isabelle Parmentier.

Thèses en préparation à Lille 3 en cotutelle avec l'Université de Namur , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'homme et de la société (Villeneuve d'Ascq, Nord) depuis le 01-11-2013 .


  • Résumé

    L’histoire des charbonnages du Nord de la France et de Belgique est bien connue. Depuis la fin du 19e siècle, les mines et le charbon bénéficient de l’attention des historiens. Toutefois, ces derniers se focalisent principalement sur les aspects économiques et/ou sociaux du monde de la mine. Les aspects environnementaux des exploitations minières demeurent largement inexplorés. Quels sont les impacts environnementaux des charbonnages pendant leur exploitation et après leur fermeture ? Comment les administrations publiques, la justice, les riverains, les ingénieurs y font face ? Quelles en sont les conséquences ? Comment est envisagée la gestion de la ressource « charbon » à partir du point de vue de l’environnement ? Ce ne sont que quelques questions auxquelles la thèse se propose de répondre. Le cadre géographique, dans une perspective d’étude transfrontalière, correspond aux bassins houillers du Valenciennois pour la France et du Borinage pour la Belgique. Voisins l’un de l’autre, ces bassins partagent le même massif houiller tout en ressortissant de deux États aux gestions des externalités minières différentes. Outre l’intérêt comparatif entre les situations française et belge, la thèse entend montrer les points de convergence et de divergence dans les questions relatives aux mines et les lieux de discussions, la problématique des dégâts miniers dépassant les frontières. Ces deux régions sont généralement présentées comme des modèles de « développement non soutenable » du fait de leur passé minier. Pourtant, de nos jours, ces régions font preuve de dynamisme autour du concept de « développement durable », notamment autour des terrils et de leur valorisation en zones vertes. Comment en est-on arrivé là ? La période chronologique retenue porte sur la fin du 19e siècle et sur le 20e siècle, plus précisément entre les années 1870 et les années 1980. Ce choix n’est pas anodin. En effet, les années 1870 témoignent d’une augmentation croissante des problèmes environnementaux relatifs aux exploitations minières aussi bien en nombre qu’en intensité. Les années 1980 marquent le développement des questions de « développement soutenable » des anciens bassins miniers : doit-on les reconvertir en faisant table rase du passé ou bien doit-on redynamiser ces régions en tenant compte de leur patrimoine ? Loin de se cantonner à un passé révolu, la thèse ambitionne d’apporter des réponses à des questions très contemporaines. L’exploitation minière est loin d’être terminée dans de nombreux pays. Les questions environnementales liées aux externalités minières y sont bien présentes. La thèse peut amener un éclairage historique à ces thématiques. Au niveau régional, en plus d’être une étude transfrontalière pouvant favoriser les projets interrégionaux, la thèse tend à coller à la situation actuelle des bassins miniers du Nord-Pas de Calais et de Belgique. Il s’agit de savoir, en définitive, quand et comment le concept de « développement durable/soutenable » fait son apparition et se développe dans ces régions et pourquoi il est si prégnant et dynamique dans celles-ci. Dans cette optique, l’analyse des externalités causées par les mines de charbon s’avère un excellent point de départ, car « on ne fait pas des trous impunément ».


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