Essays in Family Economics in Senegal

par Paola Villar

Thèse de doctorat en Analyse et politique économiques

Sous la direction de Sylvie Lambert.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de École doctorale d'Économie (Paris) , en partenariat avec Paris, EHESS (établissement de préparation de la thèse) depuis le 19-11-2013 .

  • Titre traduit

    Essais en économie de la famille au Sénégal


  • Résumé

    L'Afrique de l'Ouest se caractérise par de forts taux de pauvreté et par une protection sociale et des marchés financiers formels défaillants. Dans un tel contexte, les familles remplissent des rôles importants qui façonnent la vie économique et sociale de leurs membres. Cependant, l'efficacité de cette institution fait débat, notamment lorsqu'elle est analysée du point de vue individuel. Ainsi, un nombre croissant d'études en économie du développement se penchent sur les coûts individuels induits par les fonctions familiales. Ma thèse de doctorat s'appuie sur cette littérature et y contribue en analysant la façon dont les décisions économiques individuelles sont prises au sein de la famille au Sénégal, et illustre des cas où la famille ne parvient pas à assurer le bien-être individuel de ses membres. Le premier chapitre s'attache à mesurer les coûts individuels de la redistribution informelle qui a lieu au sein des réseaux sociaux et entre ces derniers, et en particulier au sein de la famille élargie. En effet, en tant que mécanisme d'assurance, de fortes pressions redistributives modifient les choix économiques individuels. En s'appuyant sur des données expérimentales, nous estimons une taxe sociale d'environ 9% et nos résultats indiquent l'existence de fortes distorsions dans les choix d'allocation individuels. Par ailleurs nos résultats montrent que la pression à la redistribution est du fait, principalement, de famille élargie et non du ménage, des cercles amicaux ou du voisinage. Le deuxième chapitre examine comment l'environnement sanitaire contraint les investissements parentaux en termes de santé des enfants. Son objectif est de déterminer si les risques concurrents en mortalité réduisent les investissements des parents dans la santé de leurs enfants. Pour cela nous faisons, dans cet article, l'hypothèse qu'il existe des complémentarités entre les investissements en santé spécifiques à certaines maladies ; et testons celle-ci en nous appuyant sur une intervention récente visant à éradiquer le paludisme au Sénégal. Nos résultats soutiennent ce modèle de risques concurrents et impliquent que les comportements privés d'investissement en santé des parents et les politiques publiques de santé sont complémentaires. Enfin, le troisième chapitre explore comment une stratégie de gestion des risques ex-post, le mariage d'enfants, est lié aux chocs de mortalité au sein des familles. En particulier, j'examine si les décès paternels ont des conséquences néfastes en termes de transition sur le marché du mariage des jeunes orphelines. Mes résultats mettent en évidence la grande vulnérabilité de ce groupe d'enfants en termes de mariages précoces.


  • Résumé

    In the West Africa subregion, poverty is pervasive and social protection at the state-level, as well as formal financial markets poorly function. In such a context, families fulfill important roles, which shape the economic and social life of its members and are key drivers of economic development. How this private institution performs is, however, quite a debate and a growing body of the literature in development economics has focused on the question of the economic inefficiencies of the family institution. My PhD thesis builds upon this literature and contributes to it by shedding light on how individual economic decisions are taken within the family in Senegal, and in which cases the family fails to ensure individual welfare of its members. The first chapter focuses on the individual costs of the informal redistribution that take place within and between social networks, and in particular within the extended family. Using a lab-in the field experiment, we aim at identifying the hidden costs of social obligations for redistribution on individual resource allocation choices. Our results are threefold: (i) we estimate a social tax of about 9\%; (ii) we provide evidence on strong distortions in individual allocation choices; (iii) our results point at people fearing redistributive pressure from the extended family members, but not from within the household or from friends and neighbors. We expand on prior literature by both identifying the individual cost of informal redistribution and then relating it to postexperiment resource-allocation decisions, and by disentangling intra- and interhousehold redistributive pressure. The second chapter investigates how the health environment prevents parents from investing in child health. Its main objective is to investigate whether the health risks faced by children, and in particular their competing nature as mortality risks, depress parental investment in child health. We argue that there are complementarities between disease-specific investments and we test this hypothesis by exploiting recent interventions that made anti-malaria products suddenly affordable to most households in 2009 in Senegal. Our first contribution is to be the first to use data on private health expenditures to validate a model with complementarities between disease-specific investments. Our second contribution is to show that parental behavioral responses clearly complement anti-malaria campaigns, whereby they magnify their impact on all-cause mortality for children. Finally, the third chapter explores how a quite harmful ex-post risk management strategy, child marriage, relates to changes in family structures (mortality shocks). In particular, I investigate whether paternal death induces adverse marriage outcomes for young orphans. I also discuss the channel that could induce such effects. My results underpinned the high vulnerability of this group of children: when the father dies, the young girls are more likely to marry as child brides and to be child mothers than their non-orphan counterparts. Those girls have more frequently broken marital trajectories, in particular due to divorce. This paper builds upon the existing demographic literature and provides at least two contributions. First, it is, to my knowledge, the first to study jointly the timing of the father's death and other dimensions of well-being such as fertility, marital dissolution and consumption. Second, it discusses the extent to which selection on unobservables might bias the analysis, an issue that is discarded in most studies.