La Lenteur en cinéma.

par Hélène Justine Bister

Projet de thèse en Etudes cinématographiques

Sous la direction de Luc Vancheri.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de 3La - Lettres lingusitique langues et arts depuis le 09-09-2012 .


  • Résumé

    Effectuer une archéologie des figures de la lenteur cinématographique, au sens foucaldien du terme, c’est-à-dire au nom des modèles de pensée qui la rendent possible, n'empêche pas une inspiration des modèles les plus anciens, dont nous imaginons retrouver les survivances. L’histoire de l’art depuis Warburg nous a habituée à cette manière de penser l’histoire. Il s'agit de percevoir ce que la lenteur vient figurer et revendiquer. Dès le IVème siècle avant notre ère, Platon, au cours d'une réflexion sur la sagesse (Charmide, 159a), a délimité les contours de la lenteur, scellant son destin dans l'ombre de son opposée, la rapidité, qui se dévoile alors comme l'une des conditions du Beau. L'argumentation de Socrate trouvera un juste écho au XXème siècle - fort des découvertes technologiques du XIXème - où l'on a très souvent comparé l'invention du train, par la vitesse et le déroulement des images, à celle de l'art cinématographique. Les poètes (Tibulle, Shakespeare, Rimbaud), dans l'intervalle qui sépare Platon de l'appareil des frères Lumière, ont résisté à la sentence socratique et ont vivement porté les couleurs de la lenteur. Rescapée de l'accélération universelle généralisée, la lenteur a donc su trouver refuge dans certaines formes de l'art, jusque parfois en cinéma. Que viennent alors exprimer les cinéastes de la lenteur ? Comment retournent-ils, à leur compte, le « sophisme » platonicien ? L'espace artistique et politique où surgit la lenteur reste à définir, entre résistance et contemplation, possibilités poétiques et effets esthétiques.


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