Les institutions religieuses en Béotie (VIe-Ier s. av. J.-C.)

par Anne-Charlotte Oddon-Panissié (Panissié)

Projet de thèse en Histoire et archéologie des mondes anciens

Sous la direction de Christel Müller.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent (Nanterre) depuis le 01-10-2013 .


  • Résumé

    Si la Béotie a suscité de nombreuses publications d’ordre politique, ce n’est finalement qu’assez récemment que les historiens se sont intéressés à cette région à travers le prisme de la religion. Ceci peut sembler assez étonnant dans la mesure où cette région dispose de nombreux atouts pour ce faire ; on peut ainsi mentionner le nombre important et la diversité des sanctuaires qui jalonnent les 2800 km2 de son territoire et forment ainsi un maillage cultuel particulièrement dense et complémentaire de sanctuaires, ou encore la multiplicité des divinités ou des héros qui y sont honorés : Apollon, Poséidon, Athéna, Zeus, Héraklès, Amphiaraos… Nous pouvons également évoquer les spécificités de certains sanctuaires – cultes à mystères (Cabirion de Thèbes), sanctuaires oraculaires (Trophonios à Lébadée) – ou autres hiera dont la réputation dépasse largement le cadre local et régional, comme le sanctuaire d’Apollon au Ptoion, où un subtil jeu de formation identitaire à différentes échelles se met en place, qui concourent à faire de la Béotie, à juste titre, une région parmi les plus pieuses du monde grec. Il semble bien que l’œuvre magistrale d’A. Schachter, Cults of Boiotia, publiée en 4 volumes entre 1981 et 1994, ait marqué un véritable tournant en fournissant pour la première fois un répertoire des cultes boétiens par divinité, et il est vrai que les études récentes publiées sur le fédéralisme béotien tendent de plus en plus à mettre en avant le rôle de la religion dans le processus de formation de l’ethnogenèse et du koinon. Mais des lacunes restent néanmoins à combler dans le domaine religieux ; il est ainsi apparu, après une analyse rigoureuse de la bibliographie de la religion béotienne, qu’une synthèse sur l’organisation concrète des institutions religieuses, sur le personnel du culte ou encore le fonctionnement des sanctuaires faisait encore défaut. Il n’existe pas non plus d’inventaire exhaustif des nomima cultuels béotiens (calendriers religieux etc.), ni de catalogue prosopographique des prêtres ou prêtresses des principaux cultes béotiens. Aucune étude des réseaux cultuels entre les cités béotiennes ou des cités béotiennes vers le reste du monde grec n’a par ailleurs encore été réellement entreprise pour la Béotie, étude qui pourrait s’inspirer des travaux d’Irad Malkin sur les réseaux spartiates. Mes recherches vont tenter de combler ce manque et mon souhait est de proposer une étude de la religion en Béotie d’un point de vue institutionnel, pour voir comment s’articulent les niveaux civique et fédéral dans le fonctionnement des institutions religieuses béotiennes et si ces institutions cultuelles offrent ou non un cadre opératoire valable pour comprendre le processus de formation de l’identité béotienne sur le long terme.

  • Titre traduit

    The Religious Institution of Boeotia (6th-1st centuries B.C.)


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