Dynamiques et enjeux au sein d'un village de montagne : l'espace Grand Arc - Lauzière, aux portes de la Maurienne (mi XIXe - début XXI e s.)

par Jean-Marc Villermet

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Denis Varaschin.

Thèses en préparation à Grenoble Alpes , dans le cadre de Sciences de l'homme, du Politique et du Territoire , en partenariat avec Langages, Littératures, Sociétés (laboratoire) .


  • Résumé

    Etudier les dynamiques et enjeux au sein d'un village de montagne, en Savoie, engendre une réflexion plus générale sur des questionnements importants de l'époque contemporaine. Jean-Marc Villermet a choisi d'aborder ce sujet pour plusieurs raisons : son attachement à cette région, la proximité des archives, le désir de réactiver le chantier de l'aménagement du territoire en altitude. Il s'intéressa à une région désertée, bien que située dans un espace montagnard réputé pour la qualité de ses sites dans une dimension internationale. Jamais la transformation et les mutations économiques et sociales des zones montagnardes en difficulté, souvent qualifiées d'immobiles, n'ont véritablement été étudiées pour elles-mêmes sous cet angle. Cela semblait donc une piste à la fois nouvelle et tout à fait digne d'intérêt ; d'autant que, situé en Maurienne, le territoire sur lequel se pencha l'auteur demeure aujourd'hui marginal, à l'écart des grands flux touristiques. Ainsi, à partir des années 1860, période où la Savoie devint française jusqu'aux mutations du XXIe siècle, Jean-Marc Villermet a voulu montrer toute la relativité des concepts classiques, voire datés, d'immobilisme ou d'archaïsme, y compris pour un espace montagnard « en souffrance ». Il en étudia les métamorphoses dans toute leur complexité. Cette analyse fine vise à comprendre comment les processus économiques et sociaux ont été portés, vécus et perçus par les individus et comment ils se sont manifestés dans l'espace. Le terrain choisi, l'espace Grand Arc - Lauzière, identifié par le village de Montsapey, dans le canton d'Aiguebelle, sur la rive droite de l'Arc, répond aux critères recherchés : ceux d'une région d'altitude traversée par la déprise rurale depuis un siècle, relativement isolée, bordée en amont et en aval par d'autres territoires beaucoup plus dynamiques. La démarche adoptée se situe au carrefour de plusieurs écoles historiques. Se référant au changement dans sa globalité, ce travail se nourrit des enseignements des grandes thèses classiques d'histoire relatives aux mutations économiques et sociales. Par ailleurs, se réclamant de la micro histoire, l'auteur en utilise les apports et les éclairages. Les sources exploitées proviennent du dépôt des archives départementales de la Savoie et des archives communales sur le territoire étudié. Celles-ci sont confrontées aux documents émanant de différents centres d'archives à Paris. La presse nationale et régionale apporte des éclairages intéressants. Un important travail de collecte d'archives privées a également été effectué, complété par la réalisation de nombreux entretiens et d'un abondant recours à l'iconographie. Proposée dans la première partie de la thèse, l'analyse d'un territoire montagnard a priori fermé, mais en réalité ouvert sur le monde, s'avère riche d'enseignements. Jean-Marc Villermet s'est attaché à démontrer l'importance des mouvements de population en montagne dans une dimension nationale et internationale ; la circulation des hommes et des idées. Il s'agit d'évaluer les conséquences des mouvements migratoires sur l'aménagement du territoire. Les permanences et les « archaïsmes » qui perdurèrent furent accompagnés de regards neufs portés sur la montagne lorsque les hommes explorent les formes, franchissent les reliefs par la voie aérienne et souterraine ou extraient des richesses minérales. La deuxième partie est consacrée aux inéluctables tensions qui perdurèrent pour aménager le territoire : entre offre et demande de montagne. Après la Seconde Guerre mondiale, à l'heure de l'essor des stations de sports d'hiver dans les Alpes, soixante-dix ans de projections permirent d'élaborer des stratégies variées pour dynamiser la pente aux portes de la Maurienne. Des activités économiques pérennes furent envisagées même si elles laissèrent peu de traces durablement. La montagne constitue-t-elle alors un espace de conquête ou d'abandon ? Il y a peut-être de nouveaux concepts à imaginer.

  • Titre traduit

    Dynamics and stakes in a village of mountain : Grand Arc and Lauzière, border of Maurienne (XIXe - XXIe c.)


  • Résumé

    Analysing spatial dynamics and major issues in a mountain village needs to carry out a general review. Jean-Marc Villermet has chosen to study this subject for many reasons : his attachment to the area, public records going back to centuries, and a desire to promote land-use planning at high altitude. His interrest to an abandoned area, even though part of a famous wild space, is consistent with an international focus. All economic, technical and societal developments forcing mentalities and practices to change, have not yet been studied or evaluated from this perspective in moutain areas in trouble, often qualified as unmovable. This clearly is an interesting new lead to follow up on, in at much this area studied by the author remains marginal, out of the major tourism flows. In this way, from the 1860s, date of the french Savoy period, to the beginning of the XXIst century, Jean-Marc Villermet wishes to demonstrate a significant impact on relativity of conventional concepts challenging the status quo, absolute inaction, archaic procedures concerning this remaining action mountain area. The transformation must be assessed with a thorough understanding of this complexity. The narrow consideration of territories also aims to discover the economic and social process implemented, experienced and seen by different groups in society and how they occupied the territorial space. This area, Grand-Arc-Lauziere mountain, identified by Montsapey, a balcony nestled on the Arc river valley, meets the search criteria : a high-altitude isolated land subjected to an over century-long rural decline, impacted upstream and downstream by much more dynamic territories. The approach adopted is at the crossroads of historical trends. Refering to a global change, this study capitalizes on the experience and knowledge that has been accumulated under many PhDs in economic and social history. Availling himself of the micro-history, the author uses its benefits shedding light on the matter. Sources come from records filed with the local and departmental archives, faced with national archives in Paris. The national and regional daily newspapers bring a different approach. A substancial data collection was performed, supplemented with additional interviews and images. As suggested in the first part of the study, analysing major issues in a mountain village, both a closed territory and a land opened up to the World, offers a detailed and insightful account of history. Jean-Marc Villermet is committed to show the huge population swift towards cities with a national and international perspective, movements of people and flows of information. This study evaluates how migratory flows affect land-use planning. Archaic conditions and outdated practices were accompagnied by new perspectives, when people explored the mountains from the air or tunnels and underpasses, to extract mineral resources. The second part is dedicated to the ineluctable tensions that continued : the balance of supply and demand and changes in patterns of mountain request. After World War II, at a time where ski resorts were built in the French Alps, during seventy years, many essential coordinated strategies were prepared to stimulate sustainable, long-term and effective activities on the slope of the mountains around Montsapey. Today, does it reflect the values of a community on a conquered territory or a derelicted place ? An original creative effective concept has to be imagined for the future.