De l'influence du biopouvoir britannique et de la notion de social qu'elle permet sur et dans les cinémas de l'Inde

par Solène Gayathri De brebisson

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Eric Dufour.

Thèses en préparation à l'Université Grenoble Alpes , dans le cadre de École doctorale de philosophie (Lyon/Grenoble) , en partenariat avec Institut de Philosophie de Grenoble (laboratoire) .


  • Résumé

    Ce que nous avons vu, au cours de cette thèse, est d'abord, l'origine sous-jacente de la gestion, administrative, judiciaire et sociale des peuples de l'Inde par le Raj. Elle git dans la théorie de l'invasion aryenne (TIA) à laquelle adhérait le Raj, qui considérait les peuples de l'Inde sous le prisme du mélange racial avec une supposée race dite aryenne. Mais le Raj adhère à ladite théorie à une époque bien précise de l'histoire, marquée à la fois par la théorie de Thomas Malthus relative à une catastrophe démographique à venir; les écrits de Charles, mais surtout, Leonard Darwin; et enfin, ceux de Francis Galton et de la « science » qu'il inaugure, l'eugénisme. Ceci eut un impact notamment sur la définition du social compris par le Raj, puisqu'il s'agissait alors, non pas de régulariser un écart entre une égalité supposée en droit et une inégalité de faits, mais plutôt, d'imputer ce même écart, le social, à des caractéristiques biologiques et donc, raciales, puisque le Raj a divisé les peuples de l'Inde en des termes raciaux. Cela va avoir un fort impact et outre la redéfinition de ce qu'est le social, initier une institutionnalisation d'une altérisation sur un fondement racial, et social. Nous assistons alors à une institutionnalisation d'une forme de xénophobie. Le cinéma, soft power du pays par excellence, va participer à ce processus en tant qu'il va permettre la naturalisation de cet ordre institutionnel, notamment lors du choix de son père fondateur, mais aussi des individus participant au monde du cinéma, sur une base, alors, davantage raciale que sociale. Notre volonté a été d'essayer d'évaluer dans quelle mesure le cinéma en Inde, depuis ses débuts, participe et remet en question ces présupposés xénophobes, hérités de la théorie de l'invasion aryenne britannique, afin de savoir dans quelle mesure le cinéma, en Inde, est social, au sens que la colonisation britannique a transmis au terme.

  • Titre traduit

    The influence of British biopower and its notion of social in and on the cinemas of India


  • Résumé

    What we have seen, during this thesis, is first of all, the underlying origin of the management, administrative, judicial and social of the peoples of India by the Raj. It lies in the theory of the Aryan invasion (TIA) adhered to by the Raj, who considered the peoples of India under the prism of racial mixing with a supposed so-called Aryan race. But the Raj adheres to said theory at a very specific time in history, marked both by Thomas Malthus' theory of a demographic catastrophe to come; the writings of Charles, but above all, Leonard Darwin; and finally, those of Francis Galton and the "science" he inaugurated, eugenics. This had an impact in particular on the definition of the social understood by the Raj, since it was then not a question of regularizing a gap between a supposed equality in law and an inequality of facts, but rather, of attributing this same gap, the social, to biological and therefore, racial characteristics, since the Raj divided the peoples of India in racial terms. This will have a strong impact and in addition to the redefinition of what is the social, initiate an institutionalization of an alterization on a racial and social basis. We are then witnessing an institutionalization of a form of xenophobia. Cinema, the country's soft power par excellence, will participate in this process as it will allow the naturalization of this institutional order, especially when choosing its founding father, but also individuals participating in the world of cinema, on a basis, then, more racial than social. Our desire has been to try to assess the extent to which cinema in India, since its beginnings, has participated in and challenges these xenophobic presuppositions, inherited from the theory of the British Aryan invasion, in order to know to what extent cinema in India is social, in the sense that British colonization transmitted to the term.