L’espace-temps cinématographique : subjectivité cognitive, relativité et épistémologie : les rapports entre cinéma, sciences cognitives et sciences physiques à différents moments du XXe siècle

par Camille Périssé

Thèse de doctorat en Etudes cinématographiques et audiovisuelles

Sous la direction de Laurent Jullier.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Arts et médias (Paris) depuis le 04-10-2013 .


  • Résumé

    Si Michel Gondry, Spike Jonze, Christopher Nolan et Richard Kelly développent chacun des univers proprement personnels, il est pourtant simple d’établir des correspondances thématiques entre leurs films : rêve, mémoire, intelligence, analogie, mais aussi espace, temps, relativité et récursivité sont autant de motifs qui travaillent leurs œuvres respectives. Ces phénomènes étudiés par les sciences cognitives et les sciences physiques y convergent et semblent y faire bouger les lignes de la mise en scène cinématographique classique. Par une approche interdisciplinaire, ce travail de recherche s’attache à comprendre en quoi ce recours aux phénomènes des sciences cognitives et physiques par les réalisateurs étudiés est un moyen de produire un discours sur le monde et sur le film lui-même dans une période de reconfiguration médiatique. Nous verrons que cette représentation de phénomènes spatio-temporels et de leur perception n’est pas anecdotique, mais qu’elle procède de questionnements au fondement de la pratique cinématographique. Elle s’inscrit tout d’abord en droite lignée avec l’émergence du cinématographe, comme médium puis comme média, à la fin du XIXe siècle. En effet, ce dernier a émergé à un moment de redéfinition de l’espace, du temps et de la subjectivité par l’émergence de nouvelles théories, sciences et techniques qui ont reconfiguré les échanges d’informations. L’analyse du cinéma surréaliste nous permettra de comprendre comment cet usage de la science a de nouveau été fondateur d’une conception et d’une pratique artistique du cinéma dans un monde dont la Première Guerre mondiale et l’arrivée de la théorie de la relativité avaient perturbé la lecture.

  • Titre traduit

    Cinematic space-time : cognitive Subjectivity, Relativity and Epistemology : the relationship between cinema, cognitive sciences and physical sciences at different moments of the 20th century


  • Résumé

    If Michel Gondry, Spike Jonze, Christopher Nolan and Richard Kelly each develop their own universe, it is nevertheless easy to establish thematic correspondences between their films: dreams, memory, intelligence, analogy, but also space, time, relativity and recursion are all motifs that work in their respective works. These phenomena studied by the cognitive sciences and the physical sciences converge and seem to move the lines of the classical cinematographic mise en scène. Through an interdisciplinary approach, this research work tries to understand how this recourse to the phenomena of the cognitive and physical sciences by the directors studied is a way to produce a discourse on the world and on the film itself in a period of media reconfiguration. We will see that this representation of spatio-temporal phenomena and their perception is not anecdotal, but that it proceeds from questionings at the foundation of the cinematographic practice. First of all, it is in line with the emergence of the cinematograph, as a technical devise and then as a medium, at the end of the 19th century. Indeed, the latter emerged at a time of redefinition of space, time and subjectivity by the emergence of new theories, sciences and techniques that reconfigured the exchange of information. The analysis of surrealist cinema will allow us to understand how this use of science was once again the foundation of a conception and an artistic practice of cinema in a world whose reading had been disrupted by the First World War and the arrival of the theory of relativity.