Evaluation des connaissances et des comportements des parents sur la vaccination contre la poliomyélite au Tchad.

par Abderahim Mahamat Nadjib

Projet de thèse en Sciences de la vie et de la santé

Sous la direction de Emmanuel Rusch.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Sciences de l'Homme et de la Société depuis le 06-12-2013 .


  • Résumé

    Selon l’OMS, le Tchad connaît actuellement des flambées dues à la fois au poliovirus sauvage de type 1 (PVS1 – 65 cas en 2011) et au poliovirus sauvage de type 3 (PVS3 – 3 cas). La flambée due au PVS3 se poursuit depuis novembre 2007 et la transmission du PVS3 est considérée comme rétablie au Tchad. Une flambée due au PVS1 a commencé en septembre 2010 (par suite d’un virus récemment importé du nord du Nigéria), et s’est intensifiée depuis. Restreint à l’origine au grand N’Djamena (capitale du Tchad), le PVS1 s’est propagé en 2011 à d’autres régions du pays, vers le sud (y compris des zones jouxtant la République centrafricaine et le Cameroun) et vers l’est (y compris des zones jouxtant le Soudan). Historiquement, le Tchad a été associé à d’autres cas de propagation internationale du poliovirus. Entre 2004 et 2006, le PVS1 s’est propagé depuis l’est du Tchad au Soudan, puis vers d’autres zones de la Corne de l’Afrique, l’Arabie saoudite, le Yémen et l’Indonésie, provoquant 1230 cas dans ces pays, l’intervention d’urgence face à la flambée au niveau international ayant coûté plus de US $500 millions. De plus, en 2008 et 2009, le PVS3 s’est propagé depuis le sud du Tchad au Cameroun et en République centrafricaine. Les deux flambées enregistrées au Tchad exigent des mesures d’urgence pour améliorer la qualité des activités de vaccination afin de vacciner une plus forte proportion d’enfants par le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) dans l’ensemble du pays, et en particulier dans la zone du grand N’Djamena, dans le sud et dans l’est du pays. En raison de lacunes dans la qualité de la surveillance de la paralysie flasque aiguë (PFA) au niveau local, il n’est pas exclu qu’une circulation additionnelle du PVS soit passée inaperçue. Pourquoi des enfants échappent à la vaccination ? Les vaccinateurs ont du mal à atteindre tous les enfants à vacciner pour différentes raisons : dans certains cas, le personnel ou les bénévoles du gouvernement et des agences ont mal cartographié les zones où les enfants vivent ou ils ont commandé trop peu de vaccins ou trop peu d’accumulateurs de froid pour pouvoir couvrir chaque district, a indiqué l’OMS. Souvent, les communautés ne sont pas sensibilisées correctement et à temps, si bien que les familles sont réticentes à amener leurs enfants ; certaines familles s’opposent à la vaccination pour des motifs religieux, ou elles ne savent tout simplement pas qu’elles peuvent faire vacciner un enfant même si il ou elle est malade. L’approche participative Afin de garantir qu’un maximum d’enfants soient vaccinés, les vaccinateurs doivent faire une meilleure utilisation des « données sociales » pour comprendre pourquoi et où une campagne ne fonctionne pas. Auparavant, les agences avaient une approche purement médicale de la vaccination contre la polio, mais cela n’est plus le cas aujourd’hui. Les campagnes de vaccination ne sont pas seulement une intervention médicale. Les campagnes doivent être abordées sous un angle médical, politique et sociétal. Les données sociales ont été utilisées de manière créative en Inde et au Nigeria afin d’aider les vaccinateurs à atteindre davantage d’enfants, selon l’UNICEF. Dans l’État de Kebbi, au Nigeria, chaque foyer s’est vu assigner une « marraine » qui venait régulièrement avant la vaccination pour parler de la maladie et expliquer pourquoi la vaccination est importante. En étudiant les données après la vaccination afin de trouver les enfants qui n’avaient pas été vaccinés, les « marraines » étaient capables de les identifier par leur adresse, leur nom et leur âge, et de les retrouver plus facilement. Ces approches pourraient être mises en œuvre au Tchad, car en dépit de la faiblesse du système de santé, la polio ne devrait pas être si difficile à contrôler. Nous n’avons pas à faire à une population aussi importante que celle du Nigeria, ou à l’insécurité qui affecte l’Afghanistan et le Soudan. Ici, il s’agit davantage d’une question de volonté politique et sociétale. Objectifs de la thèse : Faire une enquête pour identifier les raisons de refus de certains parents par rapport à la vaccination contre la poliomyélite afin d’adapter la communication pour améliorer la qualité des campagnes. Impliquer les leaders (chefs coutumiers…) dans la résolution des cas de refus.


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