CONSTRUCTION SOCIALE D'UNE ESTHÉTIQUE ARTIFICIELLE. BERENSON UN ROBOT AMATEUR D'ART.

par Ali Karaouzene

Projet de thèse en STIC - Cergy

Sous la direction de Philippe Gaussier et de Denis Vidal.

Thèses en préparation à Cergy-Pontoise , dans le cadre de ED SI - Sciences et Ingénierie , en partenariat avec Equipes Traitement de l'Information et Systèmes (laboratoire) depuis le 01-10-2011 .


  • Résumé

    Dans cette thèse nous nous intéressons à la problématique de l'émergence du sens esthétique. Deux théories majeures cohabitent et se rejoignent par moments dans l'étude du développement du sens esthétique chez l'humain. L'approche sociale et l'approche cognitive. L'approche cognitive postule l'existence de structures cérébrales dédiées à l'appréciation des scènes visuelles en général et de l'art en particulier. Les travaux de Ramachandran notamment exposent « neuf lois » de base pour le sens esthétique. Tel que le regroupement selon laquelle notre cerveau cherche à se créer une image facilement interprétable à partir de bout d'image dans la scène visuelle. Ou bien l'exagération qui nous fait apprécier les images où les traits sont accentués ou agrandit. D'autre part selon l'approche sociale le sens esthétique se crée à partir de l'histoire de l'individu et de ses interactions avec autrui et avec son environnement. Sans remettre en cause l'approche cognitive, nous avons choisi de nous positionner dans une approche sociale et développementale. Nous étudions l'émergence du sens esthétique dans le cadre de la référenciation sociale. On appelle référenciation sociale la capacité à attribuer des valences émotionnelles à des objets a priori neutre. Au cours de son développement, l'enfant apprend en interaction avec ses parents et proches. Il acquiert la capacité à associer les appréciations de ses parents aux objets qu'il manipule ou regarde. Ces appréciations (ou depreciation) permettent à l'enfant par la suite de se faire sa propre idée sur son monde et de se forger ainsi son propre goût. Nous testons nos hypothèses sur robot mobile dans un cadre d'interaction triadique : homme-robot objet. Ceci dans un milieu naturel centré sur des humains non initiés à la robotique. Les humains seront les tuteurs (professeur) du robot. Ils ont la tâche de suivre le robot dans son développement et de lui enseigner leurs préférences pour lui permettre de développer son propre gout. Nous avons choisi de mener nos expériences dans des milieux dominés par l'esthétique comme les musées ou les galeries d'art. Toutefois, ces expériences peuvent être menées en tout lieu où des humains et des objets seraient disponibles. Pour réussir une dynamique d'interaction, intéresser l'humain pour prendre part à ses interactions et réussir l'apprentissage du robot, des outils de base sont nécessaires. Le robot doit être doté d'une forme et d'une intelligence qui facilitent cette interaction. Les protagonistes dans cette interaction (Tuteur/robot) doivent comprendre les signaux qu'ils recevaient les uns des autres et restituer à leur tour des signaux compréhensibles. Le design du robot est soigneusement choisi de sorte à rendre le robot avenant, et le doter de la mécanique minimale pour une interaction naturelle. Le robot est nommé Berenson en référence à un célèbre historien de l'art. Berenson est monté sur une plateforme mobile à roues. Ce montage simplifie le contrôle du robot et diminue les contraintes de sécurité sur les objets, sur les humains et sur le robot lui-même. Berenson est habillé d'un long manteau noir et coiffé d'un chapeau melon noir aussi. Il est doté d'une tête expressive. Les habits et la tête participent à l'anthropomorphisation du robot sans pour autant effacer la dimension mécanique du robot. Ce paradoxe est un élement clef de l'interaction dans les musées. Le robot devient un objet ambivalent. Berenson n'est ni un visiteur comme les autres ni une œuvre comme les autres. Son design invite à une interaction sans être oppressant. L'habillage de Berenson lui permet de passer inaperçu lors des visites dans le musée. Les visiteurs ne le remarquent qu'une fois proche de lui et ne sont pas perturbés dans leur visite. Lorsque les visiteurs sont pris d'intérêt pour le robot, la dynamique d'interaction est mise en place. Le robot devient élève et le visiteur professeur. Pour réussir l'interaction, l'élève et le professeur doivent être capable de communiquer entre eux. Chacun doit comprendre les intentions de l'autre et montrer à son tour ses intentions par des signaux compréhensibles. Bien que sa forme laisse imaginer un robot d'âge adulte, Berenson a l'âge mental d'un bébé. Il n'est pas capable de communiquer verbalement. Ces signaux d'interaction sont non verbaux.

  • Titre traduit

    SOCIAL CONSTRUCTION OF ARTIFICIAL AESTHETIC. BERENSON AN ART LOVER ROBOT.


  • Résumé

    This thesis topic aims to build a robot able to learn its own aesthetic preferences.