Transition de la forme scolaire au prisme du Numérique : le Numérique comme catalyseur et révélateur

par Jean-François Ceci

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Francis Jauréguiberry.

Thèses en préparation à Pau , dans le cadre de École doctorale sciences sociales et humanités (Pau, Pyrénées Atlantiques) depuis le 13-01-2014 .


  • Résumé

    La jeunesse actuelle existe en grande partie au monde via des interactions numériques. Ces interactions instrumentées sont génératrices d’apprentissages, aussi bien à l’École qu’en dehors. Conscient de la nécessaire transition numérique de l’École, le ministère de l’Éducation nationale applique une stratégie constante de « modernisation » de l’éducation appuyée sur des investissements conséquents. Dès lors, une question de base se pose : le système éducatif a-t-il évolué à l’ère du numérique, et si oui, en quoi ? Pour le découvrir, nous utilisons le numérique comme un révélateur et un catalyseur de transformations éducatives et sociales, et donc d’une potentielle transition de la forme scolaire traditionnelle. Autrement dit, nous étudions la place du numérique à l’École et en dehors, dans ses dimensions sociales, éducatives et symboliques, à la recherche de transformations, aux regards croisés des acteurs choisis : les élèves, les étudiants et les enseignants. Nous positionnons notre étude à la croisée de la sociologie des usages, des sciences de l’éducation et de la formation, et des sciences de l’information et de la communication. Après 41 entretiens exploratoires semi-directifs, un questionnaire « étudiant » (de 99 questions) a été construit et passé auprès de 792 apprenants répartis sur deux collèges, deux lycées et une université. Une enquête (de 44 questions) auprès de leurs enseignants (n = 152) permet de croiser les perceptions et vécus en matière de numérique éducatif. Les résultats permettent de caractériser suffisamment les pratiques numériques et représentations des jeunes pour envisager l’existence d’une nouvelle manière d’être au monde de l’individu scolarisé. L’enseignant est dépeint dans son quotidien de « branché », et la forme scolaire traditionnelle analysée sous tous ses angles « numériques ». Des concepts comme le quart de vie numérique, le digital-birth, ou encore l’apprenant numérique sont avancés. Les femmes sont à l’honneur dans le champ du numérique éducatif, alors qu’elles sont régulièrement mises en défaut sur leurs rapports à la technologie. Certaines représentations communes, voire bloquantes, autour des TICE sont démontées et reconstruites autour de résultats probants… pour enfin conclure sur la transition de la forme scolaire au prisme du numérique.

  • Titre traduit

    Transition of the form of schooling through the prism of digital technology : digital technology as a catalyst and indicator


  • Résumé

    Today’s youth relates to the world via digital interactions. These tool-generated interactions breed learning at school as well as out of it. The Ministry of National Education is aware of the need to perform a digital transition of the school system and implements a permanent strategy of “modernization” of education based on significant investments. Thenceforth a basic question is posed: has the education system changed in the era of digital technology, and if so, in what way? To find out, digital technology is used as an indicator and catalyst of social alterations, and thus of a potential transition of the traditional form of schooling. In other words, we study the place of digital technology at school and out of it, in its social, educational and symbolical dimensions, in search of transformation, from the comparative viewpoints of the chosen actors: pupils, students and teachers. Our study is at the crossroads of the sociology of uses, educational science and training, and of information and communication science. After conducting 41 semi-directive exploratory interviews, a student’s questionnaire was devised and applied to 792 learners divided over two junior high schools, two high schools and a university. A 44-question survey among their teachers (n = 152) permits to compare perceptions and experiences in terms of educational digital technology. The outcomes enable us to define young people’s digital practices and representations precisely enough to envisage a new way for the schooled individual to relate to the world. The teacher is depicted in their “connected” everyday life, and the traditional form of schooling is analyzed from all possible angles. Such concepts as the digital quarter-life, digital birth or else of the digital learner are put forward. Tribute is paid to women in the field of digital education, although they are regularly at a disadvantage when it comes to their relationships with technology. A few common, even blocking representations with respect to ICTE are debunked, then built again based on conclusive outcomes... to eventually conclude on the transition of the form of schooling through the prism of digital technology.