Le quotidien d'une "école rouge". : la politisation protéiforme du sport en République Démocratique Allemande, à l'exemple de la Deutsche Hochschule für Körperkultur de Leipzig (1969-1990)

par Julien Beaufils

Thèse de doctorat en Civilisation germanique

Sous la direction de Armin Owzar.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Études anglophones, germanophones, et européennes (2009-2019 ; Paris) , en partenariat avec Centre d'études et de recherches sur l'espace germanophone (equipe de recherche) depuis le 04-10-2013 .


  • Résumé

    Le sport a été un des rares domaines, où l’Allemagne de l’Est a atteint l’excellence mondiale, avec 519 médailles olympiques, dont 192 en or. Toutefois, pour les dirigeants est-allemands, « le sport n’est pas un objectif en soi, c’est un moyen d’atteindre cet objectif », comme l’a prononcé Erich Honecker en 1948. Certes, la RDA a brillé lors des compétitions internationales, mais au prix d’un contrôle permanent de la part des autorités (moyens humains et financiers importants, dopage systématique, culte du secret, encadrement idéologique strict). Le but pour le SED est ici de transmettre une image de puissance à travers le sport. Dans ce système, l’École supérieure allemande pour la culture physique de Leipzig (Deutsche Hochschule für Körperkultur) a joué un rôle de courroie de transmission entre les dirigeants politiques et les sportifs. Fondée en 1950 et active jusqu’en 1990, elle avait pour but de former la majorité des entraîneurs du pays. Elle constitue en cela un miroir des mécanismes en œuvre dans le sport est-allemand. À travers des outils développés par l’Alltagsgeschichte (histoire du quotidien), ce travail se propose d’étudier non seulement les processus de contrôle et de politisation mis en place par le régime du SED afin de s’assurer de la réalisation des objectifs fixés, mais aussi les conséquences de la prévalence de cette idéologie sur la vie quotidienne et les résultats du travail de l’ensemble des acteurs présents au sein de l’École. Cette étude portera sur la période allant de 1969, date de la réforme de l’École l’orientant vers le haut-niveau, à 1990, date de sa dissolution par le gouvernement de Saxe, nouvellement refondé.

  • Titre traduit

    The Everyday Life of a “Red School”. 
The Multidimensional Politicisation of Sport in the German Democratic Republic through the Example of the Deutsche Hochschule für Körperkultur in Leipzig (1969-1990)


  • Résumé

    Sport has been one of few domains, where East Germany reached global excellency by gaining 592 Olympic medals, including 192 titles. However, according to the East German leaders “sport is not a goal by itself, but a way to reach that goal”, as Erich Honecker said in 1948. The GDR was brilliantly successful at international competitions, though its government had to permanently control sports activity through high financial and human means, systematical doping practices, high confidentiality, and a very strict ideological supervision. For the SED, spreading an image of power was the main goal assigned to sport. In this system, the German College of Physical Culture of Leipzig (Deutsche Hochschule für Körperkultur) was considered as a place of transmission between political rulers and athletes. The College has been active between 1950 and 1990 and was required to train the majority of trainers in the country. Therefore, it is a mirror of the whole East German sport system. With the methods of the Alltagsgeschichte (history of everyday life), I will deal in this dissertation with the control and politicisation mechanism, set by the SED regime in order to monitor the realisation of those goals. I will also focus on the consequences of the supremacy of ideology on the every day life and the work of all parties within the College. This work will consider the period between 1969 and 1990, i. e. between the reform of the College towards competitive sport and its dissolution by the newly recreated government of Saxony.