Les Contes de Joan Bodon : décryptage d'une écriture de soi créatrice d'une oeuvre littéraire

par Dominique Ferraris (Roques)

Projet de thèse en Langue, Littérature et civilisation occitanes


Sous la direction de Rémy Gasiglia.

Thèses en préparation à Côte d'Azur , dans le cadre de École doctorale Sociétés, Humanités, Arts et Lettres (Nice) , en partenariat avec Université de Nice (établissement de préparation) depuis le 01-10-2013 .


  • Résumé

    La thèse a vocation à constituer une contribution à la connaissance d’un auteur majeur de la littérature occitane du XXème siècle, à partir d’une étude approfondie de son œuvre dans son écriture originale en langue d’oc. Si l’œuvre romanesque de Joan Bodon a un fort contenu autobiographique dont l’intérêt est incontestable au regard notamment de la richesse et de la diversité des éléments référentiels qu’elle contient sur ce territoire reculé dont il est issu, aux confins du Rouergue et de l’Albigeois, et sur cette trentaine d’années situées entre 1940 et 1970, par ailleurs décisives et douloureuses pour le monde occitan, la finalité première de son écriture, contrairement aux apparences et à une pensée dominante, ne se situe pas nécessairement là. Il apparaît en effet que l’image encore couramment répandue aujourd’hui, sous l’influence d’enjeux locaux notamment économiques et en particulier touristiques, d’un homme du terroir, attaché aux traditions et à ses racines paysannes, ayant consacré sa vie à la cause occitane et symbole d’une certaine représentation idéelle d’un monde disparu, n’est pas forcément en adéquation avec ce que révèle une analyse approfondie de son œuvre. Si l’écriture en occitan est bien pour lui un mode d’action militant quasiment exclusif au service de la langue, elle est aussi un alibi ou un prétexte, car ce qui l’intéresse véritablement et ce qu’il poursuit sans fin dans l’écriture, comme le fait au demeurant tout écrivain, restent la connaissance et la compréhension de son être véritable. Pour supporter cette position, il a été décidé de partir des premiers écrits, à savoir des Contes, afin de montrer comment et en quoi ils sont déjà porteurs de ce que se révèlera être l’écrivain et de ce que sera son œuvre. Ces Contes sont notamment à l’origine du mythe, voire de la mystification, du « paysan-conteur » qu’ils vont contribuer à installer durablement, mais aussi de l’œuvre à venir qui se construira autour d’un même réseau thématique et sous les traits d’une même poétique. Une analyse approfondie de ces Contes révèle qu’ils portent déjà les traces de cette quête du moi et de cette affabulation de soi qui marqueront l’œuvre romanesque. Ils sont le commencement d’une démarche identitaire nourrie par un imaginaire empreint de traditions orales, de superstitions, de croyances ésotériques et d’une foi religieuse singulière, sensible à diverses formes de dissidence. Cette recherche tend également à mettre en évidence, à partir d’une étude minutieuse et approfondie des textes, la modernité d’une écriture qui se joue des genres littéraires et entretient une confusion derrière laquelle se dessinent les traits, les tourments et les obsessions d’une personnalité inattendue et surprenante, en rupture avec l’image convenue et acceptable précédemment évoquée.


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