Du Whole Earth Catalog à la Long Now Foundation dans la Baie de San Francisco : co-évolution sur la « Frontière » créative (1955-2020)

par Julie Momméja

Thèse de doctorat en Langue, littérature et civilisation des pays anglophones

Sous la direction de Divina Frau-Meigs.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Mondes Anglophone, Germanophone, Iranien, Indien et Etudes Européennes (Paris) , en partenariat avec Centre de recherche sur les mondes anglophones (Paris) (laboratoire) depuis le 28-10-2013 .


  • Résumé

    Cette recherche cherche à définir et comprendre les liens entre la contre-culture des années 1960 et la cyber-culture des années 1980 à 2020. Elle se donne pour fil rouge la notion de co-évolution homme-machine, telle que théorisée et mise en œuvre par un certain nombre d’acteurs-pionniers, qui sont restés actifs pendant les soixante-cinq années considérées. Elle fait l’hypothèse que la co-évolution s’adosse au code et à ses variations infinies à partir d’un système fini (l’alphabétique, le numérique et le génétique). Elle procède à un découpage historique en trois phases ou seuils : à la première phase de révolution (1955-1973), succède une phase de co-évolution (1974-1996) qui conduit à une phase post-co-évolution (1996-2020). La recherche utilise une méthode historique (travail en archives inédites) et ethnographique, avec de l’observation participante. Elle s’appuie sur un corpus d’acteurs-pionniers, dont les plus importants sont Stewart Brand, Lawrence Ferlinghetti, Wavy Gravy, Lee Felsenstein, Ted Nelson, Daniel Kottke et John Gilmore. Ce faisant, elle met en avant le rôle de San Francisco comme ville créative, dont les communautés physiques s’installent sur la « Frontière » virtuelle de l’Internet. Elle utilise aussi un certain nombre d’artefacts, comme le Whole Earth Catalog et d’événements comme les Maker Faires pour construire l’analyse de la co-évolution et ses projections dans de nouveaux artefacts comme le Disque de Rosette ou l’Horloge du Long Maintenant (Long Now). Les conclusions pointent l’importance de la Frontière comme espace créatif et évolutif, en constante réinvention aux États-Unis. Elles montrent aussi les tensions subies par les acteurs-pionniers, entre pressions politiques (résolues par la création de l’Electronic Frontier Foundation) et pressions sociétales pour maintenir leur vision libertaire de l’Internet (l’Internet Archive) et leur volonté de libérer l’information en cassant les codes pour les mettre à disposition de l’individu.

  • Titre traduit

    From the Whole Earth Catalog to the Long Now Foundation in the San Francisco Bay Area : co-evolution on the creative “Frontier” (1955-2020)


  • Résumé

    This research seeks to define and understand the links between the counter-culture of the 1960s and the cyber-culture of the 1980s to 2010s. It focalizes on the notion of human-machine co-evolution, as theorized and put into practice by a certain number of pioneers, who remained active during the sixty-five years considered. It hypothesizes that co-evolution leans on the code and its infinite variations from a finite system (the alphabetical, the numerical and the genetic). It proceeds to a historical division into three phases: the first phase of revolution (1955-1973) is followed by a phase of co-evolution (1974-1996) that leads to a post-co-evolution phase (1996-2020). The research uses a historical method (unpublished archives) mixed with an ethnographic method, with participant observation. It draws on a body of pioneering actors, the most important of whom are Stewart Brand, Lawrence Ferlinghetti, Wavy Gravy, Lee Felsenstein, Ted Nelson, Daniel Kottke and John Gilmore. It also highlights San Francisco's role as a creative city, whose physical communities homesteaded on the virtual “Frontier’’ of the Internet. It also uses a number of artefacts, such as the Whole Earth Catalog and events such as the Maker Faire, to build the analysis of co-evolution and its projections into new artefacts such as the Rosetta Disk or the Clock of the Long Now. The conclusions point to the importance of the Frontier as a creative and evolving space, constantly being reinvented in the United States. They also show the tensions undergone by the pioneers between political pressures (resolved by the creation of the Electronic Frontier Foundation) and societal pressures to maintain their libertarian vision of the Internet (the Internet Archive) and their desire to release information by breaking the codes to make them available to the individual.