De la cuisine à l'offrande : symboliques alimentaires en Méso-Amérique (1200 av J.-C.-1521 ap. J.-C.)

par Pauline Mancina

Thèse de doctorat en Théorie et pratique de l'archéologie

Sous la direction de Philippe Lorentz.

Thèses en préparation à Sorbonne université , dans le cadre de École doctorale Histoire de l’art et archéologie (1992-.... ; Paris) , en partenariat avec Centre de recherche sur l’Amérique préhispanique (Paris) (laboratoire) depuis le 28-11-2013 .


  • Résumé

    Les études sur la cuisine méso-américaine sont certes foisonnantes, mais montrent des disparités dans le traitement du sujet, tant de manière géographique, chronologique, culturelle ou thématique. Les travaux menés lors de ce doctorat ont donc cherché à comprendre le sens de la cuisine méso-américaine depuis une perspective globale. Pour ce faire, l’analyse a été réalisée à partir d’un vaste corpus pluridisciplinaire regroupant des sources archéologiques, iconographiques et ethno-historiques, en s’attachant à la question de la continuité historique plutôt qu’à l’ampleur des apports textuels du XVIe siècle. L’objectif de cette thèse consiste à cartographier et contextualiser les pratiques culinaires domestiques et cérémonielles ainsi que les concepts qu’elles véhiculent pour identifier les phénomènes de rupture et de continuité géographiques, chronologiques ou culturels qui ont marqué l’Histoire au fil des siècles. Les résultats de cette étude montrent que la Méso-Amérique n’est pas définie par une cuisine unique mais bien par un jeu d’accumulation de socles culinaires étendus, de cuisines régionales, de spécificités locales et surtout d’interactions qui ont été les moyens d’une diffusion matérielle et culturelle des pratiques culinaires. Par la pratique culinaire sont émis des messages d’appartenance à une identité culturelle et sociale, mais également une volonté d’intégration, d’exclusion, de commémoration ou encore d’intimidation. En étant le vecteur de concepts culturels biens plus larges, la nourriture contribue à fonder et changer l’identité des peuples. Comme l’a démontré Lévi-Strauss, la cuisine constitue un langage à part entière qui n’attend qu’à être déchiffré.

  • Titre traduit

    From cooking to offering : food symbolism in Mesoamerica (1200 B.C. – 1521 A.D.)


  • Résumé

    The studies about food and cooking in Mesoamerica are certainly abundant, however in general they are scattered in topics that deal with chronologies and diverse geographical areas. For this reason, when looking at Mesoamerican cuisine as a whole, it is difficult to understand the continuities and discontinuities of certain culinary customs and food consumption. The present thesis is an effort to bring together the archaeological, iconographic and ethnohistorical data concerning Mesoamerican domestic and ceremonial culinary practices in order to build a database that allows the identification of geographical, chronological and cultural phenomena of continuity and discontinuity. This research aims at understanding Mesoamerican food and cuisine from a broader perspective, and making it possible to distinguish their regional bases and historical changes. The results of this study demonstrate that it is impossible to define Mesoamerica through a unique cuisine but rather as an accumulation of various and long-term trajectories of regional cuisines, and local specialties in relation to multiple social interactions that may be considered as means of dissemination of cultural culinary materials and practices. Through culinary practices, messages of belonging to a cultural and social identity were transmitted, as well as desires of integration, exclusion, commemoration or intimidation. When food is a vector of a much broader cultural concept, it can help to found and change the identity of peoples. As Lévi-Strauss demonstrated, cooking is a language of its own to be deciphered.