Étude de la discordance entre douleur subjective et réponse biophysiologique avec marqueurs biologiques directs et indirects

par Arnaud Tessier

Projet de thèse en Neurosciences

Sous la direction de Joel David Swendsen.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de École doctorale de l'École pratique des hautes études (Paris) , en partenariat avec Institut de Neurosciences Cognitives et Intégratives d’Aquitaine (Bordeaux) (laboratoire) et de École pratique des hautes études (Paris) (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-02-2019 .


  • Résumé

    La douleur chronique est définie comme un syndrome multidimensionnel, exprimée par la personne qui en est atteinte. Il y a douleur chronique, quels que soient son type et son intensité, lorsque la douleur présente une persistance ou récurrence (durée > 3 mois) ainsi qu'une détérioration significative et progressive des capacités fonctionnelles et relationnelles du patient dans ses activités de la vie quotidienne. Lorsqu'elle devient chronique, la douleur perd sa ‘finalité' de signal d'alarme et devient une maladie. Les personnes concernées par la douleur chronique représentent 31,7 % de la population mondiale soit 16 millions de français pour 100 millions de patients douloureux chroniques en Europe. Moins de 3% d'entre eux bénéficient d'une prise en charge dans un centre spécialisé. Le coût de la douleur pour la santé publique représente 45 Milliards d'euros. Pour autant, le soulagement de la douleur reste insuffisant, avec des médicaments (répartis en 3 paliers) qui peuvent présenter des effets secondaires plus ou moins importants et un risque d'accoutumance. Aux côtés de la panoplie d'antalgiques disponibles, se développent de plus en plus d'outils non-médicamenteux pour lutter contre la douleur : relaxation, hypnose, renforcement musculaire, thermalisme ou encore acupuncture. La douleur est encore parfois victime de sa subjectivité et la personne qui souffre n'est pas toujours crue (Tan and Cyna, 2013). En effet, la subjectivité est une composante importante dans la prise en charge de la douleur : deux patients cliniquement identiques vont évaluer leurs douleurs de manières différentes du fait de leurs expériences sociale, psychologique, de leur biologie... Ainsi, objectiver le niveau de douleur pour le clinicien reste complexe. Peu d'études se sont intéressées à la discordance entre le ressenti du patient et l'impact biophysiologique de la douleur et de l'analgésie ainsi qu'aux outils de mesures pouvant être employés dans cette situation. Cette étude reposera sur deux hypothèses principales : 1- La mesure de la douleur et surtout de son soulagement (analgésie) sont hétérogènes et mal identifiés. L'utilisation d'outils biométriques non-invasifs pourrait alors constituer une base d'indicateurs de réponse sur ces deux composantes. 2- La douleur comporte une part importante de vécu subjectif. Il apparait donc intéressant de confronter à cette subjectivité personnelle à des mesures scientifiques objectives (biophysiologiques).

  • Titre traduit

    Study of discrepancy between subjective pain and biophysiological response with direct and indirect biomarkers


  • Résumé

    Chronic pain is defined as a multidimensional syndrome, expressed by the person who experienced it. We consider chronic pain, regardless of its type and intensity, when the pain has persistence or recurrence (duration > 3 months) as well as a significant and progressive deterioration of the functional and relational capacities of the patient in his daily life activities. When it becomes chronic, the pain loses its 'purpose' of alarm and becomes a disease. People affected by chronic pain account for 31.7% of the world's population, 16 million French for every 100 million chronic pain patients in Europe. Less than 3% of them receive care in a specialized center. The cost of pain for public health is 45 billion euros. However, the pain relief is still insufficient, with drugs (divided into 3 levels) that may have more or less significant side effects and a risk of habituation. Alongside the range of analgesics available, new non-medicinal tools are being developed to fight against pain: relaxation, hypnosis, muscle strengthening, hydrotherapy or acupuncture. The pain is still sometimes victim of its subjectivity and the person who suffers is not always believed (Tan and Cyna, 2013). Indeed, subjectivity is an important component in the management of pain: two clinically identical patients will evaluate their pain in different ways because of their social, psychological, biology ... So, objectify the level of pain for the clinician remains complex. Few studies have examined the discordance between the patient's feelings and the biophysiological impact of pain and analgesia, as well as the measurement tools that can be used in this situation. This study will be based on two main hypotheses: 1- The measurement of pain and especially its relief (analgesia) are heterogeneous and poorly identified. The use of non-invasive biometric tools could then constitute a base of indicators of response on these two components. 2- Pain has a significant share of subjective experience. It therefore seems interesting to confront this personal subjectivity with objective (biophysiological) scientific measurements.